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L'animal mourut de la rage, mais l'enfantguérit. Ce fait a été publié dans les journaux du temps. | :
C’est ici qu’il faut se hâter lentement, ne point perdre le temps, afin que l'absorption du venin ne se fasse pas, mais agir avec méthode, mettre bien toutes les piqûres à découvert, afin de les panser convenablement et sans précipitation ; regarder à deux et trois reprises son pansement, le repasser pour ainsi dire, afin d'être bien sûr qu'aucune des
récautions du traitement n’a été négligée. J’insiste sur ceci, dures que j'ai lieu de croire que la légèreté et la négligence du panseur peuvent être une cause d’insuccès.
Lorsqu'il y a deux piqûres, elles ne sont point côte à côte ; la distance qui les sépare est en raison-de la grosseur de l’animal qui les à faites. Si c’est un petit serpent, on conçoit que la gueule de l’animal étant très-petite, les piqûres seront rapprochées ; mais si l’animal est de grande dimension, les piqûres pourront être à plus d’un pouce l’une de l’autre. Chez le malheureux M. L*** dont le souvenir est encore douloureux pour tant de monde, il y avait quinze lignes entre les deux piqûres, près du genou. On m'a cité des cas où le mollet et même le jarret ont été embrassés dans leur demi-circonférence par la gueule de l’animal. Car on retrouvait les piqûres en dedans et en dehors, séparées par toute l’épaisseur des parties. Ordinairement les piqûres ne sont point de niveau sur une même ligne, ce qui a fait penser que, pour piquer, le serpent devait un peu pencher sa tête et frapper de côté. J'examinerai dans la partie anatomique si, comme le dit Fontana, le serpent peut piquer avec quatre crochets, et non toujours avec deux seulement.
A la Martinique, on se sert du citron pour faire ressortir les piqûres. On prétend qu’aussitôt qu’elles en sont frottées, elles se mettent à saigner, ce qui les fait reconnaître. Cette pratique est générale ; je ne saurais aflirmer qu’elle soit aussi infaillible qu’on le dit, car je n'ai jamais eu occasion de la mettre en usage.
A quelle profondeur pénètrent les crocs? Évidemment, cela doit encore dépendre des dimensions du serpent, un gros serpent ayant un croc plus long et plus fort que celui d’un petit serpent. « Ces crocs, suivant le père Dutertre, sont « longs, pour l'ordinaire, d’un pouce; j'en ai vu, dit-il, et
£ oh —
« apporté en Fran@Ë de longs comme la moitié du doigt. » 11 est vrai que tout nous porte à croire qu’au temps du père Dutertre il y avait des Fers de lance beaucoup plus gros que nous
. n’en voyons aujourd'hui. Pour moi, le plus long croc que j'aie
mesuré sur un serpent de cinq pieds dix pouces, conservé dans l’officine de M. Peyraud, avait 11 lignes. Cette lon-
gueur répond, Chez la plupart des personnes, à l’épaisseur de
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la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, surtout si l’on tient compte que le serpent ne doit point enfoncer son dard
jusqu’à la garde, capulo tenus. Dans deux cas où j'ai pu exa-
miner le fait anatomiquement, les piqûres n’avaient point percé l’aponévrose de l’avant-bras ni celle de la cuisse. Ce n’est donc point par la profondeur de la plaie d'introduction que le venin agit. La simple inoculation suffit. Ceci est parfaitement d'accord avec d’autres faits bien connus : ainsis quand on vaccine, ce ne sont point les plus forts coups de lancette qui produisent les pustules vaccinales, et le simple contact du sang d’un animal malade avec la peau de l’homme, lors même que la peau est recouverte de l’épiderme, suffit pour y développer la grave maladie connue sous le nom de pustule maligne. C’est pourquoi nous pouvons supposer qu’un escarre de 1/2 pouce d'épaisseur, fait avec un caustique, doit neutraliser la piqûre du plus gros serpent, en atteignant le venin aussi loin qu’il à pénétré.
Donc, il n’importe guère de savoir très-exactement à quelle profondeur le croc a pénétré, Il suffit qu'il ait pénétré assez pour inoculer le venin de l’animal. L’absorption en sera tout aussi prompte et tout aussi mortelle. Lorsque l’on examine un croc, ainsi que nous le ferons plus tard, on voit que le venin en sort pa rune petite fente longitudinale qui en occupe l'extrémité libre, c’est-à-dire environ la cinquième partie de sa longueur ; il suffit que cette cinquième partie du croc pénètre sous la peau pour que tout le venin de l’animal y pénètre aussi. Ce n’est pas de la longueur du croc, mais de la nature du venin que dépend la gravité de la blessure. Le serpent ne tue point physiquement par un coup de poignard, mais chimiquement avec du poison.
