‹ Enqu sur le serpent de la Martinique [vip fer de lance, bothrops lancetc.]Chapitre 48 sur 93 · LÉ . . . LA · texte numérisé non relu

LÉ . . . LA

auxquels je me suis laissé aller, au risque d’impatienter plus d’une fois le lecteur. C’est la faute où tombent tous les auteurs inexpérimentés qui obéissent à leur plume au lieu de la conduire :

Qui ne sut se borner ne sut jamais écrire.

Je dirai cependant que par là j'ai voulu imiter (d’autres pourront dire singer) cet orateur ancien qui se trouvait bien, pour réveiller l’attention de ses auditeurs, d’entremêler ses discours de quelque conte de bonne femme; que n'étant pressé ni par le temps, ni par l’espace, ni par la forme de mon sujet, j’ai pu me laisser aller au désoräre d’une conversation indéfinie; qu’écrivant non point pour un journal scientifique, mais pour la gazette ordinaire, j’ai dû en prendre le ton et rechercher les petites nouvelles qui amusent. Je pourrais dire encore bien d’autres choses, car j’avoue que je suis bavard; mais je n’en crains pas le reproche, si j'ai contribué à faire naître dans quelque tête une idée utile, ou à sauver un seul homme piqué du serpent. Quant à ceux qui auront à traiter l’article Fer de lance pour un dictionnaire d'histoire naturelle, pour un traité ex professo, pour un compendium ou une encyclopédie, j'espère qu’ils trouveront dans : les pièces de cette volumineuse enquête ce qu'ils doivent désirer avant tout d’y trouver, un grand respect de la vérité. Et puis, je sais qu’en tout temps et partout il y a des gens fort habiles à tirer quelques parcelles d’or du fumier des Ennius.

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