‹ Enguerrand de Marigny, Beaune de Semblançay, le chevalier de Rohan: épisodes de l'histoire de FranceChapitre 34 sur 66 · LETTRES-PATENTES DU ROY LOUIS XT · texte numérisé non relu

LETTRES-PATENTES DU ROY LOUIS XT

PORTANT CONCESSION AUX CHANOINES DE NOSTRE-DAME d'eSCOUYS d'achever LA SÉPULTURE ET DE FAIRE UNE ËPITAPUE A ENGUER- RAN DE MARIGNY ^

Lovis, par la grâce de Dieu, roy de France, au bailIydeGi-

' Histoire des minùfrea d*Èiaij par le baron d*Auteuil ; Engvierrand de Marigfsy; pièces jiMtificatires.

34i PJÊCBS iUSTiriCATIVËS.

mn et à tous dos autres juaiittiere, ou â leurs lieutenaDS, salut. Nofi cbers et bien ayines les doyen et ehapitre de l'église collégiale de Noalre-Dame d'EâCouyea, au diucese de Houfw, nous ont humbleineat exposé qu'en l'an rail trois c«sU et dix, feu En guerran de Marigny, en son vivant, seigneur desdils lieu» de Harigny et d'Escouyes, el oomie de . Longueville, conseiller et otianibellaa de feu de bonne mémoire le roy Philippe iâ M, nofltre pr«dec«sgeur, et grand maisti'e d'hostel de France, par l'ordonnanre el çummandement duilit k\i roy Philippe fonda, iil foire et édiËer ladicle église de Nostre-Dame d'Escouyes, elc. Pour ces causes, et mesmement pour révérence de la très-glorieuse Vierge Marie, mëre de Nostre Sauveur Jésus-Christ, à l'honneur et nom de laquelle ladite église a esté fondée audit Escouyes, comme dit est, et aultres bonnes considérations à ce noDS mou* vans: Avons auidits exposans octroyé et permis, oclroyons et permellODS do grâce eepeciale, par ces présentes, qu'il puissent et leur loise Taire, mettre et apposer, sur la tumbe et lieu onquel ledit feu Enguerran de Harigny fut inhumé ou aullree lieux de ladicle ^lise de Nostre-Dame d'Escouyes , qu'ils nduiseront entr'eux, pour le mieux, tel épitaphe, tuinbe enleuée, figure et remembrance encuiure, pierre ou aultre melail, ououurageque, et quand bon leur semblera, à la louange el honneur dudit feu Enguerran de Harigny, nonobstant ladicte sentence ou condamnation contre luy donnée et exécutée, comme dit est; sans qa'k l'occasion d'icelle ce leur puisse tourner à charge ou reproche, ne leur nuire, ou porter préjudice ou dommage, ores ne pour le temps aduenir en aucune maniera. Pourueu loutesibis qu'audit épitaphe, ou remembrance, qui ainsy que dit est seront faits dudit Fl'u Knguerran de Marigny, ne sera faicleaucunemenlion de ladicle KL'iitcuco ou condamnation contre luy donnée. Donné à Escouyes lo i|uinùëme de juillet, l'an de grâce mil quatre cens soixante et i|iiiiii«, et de nostre r^ne le quatorziçsme, etc.

ENGUEMUND D£ MAIUtiNY. 343

tt L* AVENTURIER RENDU A DAHaiVB GONBUIT PAR ADVI9, TRAICTANT DES GUERRES DE B0UR6ON€MB ET LA JOURNÉE IkE NANCI. AveC LA VIE ET TESTAMENT DE MAISTRE EnGUBRRANT OE MarIGNY , QUI FiST FAIRE LS PALAIS DE\ PARIS ET L^éGLlSK DE NORTRE- DaMB - DeSGOUTS , PRÈS DE RoUEN , ET PLUSIEURS AULTRES CHOSES DIGNES DE MEMOIRE. IMPRIMÉ NOUVELLEMENT *, »

-7- A la 8uit& de c^ titre 9id trouve une vignette reqiplisaaat \^ deux tiers de la page, et représentant un personnage assis , la tète appuyée sur sa main droite , Tair triste , soucieux. Il tient de la main gauche des papiers ou des plans. A droite de la vignette^ sont des attributs d'architecture; à gauche, dans le fond, les vitraux d'une église ou d'un château gathique. Ce personnage ne serait-il pas Enguerrand de Marigny lui-môme , d'après une verrière de Notre-Dame-d'Écouis? La même vignette se trouve , il est vrai, dans d'autres volumes; mais ne pourrait-elle avoir été utilisée dans des publications postérieures à celle de Y Aventurier rendu à dangier ?

Ce volume ne porte , sur le titre , ni date i\i nom d'auteur ; mais il est facile de remédier à celle absence d'indications. Voici d'abord pour la date: on lit ce qui suit à ^ première page :

a Ung jour me prins à merveiller Pensant que tout convient finer.

Pour ce d'eserire eu voulenlé Le petit temps que j'ai passé.

Soixante ans au monde fu mis Jusque l'an mil CCCCC et dix Faire en vueil ung petit mémoire... »

* Bibliothèque iiDj>ériale. Imprimés; T, 0160. lu- 8. Livre d'mie eitrème rtwlé.

