‹ Enguerrand de Marigny, Beaune de Semblançay, le chevalier de Rohan: épisodes de l'histoire de FranceChapitre 9 sur 66 · ENGUERRAND DE MARIGNY. S · texte numérisé non relu

ENGUERRAND DE MARIGNY. S

observation? Quant à Guillaume de Nogarèt, tout le monde sait que ses ancêtres ont péri dans les flammes pour cause d'hérésie, et que, digne rejeton d'une telle famille, il a osé s'attaquer d'une main sacrilège à l'autorité et à la vie du très-saint pape Boniface VIII, de bonne mémoire ^ » On apprit bientôt que de nouveaux sujets de querelle s'étaient élevés entre le comte dé Flandre et Philippe le Bel. Celui-ci exigeait que Robert de Béthune lui rendît Thommage, qu'il fît abattre plusieurs forteresses, et qu'il lui remît, en signe de vassalité, cinq cents hommes d'armes. On avait même entendu dire au roi que le comte de Flandre « avoit jà tant mesfait, que la paix entre eux seroit impossible s'il ne s'amendoit du tout au tout. » De son côté, Robert de Béthune répondait que le serment de fidélité qu'avaient prêté ses aïeux avait toujours compris les trois châtellenies de Béthune, de Lille et de Douai, dépendant du comté de Flandre, et qu'il ne prêterait pas d'autre serment qu'eux. Bref, il annonça hautement qu'il ne céderait point aux injonctions de Philippe le

* Acte d'appel de Louis de Nevers, du 14 avril 1313 (Archives de Ropelmonde) cité par M. K^rvyn de Lettenhove, Histoire de Flandre, t. lU, p. 583, Pièces justificatives. Voici le passage relatif à Enguerrand de Marigny : « Gum dictus Inghelramus ab omnibus publiée pro quodam magico incantore teneatur; in tantum quod, prout evidenter manifestum est, dictum regem quorsum vult, sic ad fas vel ad nefas trahit et seducit, nemine cujuscumque status^ vel auctoritatis seu dignitatis fuerit^ audente vel volente refragari. »

Bel, et Ton remarqua comme une chose très-hardie qu^il eût osé dire en présence d'Enguerrand deMarigny, « que le roi éloit mal conseillé, qui telle demande luy faisoit \ » La reprise des hostilités était donc considérée comme imminente -, aussi les deux gouvernements se préparaient de nouveau à la guerre avec plus d'ardeur que jamais.

^ Histoire de Flandre, etc., loc, cit., t. Ul,- p. 58.

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