Quand je considère combien le croc du serpent est fiable et facile à se casser, et de combien de crocs de rechange la nature prévoyante l’a pourvu, j’imagine’aisément qu’en beau-
coup de rencontres le serpent laisse l’un de ses crocs dans les blessures qu'il fait. En effet, j'ai entendu citer quelques cas dans lesquels des crocs cassés ont été retrouvés. « Il faut, dit M. Beaucé (ouvrage déjà cité), retirer avec des pinces les Crocs du serpent qui se cassent dans la plaie par l'effet du saisissement qu'éprouve la personne mordue. » Je tiens de M. A. Thouron qu’il a vu sortir d’un abcès un croc dont la présence avait dû contribuer à la formation de cet abcès. Il circule dans la science un fait assez singulier et qui trouve ici sa place, quoiqu'il n’appartienne point à l’histoire du Fer de lance : un homme fut mordu à travers ses bottes par un crotale, et ne tarda pas à succomber. Ges bottes furent vendues successivement à deux autres personnes qui moururent pareillement, parce que l’extrémité d’un des crochets à venin était restée engagée dans le cuir. Ce fait est imprimé dans le Dictionnaire des sciences naturelles, dans le Dictionnaire des sciences médicales, dans l'Encyclopédie, dans tous les écrits s le venin du serpent ; mais je n’en garantis pas la vérité. « Comme il est naturel, dit le père Labat, de retirer le bras « ou la jambe où l’on se sent mordu, il est ordinaire d'attirer « à soile serpent, parce que ses dents courbes, par suite de la « posture où il s’est mis pour mordre, ne se dégagent pas faci- « lement des chairs où elles sont entrées, et il arrive qu’on « arrache les dents par le violent effort qu’on fait en le « relevant » (LABar, page 164.)
On dit même que des serpents sont restés accrochés aux personnes qu'ils avaient piquées, et, avañt de pouvoir se dégager, soit en retirant leurs crocs, soit ensles laissant dans la plaie, ont été traînés à la distance deplusieurs pas.
Quoi qu’il en soit, si un croc, ou une portion de ceroc, est engagée dans la plaie de l’une des piqûres, cela doit se reconnaître aisément : il suffit de promener légèrement le doigt sur la plaie. Il n’est personne qui ne sache par expérience de quelle douleur on est saisi lorsqu'une épine ou la pointe d’une aiguille étant engagée dans les chairs, on vient à passer le doigt par-dessus. Cette pression arrache des cris, et révélerait infailliblement la présence d’un croc, “
On’répète journellement que la piqûre d’une artère est une des circonstances les plus graves ; qu’alors la blessure
est sans miséricorde. Non-seulement cela se dit, mais encore ; * +:
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cela s'écrit. « En trois ou quatre jours au plus, dit le père « Labat, lorsqu'un homme est bien pansé, il est hors d'affaire, « supposé que la dent du serpent n'ait pas percé quelque « artère; car en ce cas, les remèdes sont inutiles, en douze « ou quinze heures on paye le tribut à la nature. » Ceci est un langage entièrement vulgaire. Comme omentend dire souvent par les chirurgiens que les blessures es ares son
fort à redouter, il est probable qu’on a pensé qu’il en Fe. être ainsi, à plus forte raison lorsque au danger ordinaire de la blessure viendrait s'ajouter celui de l'introduction du venin. Par ce simple énoncé, les médecins verront d’où vient l’erreur. Aussi n'est-ce pas à eux que j'adresserai aucune explication; mais comme j'écris aussi pour des personnes qui ne sont point de l’art, j'espère que l’on m’excusera d'entrer dans les détails que l’on va lire. Les artères ne sont point disséminées par tout le corps, mais elles occupent des places particulières ; aucune ne se trouve immédiatement sous la
peau, toutes sont plus ou moins profondément placées. Or,
nous avons constaté déjà que les plus longs crocs ne pénétraient guère au delà d’un demi-pouce. Excepté l’artère radiale au poignet, l’artère brachiale au pli du coude, la temporale à ltempe, et peut-être la crurale au pli de l’aine, la
poplitée au creux du jarret, et la tibiale au-dessous de la mal-
léole interne, il n’y a pas d’artère, même chez les personnes
amaigries, qui ne soit placée à plus d’un demi-pouce dans: l'épaisseur des chairs. Le premier phénomène auquel donnerait
lieu la piqûre d’une artère serait une hémorragie ; c’est par là que cette blessure serait redoutable. Les artères étantcomposées d’un tissu très-rétractile, sitôt qu’elles éprouvent une solution de continuité, les deux bords de la plaie se rétractent et laissent un orifice béant par lequel coule le sang jusqu'à ce que mort s’ensuive, si de la médecine n’y porte remède. er qui disent que la piqûre d’une artère
par le croc d’ qu’elle est mortelle par l'hémorragie qui en est le résultat.