On lit ensuite, vers le milieu du volume, les vers suivants :

« Du présent je ne scay que dire, Fors qu'il me semble qu*il empire Depuis Tan mil et quatre cens Et quarante sont plusieurs gens Qui estoient en bien tenus, Qui depuis ay veu ponre et nuds... »

Il résulte delà que Tauteur de V Aventurier serait né en 4440, et qu'il a écrit son livre en 1540.

Le nom de Tauteur ( on sait qu'à cette époque il s'appelait Vacteur) nous est révélé par l'épitaphe suivante^ qui termine le volume :

« LEPITAPRE DE LAGTEUR :

Cy gist Jehan de Margny, Qui de grands adventures En ce monde souffrit De diverses et dures.

PaïSj citez et tours Il fut à conquérir.

Batailles et estours Pour prince maintenir.

Par fortune contrainct, Fort grans maulx endurer, Et de danger atteint.

Dieu nous doint bien finer.

EXPLICIT. — iMPmilli KOUTBLLVMIRT A PAllS. »

Ce Jehan de Marigny était arrière-petit -neveu d'Enguerrand de Marigny^ et servit, comme il nous l'apprend lui-même, sous Charles le Téméraire. La partie de son volume consacrée à Enguerrand se borne, du reste, à peu de chose, et lui est , au fond assez peu favorable. Il y a d'abord , sous ce titre : Leg

Regrets de messire Enguerant de Marigny, des lamentations vagues et banales. Vient ensuite le passage suivant :

a Au livre du regnart querés

De Enguerrant de Margny trouvorés

Qui fut si grant et si lèves (élevé) ,

Ouy dire tu las assez;

Car il avoit sur tous Anglois

Grâce, honneur, magnière et chois.

Tant comme roy Philippe vesquit,

Qui n'eust ne filz ne fille qui

Ausast faire tôntre son gré,

Tant fust monté en hault degré,

Tous ses vouloirs estoient passez

Et très tous ses reffus cassez.

Mais quant roy Philippe mourut

Fortune dessus luy courut.

Mais ja ne luy fust advenu

Se il eust jpatience eu.

Bien avoit loy de soy crespir L'orgueil et despit fuir; Mais orgueil qui le mestria Que roy ne Charles ne prisa.

Il avait si fort amassé Qu'il eust ouUre devoir passé.

Ung sien frère fist archevesque Et Taultre de Beau vais évesque.

Trestout fut à luy le païs Où il avoit esté nourris^ Richesse qui trouble science, Qui d'orgueil maintenir sa pense, Et diable qui à ce ayda, Si que pour se oultrecuida.

Bien y parut, bien sen vantoit.

Quant dist à Charles qu'il mentoit,

346 Pi&GiS lySTiriCÀtlV».

De Cbaritei luy foM ttimmlu.

Qu'ii euii des flamme esmii

Et Tavoit par devers luy mis Tout en présent du roi Loys, Et sil respondit vous mentes, Je ne fus oncques la temptés.

lUecqups luy faillit son sens Car dist fust devant plusieurs gens.

Si adonc roy Philippe vesqutt Qui tant bien en son temps luy fist, Il les eust irestous démentis Et eussent esté vingt et six*.

Encore pensoit-il grant estre Qui ne prisa ne roy ne maistre ; Et se il eust esté patient, Longtemps eust esté Enguerrant. »

Ce qui suit immédiatement concerne les ascendants et les descendants du malheureux ministre de Philippe le Bel. Je me bornerai à une courte citation.

«... Le père de cest Bnguerrant Fust banni de son iénemeni , Deux de ses frères avec luy.

Les trois frères se en sont foitys Pour ce qu'ils voulurent garder, Leur feur qu'on leur veult desrober.

Et a force par nuit la prendre ; Aux larrons convient leur vie vetidre.

Les trois frères bien si portèrent, Sept des larrons y demeurèrent, Et les aultres s'en sontfbuis.

Les VII ne s'en sont point fouis; Comme larrons, forœurs prouveE, En ce lieu, mors sont demoureE.

Ces trois filtres se sont partis

ENGUeRRAND 9B MARIBISY. 347

Pour ce qu'ils furent garantis De leur vie qui confisquie Eâloit.au roy et abolie Tant que sa grâce fut donnée Et leur offense pardonnée.

L*ung s'en alla en Angleterre, Ne sceut trouver meilleure terre ; Et l'autre au païs de Poistou, Là voult faire païs nouveau ; L'autre s'en vint en Normandie; Là exaulsa très-bien sa vie.

Trois fils il luy a ellevez, Qui treffort furent renommez ; Car l'ilhg fut mis coadjuteur El de France tout gouverneur; Celui e\lsl nom Enguerrant.

Son frère, arcevôsque de Sens Fut et eust nom Philippe, Saige prélat et autenlique.

L'autre eut tiom lehan de Margny; De Ëeauvais, évesque on le fist; Quarahle-deux ans tint l'office D'eVesque il tuy ï\it bien propice.

Du lieu dont leur père partit , Leur oncle toujours y verlit, Lequel avoil nom Vulart De Margny et tint celle part Là où avoit esté nourris , No voult quérir autre pays Et fut conjoinclpar inariage A une damoyselle sage^ Fille dame Robert de Grigny.

Grans biens sont récisés en luy j De ces deux ung enfant en vint »

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