‹ Enoch Arden;Chapitre 12 sur 33 · The lazy gossip, l'oisif com* mérage · texte numérisé non relu

The lazy gossip, l'oisif com* mérage

KNOcH ARDEN.

la blesser en lui faisant l'aumône)1, de la vraie farine de froment de son grand moulin qui sifflait sur la bruyère.

Mais Pbilippe ne pénétrait point Pâme d'Annie. A peine la pauvre femme pouvait-elle, quand il venait vers elle, poussée par2 son cœur qui débordait et sa reconnaissance sans bornes, trouver3 quelques mots pour le remercier. Mais Philippe était tout pour ses enfants : des extrémités4 les plus éloignées de la rue, ils couraient pour saluer de tout leur cœur sa cordiale bienvenue ; ils étaient les seigneurs de sa maison et de son moulin, fatiguaient son oreille patiente du récit de leurs petits ennuis et de leurs petits plaisirs, tovjours pfndus autour de lui; ils jouaient avec lui et l'appelaient « Père Philippe ». Philippe gagnait à mesure qu'Enoch perdait. Enoch leur paraissait incertain comme une vision ou un songe, indécis comme une personne que Ton aperçoit à l'aurore matinale à l'extrémité lointaine d'une avenue, se rendant on ne sait où5; et ainsi dix années, depuis qu'Enoch avait quitté son foyer et sa terre natale, s'étaient écoulées, et l'on n'avait reçu aucune nouvelle d'Enoch6.

Il arriva qu'un soir, les enfants d'Annie désirèrent aller avec d'autres chercher des noisettes au bois, et Annie voulut aller avec eux ; alors ils demandèrent aussi père Philippe (comme ils l'appelaient) ; ils le trouvèrent comme l'abeille travailleuse dans la poussière des fleurs, blanchi par son moulin, et lui dirent : a Venez avec nous, père Philippe»; il refusa; les enfants se mirent aie tirer

1. To save the offence of charitable, pour éviter l'offense de charitable.

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