Sid’ai bien compris leur pensée, ils croient que c’est par l’abption du venin qui se fait plus promptement par cette voie. is Pr dirai qu’aujourd’h Mi après l'étude minutieuse, que l’on fait * des sh a des p riétés de toutes les parties
de notre © orps, il est bien constaté qu'entre les divers vais- Lé | « .
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seaux, les artériels sont les moins propres à l’absorption. En effet, par les artères le sang est poussé vers la périphérie des organes, et pour peu que la texture de ces organes offre une solution de continuité, le sang est chassé au dehors. Ainsi, loin des’imprégner du venin et de !e reporter au cœur, le sang artériel le repousserait au dehors et laverait la sur-
…face de plaie où ce venin serait déposé. La blessure d’une artère serait donc une circonstance plutôt contraire que favorable à l’absorption du venin.
Pour que la piqûre d’une artère fût accompagnée de l’absorption du venin, il fauarait que le venin jouit de la propriété de coaguler le sang et de boucher, par cette coagulation, la plaie qui résulte de la piqûre. Or, comme nous le verrons plus tard, c’est tout le contraire qui à lieu, et, loin de coaguler le sang, le venin le rend extrêmement liquide, à tel point que le sang s’extravase à travers les pores naturels des vaisseaux qui le contiennent.
Il y a, je crois, en tout cela erreur de mots, et ce que l’on dit des artères est plutôt applicable aux veines : ce sont des veines que l’on voit à la main, où elles portent le nom de salvatelles, et aux pieds et aux jambes où on les nomme suphènes. Ces veines, visibles à l'œil, sont par conséquent à la portée des crocs du serpent. En effet, on a vu quelquefois des hémorragies résulter de la piqûre de ces veines. Dans ces cas, loin d’être une circonstance funeste, la sortie du sang peut être favorable à la guérison. Une hémorragie venant des veines n’est point ordinairement dangereuse, la moindre compression suffit pour l’arrêter. Il serait possible cependant qu’il n’en fût pas toujours ainsi, à cause de la décomposition qu'’éprouve le sang. J'ai déjà remarqué qu'après la mort, le sang était très-liquide. Je crois que cette liquidité existe déjà pendant la vie; car les petites piqûres saignent beaucoup, et donnent une quantité de sang quecertainement ne donneraient
* . point des plaies de la même dimensionMet qui: raient proe duites par une autre cause. Dans certaines épidémies de fièvre “+ . jaune, on a vu les petites piqûres de la saignée donner lieu à deshémorragies incompressibles. Suivant Fontana
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qûre des veines doit être plus grave que celle des artères. Je tiens de M. Juge que dernièrement, sur l’habitation de M. Buée, au Fond-Canonville, un nègre qui portait un ulcère considérable à la jambe, fut piqué par un serpent, à trois pouces environ au-dessus de cet ulcère : la piqûre du serpent fut pansée; mais, quelques moments après, la surfagérde l’ulcère » se mit à saigner, sans que rien pût arrêter cette hémorr gie, et le malade y succomba. Jai vu sur la même habitation un jeune nègre qui avait un large ulcère être piqué un pouce au-dessus, mais ne pas présenter d’hémorragie ; il est vrai qu'il futbien pansé, moins d’une demi-heure après l'accident. Il ne serait donc pas impossible que l’hémorragie veineuse, par suite de la piqûre du serpent, donnât lieu à de graves embarras; mais je dis que ce n’est point encore cet accident qui est à redouter ; c’est plutôt l’absorption du venin qu’on suppose devoirse faire plus rapidement par cette voie. En effet, les veines sont des vaisseaux de retour, elles rapportent au cœur le sang qui en est exporté par les artères. Les expériences physiologiques ont constaté que les veinesrapportaient au cœur, non-seulement l’excédant du sang artériel qui n’a point servi à la nutrition du corps, mais encore toutes les substances qu’elles ont pu absorber sur leur passage. Lesveines sont donc de véritables vaisseaux absorbants. Des expérimentateurs distingués ont constaté que des substances putréfiées, injectées dans les veines, déterminaient promptement tous les accidents des fièvres putrides. Il en est de même de l’introduction des médicaments : leur action par cette voie est plus rapide que par toute autre. Rien ne serait donc moins # étonnant que la plus grande activité du venin, s’il arrivait qu’il pénétrât directement par les: veines ; le trouble de l’économie en pourrait être instantané et irrémédiable; mais je dis que, tel que je le présente ici, ce fait n’est encore qu’à 3» l’état d’induction et d’analogie ; personne ne l’a encore constaté de w + régulièrement, et par un examen anatomique. di”. C’est pourquoi j’engage tous les médecins, lorsque l'occasion # se présentera à eux” d'examiner la piqûre d’une veine par le 1 . | ut bien constater si la paroi de la veine a .
