‹ Enqu sur le serpent de la Martinique [vip fer de lance, bothrops lancetc.]Chapitre 16 sur 93 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

un des fléaux de ce pays, et que j'ai cherché à combattre ailleurs. Il ne doit pas être difficile de vérifier si un animal à succombé à la piqûre du serpent ; dans tous les cas où j’ai eu l'opportunité de faire cette recherche, soit sur l’homme, soit sur les poules ou sur les chiens, il y avait un gonflement considérable, caractéristique, emphysémateux, C'est-à-dire contenant du gaz, gonflement verdâtre et presque noir par suite de l’infiltration d’un sang décomposé dans les tissus cellulaires et musculaires. Je ne connais aucune substance dont l'introduction dans les chairs produise un pareil désordre ; mais ce n’est pas le lieu de nous étendre là-dessus davantage. J'ai vu quelquefois des mulets qui présentaient sous l'abdomen un fort gonflement, et qu’on disait piqués du serpent.

Suivant l'usage, je payais des honoraires au muletier qui pansait ces animaux, ils guérissaient toujours. Je soupconnai quelque supercherie, je supprimai le pourboire et je n’eus plus d'accident. J'ai perdu un cheval piqué à la tête; il eut un gonflement très-considérable et mourut vingt-quatre heures après, asphyxié par la gêne que l’enflure apportait à l'exercice de la respiration; il avait été cependant pansé par mon fameux panseur. Paulet a fait mourir un cheval en le faisant piquer par une vipère.

On peut établir, en thèse générale, que le venin du serpent est mortel pour tous les animaux. M. le docteur Guyon à fait, pour démontrer ce fait, des expériences fort curieuses, nonseulement sur lesmammifères (bœufs, chevaux, chiens), mais encore surlesoiseaux et sur les reptiles. Nous allons faire connaître ces expériences. Suivant M. Guyon, lesaccidents produits chez les animaux ne diffèrent de ceux produits chez l’homme que par des circonstances qui tiennent à des différences d’organisation. « Je me rappelle, dit-il, une vache qui, par suite «de piusieurs morsures, se trouvait tellement ballonnée, « qu’on eût dit qu'un boucher l'avait soufflée. Parmi les phé- « nomènes généraux, l’assoupissement est celui qui frappe le « plus. On observe, comme chez l’homme, des congestions et « des hémorragies pulmonaires. L'animal dont je viens de « parler 7espirait difficilement et rendait par le museau une « écume sañguinolente et parfois du sang pur. » Avec un examen superficiel et un esprit prévenu, n’aurait-on pas pu croire, dans ce cas, à un per ‘ass

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