‹ Enguerrand de Marigny, Beaune de Semblançay, le chevalier de Rohan: épisodes de l'histoire de FranceChapitre 43 sur 66 · A M. LE TRESORIER ROBERTET · texte numérisé non relu

A M. LE TRESORIER ROBERTET

« Monsieur le Trésorier, voyant le lieu où est la personne du Roy; le danger inextimable qui porroit advenir s'il y avoitfaulte aux paieœens de son armée, dont je faisois et fais encore grant double, pour l'extrémité en quoy j'ay veu les finances dudit Seigneur et la grande difficulté qui a esté d'y pouvoir jusques à présent satisfaire, j'ay envoyé veoir et visiter M. de Samblançay, par Babou pour le rafraîchir et conseller en l'excessive payne et travail où il a esté depuys trois moys en ça, et est encores ; et aussi pour savoir quels moiens il avoit et a eus de fournir à la grande et quasi insupportable despence qui s'est faicte et est encore nécessaire de faire. Et après avoir entendu par ledit Babou , ainsi qu'il a esté adverty par ledit sieur de Samblançay, et acertené par l'Arcevesque d'Aix et aultres bons personnaiges, commis sur le faict des emprunts et autres expéditions, pour recouvrer argent en la ville de Paris, que le principal secours «de ladite despence est venu par le moien dudit sieur de Samblançay , et par les emprunts particuliers qu'il a faits en son propre et privé nom , et dont il a fait ses cédulles et promesses, en divers lieus, et come bon loyal et affectionné serviteur, n'a jamais regardé à sa seureté pour l'advenir, mais il y a mis le tout pour le tout, et pour dix fois plus qu'il n'a vaillant. A ceste cause et qu'il n'est pas raisonnable de le laisser, luy et tout son bien, crédit et

3M PIÈCES lH^îMcAtlYES.

cëKuy de tous sed atnys, fotidfe et en voyft de totale fuyne et per^ dition, et aussi que de préserït il est autant de besoiiï qi^ejamisrls de trouver liioiens pair emprunts d*or, d*argènt, vatisselfè, engagements et tfutres elpédienï pour fournir à la despence dô l'ariùéë dudit seigneur, j*ay commandé aûdft Babou dresser une coffimlssion, laquelle j'ay veue et bien entendue adressante à TÂrcevesque d'Aix et audit l&ieur dé Safriblançafy, pour faire lesdits emprunts, engagemens et contrats, de faire rendre cotnpte à plusieurs comptables et faire prandre les restes d'iceuk; avec pouvoir audict sieur de Samblançay pour asseurer ceulx de qui il a emprunté, affin dé garder son crédit pouf totijours et au besoin eu faire service au Roy; aussi pour dédommager et garder de pefte, comme la raison le veult, ceulx qui en tels affaires ont secouru ledit Sieur. Laquelle pretiskm Je Vôu envoyé, vous priant, monsieur le Trésorier, que, ittèontlneiit, et sans y faire aucune difficulté, vous la faictas dépescher et soeller^ affin que je la piuisse envoyer audit sieur àt Samblançay, pour lot faire cognoistre que le Roy ne veult point sa ruyne ou dômaige, mm^ par le contre, Tentend remercier de ses services, flFmsi que cbascun cegnofst quil mérite, et qn*il appartint recognoistre à iing si grafnd maistre que ledit Seigneur. Et à tant, vous dis à Dieu, monsiettr le Trésorier, lequel je frhf veut avoir en sa garde. Bscript de C6pièghe, le xxm* }oùr dTobtebre. Letsc.

Cméreêignêê, Ba*o«j ^

LETTRE DE UARGUBRITE lyANGOULÈME A S0tfBLANÇAY *.

(iifioiTi.)