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Il ne serait pas impossible que la piqûre de la veine fût cause aussi des vastes phlegmons que l’on observe souvent à la suite de la piqûre du serpent : ce qui serait le résultat de la phlébite, c’est-à-dire de l’inflammation de la veine. Tout cela a besoin de la vérification anatomique. Dans trois autopsies que
é étaient parfaitement saines.
Jusqu'ici nous avons examiné quelle influence citidous avoir sur la piqûre : 4° la partie piquée, 2° le nombre des piqûres, 5° la profondeur, 4° la présence d’un croc dans la plaie, 5° si c’est une artère ou une veine. Mais, outre ces conditions, il en est d’autres encore qui peuvent rendre les piqûres mauvaises. En première ligne nous rangerons la peur. « En général, dit M. Guyon, les personnes qui viennent d’être « mordues par la vipère et qui en connaissent le danger sont « pâles, froides, avec les yeux hagards, les traits décomposés. « Chez elles, le pouls est petit, concentré, la respiration lente, « courte. Il en est qui éprouvent des défaillances, des syn- « copes, des sueurs froides et abondantes. Ces accidents se « dissipent dès que le malade est pansé et qu'il se croit à l’a- « bri du danger. »
En peut-il être autrement quand on songe à l'horreur que l’idée seule du reptile imprime à toutes les imaginations! C’est à tel point, qu’il n’est pas rare d’entendre dire aux hommes les plus fermes : si j'étais piqué par un serpent, je crois que j'en mourrais.
Dans les cas où la mort a eu lieu subitement, je crois que la peur a dû y contribuer plus encore que le venin. Le lecteur en jugera par l’un des exemples suivants, rapporté par M. Blot:
« M. Fonteny Gachet chassait sur les terres de Lorrain. Un « des nègres qui l’accompagnaient tomba tout d’un coup en « poussant un cri épouvantable ; ; on s'approche pour le rele- « ver, il n’était déjà plus, et le reptile, qu’on aperçut aussitôt «se sauvant dans les broussailles, indiqua assez “quelle pou- « vait être la cause d’un pareil accident. L'examen du corps « ne fit découvrir que deux légères piqûres sur le trajet du « tendon d'Achille, sans la moindre trace de gonflement. »
Est-il concevable que le venin ait eu une per À instautanée, aussi foudroyante? Cela dépasserait tous les faits
connus de l’absorption la plus prompte. y L 7 4 F D L2 4 Su : | + « * à
ublierai, on verra que les veines du membre pi-
On m'a cité plusieurs cas de personnes qui sont tombées évanouies à côté même du serpent qui venait. de les piquer; ce qui a été, pour le reptile, une asie répéter ses piqûres.
Il y a encore d’autres circonstances défavorables : : tel est
me Dans les expériences que j'ai faites, plus les aux, ulets ou chiens, étaient jeunes, plus vite ils succombaient.
Je ne sais s’il en est de même chez l’homme. J'ai rarement en
tendu parler d’enfants piqués du serpent.
Il faut aussi tenir compte de la constitution des individus. Les chairs du nègre sont éminemment lymphatiques, prêtes à tomber en suppuration et à produire des abcès. Il y a des individus d’une susceptibilité morbide vraiment malheureuse.
