SAIT
« rent mordus pendant mon séjour dans l’île le furent à l’é- « paule et au bras. » (DUTERTRE. )
Je ne saurais dire si c’est par insouciance ou parce que l'expérience en a réellement prouvé l’inutilité ; mais il est certain qu'aujourd'hui personne, dans la colonie, même à la chasse dans les grands bois, ne songe à s’entourer la jambe de bottes, chaussures, ou autre chose qui préserve de la piqûre du serpent.
Tant est grande la misère de notre condition ! Tant sont étroites les limites de notre prévoyance, qu'il paraît aussi sage de se laisser aller au sort, que de s’ingénier à prévoir et à prévenir tous les accidents qui peuvent nous menacer et qu’à considérer le peu de bonnes chances que met de son côté la prudence humaine, elle.ne vaut pas les peines qu’elle entraîne. Plus vitam regit fortuna quum sapientia!
Suivant les expériences de l’abbé Fontana (au nombre de plus de six mille), la morsure d’une vipère suffit pour tuer une souris ou un pigeon; mais il faudrait les morsures de plusieurs pour donner la mort à un bœuf où à un cheval.
Nous n’avons point expérimenté à quelle dose le venin du Fer de lance peut tuer; mais il est certain qu’il est mortel, même pour les plus gros animaux.
Observation rapportée par M. Guyon. — « Une vache, ap- « partenant à M'° Tinon, est mordue à l’un des pieds dans la « matinée Gu 45 mai. L'animal éprouve bientôt les plus graves « accidents et avait cessé de vivre treize heures après.
« Le reptile fut apporté au fort Bourbon pour en recevoir « la prime : c'était un individu de grande taille et dont le « ventre était plein de vipereaux qui n'auraient pas tardé à « voir le jour. »
Mais cet accident n’est pas fréquent. On entend rarement parler de gros animaux morts de la piqûre du serpent, quoiqu’on les laisse paître en liberté partout, et dans les plus épais halliers. J'ai même trouvé de vieux habitants qui croient que la piqûre du serpent est toujours sans effet sur le bœuf, sur le cheval et surtout sur le mulet. Cette fausse opinion sur l’innocuité de la piqûre du serpent chez les gros animaux est certainement l’une des causes qui ont contribué à accréditer cette énorme chimère des empoisonnements organisés à répélition ou en masse des bestiaux, É. “4 qui est, à mon sens,