« Monsieur de Samblanssay, j'ai feceu les lettres que vous m'avés eseriptes, et bien entendu ce que m'ont dit le Trésorier de Ma-

^ibliothèqae impériale, Mss. Fonds Béthupe, 8,503} f" 19. bid., Hss. Coriection Fontaniea, t. ICO-170,

BEiUfiip PE SEHBLANÇi^Y. d«7

dane e^ ]» aôen ensemble, M. 4^ la Qochebermont^ je trouve merveineMeemeiU estrapge pour ce que Madame n'a point acoouatumé. de malcontenter aes bons serviteurs, desquels je yous tiene biea ay«n^ du meilleur pppibre. Quant à ce que vous m'escripf e^ que jiveji vouloir de y^nir par de là ppur vous justifier myen «Ue, je n'en su|s pas 4'avis ne de conseil; mais plMS toet que vous demeurez par de là à birQ le plus de service au Roy que pourr/est, secbant qu'il en est bien le temps, et estant nécessaire qf^e MiMlaW oe vous fera chouse qui soit contre vostreboontMi*, vostre bien et la raison; car, ou je ser^ye ayertlQ du /contraire, entendes que pour le bien que je vous'désire, serois contrainte de vous faire savoir ce qu'il en pourroit être ; et en oast en4f Qî^ Monsieur de Samblanssay, prieray le bon Dieu vous tefûr à jamais en sa garde, à Biois, ce XXI* jour d'octobre.

a Mon oncUi le grand maistre, avpit escrit à Madame et à moy , aussi a&jCtueusement comme pour son frère : mais Madame me commanda lui iïre quelle remettoit sa re£4[>onse quand elle re-. voira le Qpy : vous priant que en attendant, ne vous donniez point d'eimuy, mais faire tout le seirvipe que vous pourrez, car j^ suis seure qmà you# fie trouverez jamais Ma4ame autre jque bonne mst(r<isse, quoique Von vouf «ceut dire. La toute vostre

c MAROCBaiTB. » '

LETTBE DE SEMBLANÇ4Y AU ROP.

(iN^lTI.)

« Sire, j'ay receu vostre lettre qui vous a pieu m'escripre, et par icelle me donnez à entendre le désir que vous avez d'estre

' BibUotbèqae impériale, Un. Fonds Béthune, n' 8,489, î^ 48.

secouru et servy en voslre présent voïage, que j'y veuille employer mon crédit et amys, et que les me garderez comme chouse qui vous touche. Sire, jusques à présent, j*en ay fait et feray tout et plus que le pouvoir de moy et mes amys se pourra estendre. Or, pour ce qu'il y a long-temps que vostre affaire dure, si grant de tous costez et vostre présent voiage, ou vostrë personne est, que je crains beaucoup y satisfaire ; attendu la grosse despense qui est plus de cent cinquante mil livres, quelle est crue, pour chascuns moys. Et se n'avez en vos finances personne de qui je puisse avoir quel peu d'ayde, ne secours, ains que j'escrips à Monsieur le Grand Maistre, plus amplement que c'est votre plésir; qu'il le vous donne à entendre combien, Sire, que à vostre grave affaire et besoing, le cueur, ne le volloir ne fault pas, mais que 4e crédit et les bources ne me faillent pas.

« Sire, vous avez peu eiitendre par Madame, la provision qui a esté donnée pour le secours de M. de Lautrec. Cela demynue nos payements d'aultant... L'on est contraint de trouver aultre parti par emprunts que je crains beaucoup de n'y pouvoir advenir, celon le désir que j'ay, et ne crains que l'impossibilité d'amys, de crédit et de bources et qui vous plaise me faire ceste grâce et ne mectre sur moy de tout vostre espérance et fondement d'ung si grant et gros affaire qu'il est et aussi que je ne me sens pas force de le savoir du tout conduyre, et si je demeure en chemin, je amerays mieulx desloger d'avance, sans retour : pour moy, riens ne demourra se le puis trouver.

« Sire, je me recommande à vostre bonne grâce si et très humblement que je puis, et prie Nostre Seigneur vous donner bonne santé et bonne victoire contre vos ennemys. De Paris, le XV* jour d'octobre; vostre très humble et très obéissant subgiet et serviteur, « DE Bbaune. »

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