Tout leur est aquilon!
De la part de l'animal, on conçoit que certaines dispositions doivent rendre son venin plus ou moins actif. Quelques-uns soutiennent que les piqûres des petits serpents sont presque insignifiantes ; que la plupart du temps elles passent inaperçues et déterminent tout au plus de petits abcès dant les nègres qui en souffrent ne SOUPCORRENSS même pas la cause. Pour d’autres, la piqûre de trés-gros ‘serpents est toujours mortelle, quoi qu’on fasse ; je crois ce dernier PrHgusne beauni trop désespéré. #4
Sans doute encore la piqûre doit se ressentir de certains état où se trouve l’animal :
1° S'il est à l'époque dé : cela n’est appuyé sur aucune observation ni sur aucune expérience ad hoc, mais l’analogie est si générale qu’elle peut passer pour une preuve complète. C’est en ces moments que tous les animaux sont au summum de leur puissance ; même les plus doux et les plus timides deviennent redoutables,
2° Si l’animal est irrité. Les chiens qui sont piqués dans les expériences, apr le serpent a été excité par toutes sortes d'attaques, ent plus souvent que lorsqu'ils l'ont + été dans les bois, "ä'improviste, et pour ainsi dire par surprise, avant que la colère de l’animal eût échaufté le venin. Le serpent irrité doit mordre plüs fortement et plus longtemps, par conséquent il doitsexprimer de sa vésicule et ins-
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tiller dans les chairs de l'animal mordu une plus grande quantité de venin. Pendant longtemps ç’a été une opinion dans la science que la gravité des piqûres des.vipères dépendait de leur état d’irritation plutôt que de la nature même du venin. La fausseté de cette opinion, vainement soutenue par le mé Charras, est aujourd’hui démontrée. .
On qu’en Europe le venin de la vipère perd de sa torch pendant l’hiver. A la Martinique, on croit avoir remarqué que c’est vers la fin de l’hivernage qu’on cite un plus grand nombre d’accidents par suite de la piqûre du serpent. Cette saison est la plus chaude de l’année et c’est aussi, comme nous l’avons déjà dit, celle du part de ces animaux.
On dit encore qu’en certaines années, les piqûres sont plus graves qu’en d’autres. Je ne sais jusqu’à quel point cette observation est vraie.
Mais ce qui est sûr, c’est que le danger est d'autant plus grand, qu’il y à plus longtemps que l’animal n’a piqué; que par conséquent le venin est plus anciennement sécrété, plus cuit, plus cohobé, et aussi plus abondant. Ce fait est parfaitement constaté, et les nègres preneurs de serpents le savent bien. Aussi, avant de saisir l’animal, ont-ils soin de le faire voyer plusieurs fois en lui présentant un corps quelconque : c’est afin qu’il se décharge d'autant de son venin. \ :
Dans l’une de mes expériences, deux poules et un chien ayant été piqués par un gros serpent de 5 pieds, je fis piquer un troisième poulet auquel on n’appliqua aucun traitement. Les trois premiers animaux avaient été pansés di- ‘vers moyens, ils succombèrent éñ moins de quinze heures; le dernier poulet, dont la blessure était près de la tête, eut un gonflement assez fort, mais ce gonflement se dissipa et le poulet ne mourut qu’au sixième jour.
Je tiens de M. Roques, pharmacien de cette ville, que, s’amusant un jour à jeter de gros rats à un serpent, les quatre premiers qui furent jetés furent piqués et moururent presque instantanément ; le cinquième se défenditwaillamment contre le reptile, et, quoiqu'il eût été piqué lusieurs + il parvint à s'échapper.
