LOYSE
Dans une autre lettre, adressée comme la précédente au trésorier Robertet, Louise de Savoie reconnaît que Semblançay avait envoyé en Italie, dans l'espace de
* Bibliothèque impériale. Mss. Fonds Béthune, n^ 8503. (Voir la leltre entière aux Pièces justificatives ^ n» 10, à la fin des pièces indiquées sous ce numéro).
let BBAUNB DE SEMBLANÇAT.
trois mois, cent mille écus pour les besoins delà guerre^ et que le général qui commandait à Milan se déclarait satisfaite
La faveur dont jouissait Semblançay auprès de la toute-puissante Louise de Savoie, au moment où ces lettres furent écrites, c'est-à-dire vers 1520, était dono des plus grandes ; elle eut malheureusement bientôt un terme. Est-c« lorsque la princesse s'aperçut que, malgré ses avances, le connétable de Bourbon ne voulait pas répouserP Le surintendant fut*il, en qualité d'ami de ce dernier, enveloppé dans sa disgrâce ? Gomment pénétrer de pareils mystères ? L'époque de ce changement est à peu près établie par une lettre que la sœur de François P' écrivit de Blois à Semblançay, et qui parait remonter à Tannée 1521. Dans cette lettre, qui porte la date du 21 octobre, Marguerite informe le surintendant qu'il a tort de penser qu'on Ta desservi auprès de la mère du roi, qu'il n'a pas besoin de se rendre auprès d'elle pour se disculper, et qu'il fera bien mieux de rester où il est pour son service. En terminant, Marguerite assure Semblançay qu'il doit être sans crainte, et que si l'on voulait faire quelque chose contre son honneur et son bien, elle en serait la première avertie et l'en informerait immédiatement *.
^ BibliûUièque impériale. Mss, Fonda Béthune, 8»603, f^ 10. * Ibid, Mss. Collection Fontanieu, portefeuille 169>t70. (Voir Pièces justificatives, n® 11.)
BEÀUNE DE SEMBLANÇAY. 163
Il faut noter ici un tragique événement se rattachant à eette époque. Un capitaine de lansquenets en voulait, on ne sait pour quel motif, à la vie du surintendant. Au mois de juin 15S0, il rencontra un sieur de La Chesnaye, qui ressemblait à Semblançay, le prit pour ce dernier, lui coupa la main et lui fracassa Tépaule. On fit le procès à Tassassin, et il eut la tête tranchée ^
Quant à Semblançay, il redoublait de soins et d'efiorta pour satisfaire aux exigences de sa charge. La position devenait chaque jour plus difficile, par suite des dépenses que plusieurs années de guerre avaient occasionnées. En 1520 ou 1521 ^ il écrivit à François 1" une longue lettre où il exprimait, comme dans un cri de détresse, ses inquiétudes et ses angoisses à l'idée de ne pouvoir exécuter ce que le roi attendait de lui. Il faut liro en entier cette lettre où Thomme et la situation se dessinent à merveille. Semblançay mandait à François V^ qu'il avait fait jusqu'alors l'impossible, soit par luimême, soit par ses amis, pour fournir aux besoins qui se renouvelaient sans cesse. Il avait déjà envoyé beaucoup d'argent à M. de Lautrec. Mais, si personne ne venait à son aide, il allait être encore forcé d'em-
* Journal d'un Baurgeois de Paris sous le règne de François T^, p. 86.
' Tl est impossible d'être bien fixé à ce sujet, le petit nombre de lettres du temps qui sont arrivées jusqu'à nous ne portant pas l'indication de l'année.
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prunier, et il redoutait de ne pouvoir y parvenir. Découragé par les difficultés qu'il entrevoyait, il ne se sentait pas le courage de les affronter. D'un autre côté, il aimait mieux desloger d'avarice sans retour plutôt que de rester en chemin. Il tenterait donc un suprême effort < .
François P', sa mère et sa sœur avaient donc rendu justice pendant plusieurs années, au zèle, au bon vouloir, au dévouement inépuisable de Semblançay. Des lettres formelles, irrécusables, constatent ses services et son désintéressement. Il devait croire, d'après les assurances réitérées qui lui avaient été données, qu'ils ne seraient pas oubliés. Cependant, à peu de temps de là, les dis^ positions à son égard étaient changées complètement, et le bruit courait à la cour qu'il était tombé en pleine disgrâce. Quel revirement inattendu s'était-il donc opéré dans l'esprit du roi?
\ Bibliothèque impériale. Mss. Fonds Béthune, n^ 8,489, f^ 48. — I<n lûtiro porte pour Buacription ces mots : Au roy, mon souverain seifjneur ; d'après Gaillard, Histoire de François P^, t. U, cette lettre SOI ait de Pannéo 1521. (\o\t Pièces justificatives, n^ 12.)