‹ Enqu sur le serpent de la Martinique [vip fer de lance, bothrops lancetc.]Chapitre 42 sur 93 · LA — 219 — F · texte numérisé non relu

LA — 219 — F

scarifications profondes ; il suffit d'éviter le trajet des artères. »

La valeur des scarifications n’est donc pas un précepte incontesté dans le traitement de la piqûre du serpent, et demande à être vérifiée par l’observation.

Des ventouses.

On à vu que l’emploi des ventouses était recommandé dans bon nombre des pansements dits du pays. C’est un moyen emprunté à l’art par le vulgaire, toujours enclin à faire de la médecine, tout en critiquant les médecins. Théoriquement parlant, la ventouse paraît devoir remplir l'indication d’aspirer le venin au dehors. En effet, si la forme dela partie permet l’application d’une ventouse, on conçoit que ce moyen puisse être de quelque utilité ; mais toutes les parties ne permettent pas l'application des ventouses : cela estimpossible aux doigts, aux orteils, aux malléoles, qui sont les plus exposés ordinairement aux piqûres. En outre, je ne crois pas que, quelle que soit la force attractive d’une ventouse, l’on puisse compter sur cette force pour retirer le venin déjà imprégné dans les chairs ; tout au plus en suspendrait-on ainsi l’absorption. Je dis que persister à se confier aux bons effets de cette pratique, c’est peut-être s’abuser.

Et quand je parle ainsi, j'entends parler des ventouses appliquées par l’art, avec la pompe pneumatique ou bien avec des verres dans lesquels un vide réel est produit au moyen de la combustion de l’alcoo! ou de l’éther. Que sera-ce des ventouses appliquées par les nègres? Espèces de petites calebasses creuses dont ils recouvrent une mèche allumée, laquelle est mise sur le point où la ventouse doit être appliquée : le vide

. se fait lentement et très-incomplétement, et la preuve, c’est que les petites calebasses adhèrent à peine aux chairs. Je dis que les ventouses nègres ne sont qu’ une des momeries du pansement des panseurs.

La science aussi s’est occupée d’expérimenter régulièrement l’action des ventouses dans le traitement des plaies ‘envenimées, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé : « C’est que la « ventouse étant restée appliquée une heure et. même plus, « lorsqu'on vient à la retirer, la mort arrive aussi prompte-

Page 1