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« ment que si l’on n’avaitpas fait le vide. » (Voy. Journal des Progrès, tomes 8 et 12.)
Peut-on compter sur un pareil moyen? Je le répète encore, la meilleure ventouse, c’est la succion.
De l’amputation.
Amputer, c’est retrancher une partie du corps pour le salut du reste. On conçoit que pour beaucoup de £as de piqûres un pareil moyen de guérison n’est point proposable; mais si le siége de la piqûre est aux doigts, aux orteils; si l’on considère les accidents du phlegmon qui seront la suite tant de la piaûre que des moyens du traitement, l’ankylose, la destruction des tendons qui peuvent succéder à la guérison, je dis que le retranchement une bonne fois, soit du doigt, soit de l’orteil, tout affreuse que l’idée en paraisse au premier abord, n’est pas tant à repousser ; mais le sacrifice étant extrême, une longue et judicieuse observation pourrait seule en déterminer la nécessité. L’amputation faite préventivement, dans ces premiers moments, pour empêcher les accidents généraux qui résultent de l’absorption du venin, devra être faite bien promptement; car Fontana a constaté que cette absorption avait lieu en moins de quelques minutes et hâtait la mort. Le siége de la piqûre servant à arrêter l’absorption du venin, et par le léveloppement des accidents locaux, à en épuiser l’action, si cette partie vient à être enlevée, le venin se répand, dit-il, plus facilement à l’intérieur.
En résumé, ligature, succion, lotions, frictions. cautérisation par le fer rouge ou par les caustiques avec ou sans incision des piqûres, avec ou sans application préalable des ventouses, amputation même des parties dans certains cas : tels sont les moyens que je conseille pour remplir la première indication dans le traitement de la piqûre du Fer de lance. L
Il y a des personnes qui, par-dessus les plaies scarifiées, ventousées, cautérisées, conseillent de mettre encore un vésicatoire, afin de déterminer là une fluxion centrifuge et de continuer à haler le venin en dehors. M. Guyon agissait ainsi, et nous avons vu dans une autre partie de cette enquête, que M. Duchamp en donne aussi le conseil. On ne peut pas préci-
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ser à quel moment les moyens locaux cessent d’être utiles ; tout ce qu’on peut dire, c’est que plus ils arrivent tard, moins ils ont de chances de succès.
Enfin, quand votre malade aura été bien pansé, mettez-le dans un lit, tenez-le chaudement, sans cependant clore toutes les fenêtres et sans tenir un réchaud de charbon allumé dans l'appartement; faites boire, si vous voulez, quelques verres d’une des infusions en renom dans le quartier, ou bien un verre de vin de Madère; mais n’allez pas jusqu’à l'ivresse. Poussez à la sueur par une tisane légèrement diaphorétique, soit une infusion de feuilles d'oranger, ou de feuilles de corossolier, ou d’ayapana (1).
Si le piqué est un nègre, donnez-lui quelques bonnes paroles, énumérez-lui vos histoires de guérison.
Sunt verba et voces quibus lenire dolorem Possis et magnam morbi deponere partem.
« Il y a des paroles efficaces, des maximes salutaires qui « calment la douleur. »
Si c’est un lettré, ordonnez-lui par-dessus votre pansement une ode d’Horace ou quelques pages de Montaigne.
Quæ Ter pure lecto poterunt recreare libello.
Et à Dieu le reste!