‹ Enqu sur le serpent de la Martinique [vip fer de lance, bothrops lancetc.]Chapitre 21 sur 93 · acte Tan · texte numérisé non relu

acte Tan

« parties, principalement des doigts ; tout le membre, ainsi « que je l’ai vu plusieurs fois, est disséqué vivant. La colli- « quation succède, et si le malade ne succombe pas aux acç- « cidents de la résorption purulente, ou de la gangrène, il « faut amputer le membre. »

Quand la mort résulte des désordres produits par le phlegmon, elle a lieu de quinze jours à un mois après la piqûre. Chez les malades qui guérissent, il n’est pas rare qu’il reste des trajets fistuleux, Ges nécroses, des ulcères dont la guérison est interminable, ou des cicatrices et des déformations hideuses, ou des gonflements æœdémateux éléphantiasiques. fl est peu d’hôpitaux d'habitations qui n’offrent un ou deux de ces invalides de la piqûre du serpent.

Quelques personnes m'ont parlé de faits qui pourraient faire croire à des gangrènes partielles, spontanées, semblables à celles que l’on dit avoir été observées à la suite de l'introduction dans le corps de certaines substances (du seigle ergoté par exemple). M. Jouques père m’a raconté qu’un jeune nègre africain, nouvellement débarqué, croyant retourner dans son pays, s'était enfoncé dans les bois de la montagne Pelée ; il fut retrouvé quelque temps après avec le: bout d’un doigt de moins, et fit entendre que cela résultait de la piqûre d’un serpent. J'ai vu à l’hôpital de Saint-Pierre un fait semblable. Un nègre se présent: avec l'extrémité d’un doigt noir, desséché ; je n’eus qu’à le toucher pour faire tomber la première phalange. Il nous assura que c'était l’effet d’une piqûre de serpent qui n’avait pas agi au delà. Mais il ne fut pas prouvé qu’une ligature trop serrée n'avait pas contribué à produire cet accident. |

Je trouve dans la lettre d’un anonyme déjà cité cet autre fait : « J'ai connu, il y a plus de quarante ans, un des MM. de « la Motte-Groust, habitant du Gros-Morne; il avait alors « une soixantaine d’années. Depuis son enfance, il s'était ac- « coùutumé à saisir les serpents de la main droite par la queue, « en glissant rapidement la main gauche le long du corps du « reptile ; il s’arrêtait tout près de la tête qu’il comprimait, « sans pourtant abandonner la queue, et finissait, après ce jeu « étrange, par tuer le serpent. Mais voici ce qu’un jour il lui « arriva : sa main gauche ne s'étant pas portée avec assez de « promptitude sur la tête du serpent, celui-ci put la retour-

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