Lacépède ranporte les expériences suivantes faites sur le Boiquira :
« Le capitaine Hall fit attacher à un piquet un serpent à
« Losmèttes d'environ 4 pieds. Trois chiens en furent « mordus Le premier en mourut en quinze secondes; le se- « cond, mordu peu de temps après, périt au bout de deux « heures dans des convülsions ; le troisième, mordu après «une demi-heure, n’offrit d'effets visibles du venin qu’au « bout de trois heures. Quatre jours après, un chien mourut «en une demi-heure, et un autre ensuite en qu inutes. « Un chat fut trouvé mort le lendemain de l’expérience. On « laissa s’écouler trois jours, une grenouille mordue mourut « en dix minutes, et un poulet de trois mois en trois minutes, »
Il est certain que le venin s’épuise par les morsures; ce fait est conforme à la théorie de toute sécrétion et confirmé par l'expérience. Ii est certain aussi que l’appareil venimeux est disposé de telle sorte que tout le venin ne se verse pas dans une seule morsure; c’est pourquoi deux morsures sont plus graves qu'une seule. Mais quelle quantité de venin actif la vipère peut-elle fournir à jets continus sans pour ainsi dire désemparer ? C’est ce qu’il n’est pas facile de coms: tater. Fontana à vu une même vipère donner la mort à cinq pigeons, ce ne fut qu’au sixième que l’animal piqué ne parut pas s’en ressentir. Nous voulûmes éprouver, dit Charras, si une même vipère pouvait faire mourir de sa morsure, en un même temps, divers animaux, les uns aprèsdles autres, et si le venin était inépuisable, en sorte que les animaux mordus les derniers en pussent être exempts. Pour en savoir la vérité, nous fimes mordre cinq pigeons l’un après l’autre par une même vipère que nous irritions toutes les fois qu’elle mordait : tous ces pigeons moururent bientôt, et même nous remarquâmes que le dernier mordu mourut le premier. Un pigeon mordu par une vipère à qui nous avions fait morcre du pain et même jusqu’au sang, afin que le venin fût bien sorti, mourut néanmoins. -
Rapprochez ces faits de ceux observés par le capitaine
sil Hall et par nous, il est évident que la quantité comme les qualités du venin doivent être relatives, non-seulement à l'espèce, mais à chaque*individu de l'espèce. On voit combien il faudrait de nombreuses expériences pour s'arrêter sur ce pot des moyennes; bornons-nous présentement à. constater que le venin when pas en un seul coup.
Il est probable que si la piqûre, avant d’atteindre la peau
TR Se
de l'individu, passe à travers les bottes ou le pantalon, une partie du venin sera absorbée et détournée par ces corps intermédiaires. Mais on conçoit que cette circonstance soit plus préservatrice dans les cas de morsures d'animaux enragés. Les dents, trempées dans la salive de l’animal et forcées de + pe une certaine épaisseur de vêtements avant d'arrive x chairs, y laissent une partie du poison ; tandis | que les crochets ont beau être essuyés, dès lors qu’ils pénètrent les parties vivantes, ils y inoculent le venin qui n’est point à leur surface, mais renfermé dans leur intérieur et qui n’en sort que par leurs extrémités. On conçoit cependant que les crochets, dans certains cas, peuvent être arrêtés par les vêtements, qui font alors office de bouclier, et empêchent le venin ou du moins la totalité du venin d’arriver jusqu’à la peau; alors les blessures, si elles ont lieu, sont moinsgraves. J'étais un jour sur l’habitation Rivière-Blanche, avec mon confrère de Luppée, lorsqu'on vint nous avertir qu’un nègre était piqué du serpent. Nous allâmes le visiter. Après avoir bien examiné le bas de la jambe qu’il nous présentait comme ayant été atteint par l’animal, et ne trouvant aucune trace de piqûre, nous passâmes à son pantalon de bure, dont la trame était visiblement imbibée de venin. L'homme était trèseffrayé; nous nous efforçcèmes de le rassurer, en lui démontrant comment il avait été heureusement préservé. En effet, il y avait près d'une heure que l’accident avait eu lieu, et aucun symptôme ne se manifestait. Cela n’empêcha pas qu’à peine nous eûmes le dos tourné, notre homme envoya chercher un panseur qui lui fit ses simagrées et en retira 8 gourdes (43 fr. 20 c.). Je rirais de ce noir, si depuis je n’avais vu à Paris des gens, réputés à bon droit à la tête de la civilisation, se faire aussi ridiculement exploiter par des charlatanismes tout aussi grossiers.
« Quelques chasseurs, qui les appréhendent le px pren- « nent de grandes bottes, lorsqu'ils Vont à la chasse, pour se « garantir de leurs morsures. Mais cela leur sert fort peu, «puisqu'elles ne garantissent que la jambe et ne les défen- «dent que des serpents qui sont à terre et non pas desautres « qui sont perchés sur les branches des arbres ou sud érni « nence de quelque rocher, lesquels N: indifféreniment % sur toutes les parties du corps. Les deux derniers qui fu-