‹ Enqu sur le serpent de la Martinique [vip fer de lance, bothrops lancetc.]Chapitre 5 sur 93 · PR EE SORT ER · texte numérisé non relu

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ailleurs sur d’autres serpents, particulièrement sur la vipère d'Europe et rapportées ensuite au Fer de lance. Il est difficile au milieu de tout cela de séparer le vrai d'avec le faux ; peu de personnes ont observé l’animal directement pour l’observer. Il n’a été l’objet de quelque étude un peu sérieuse que sous le rapport des effets que produit sa piqûre. Quand il s’agit d’un animal qui fuit les regards de l’homme, qu’il faut aller chercher dans des retraites dangereuses, qui est le symbole de la ruse et de la trahison, contre lequel il faut se tenir sans cesse en garde, qui ne peut être étudié à l’ombre et dans le loisir du cabinet, on conçoit que l'observation est difficile; aussi les naturalistes se plaignent-ils de ce qu’il existe dans l’histoire du Fer de lance bien des lacunes. Lacépède regrettait qu’il ne fût encore que trés-peu connu des naturalistes ; plus récemment, M. A. Duméril dit en parlant de lui : « il est singulier « qu'un serpent malheureusement si commun dans nos An- « tilles, et particulièrement à la Martinique, ait toujours été « aussi rare dans nos salles, tandis que les collections en ren- « ferment de si nombreux échantillons.» L'auteur de ce travail, en parcourant les documents que l’on possède sur le Fer de lance (1), a été amené à penser que si son histoire ne peut être écrite par un seul individu, peut-être en commun cette histoire serait plus possible : c’est-à-dire que si chaque habitant de cette île disait ce qu’il sait du serpent, peut-être parviendrait-on à remplir les vides de la science. C’est pourquoi l’auteur se hasarde à faire un appel à la publicité, afin d’établir une sorte d'enquête, où chacun déposera de ce que l’occasion l'aura mis à même de découvrir relativement aux mœurs et aux habitudes du serpent. Ceci ne sera qu’une sorte d'instruction préparatoire (et fut-il jamais criminel plus souillé de sang et qui mérita plus qu’on instruisît contre lui !); l’auteur n’est qu’un simple collecteur de faits, un de ces

(1) Je ne dois pas surtout oublier deux excellents travaux publiés depuis l’ouvrage de Lacépède : l’un est la thèse inaugurale de notre modeste et savant confrère le docteur Blot, et l’autre la thèse du docteur Guyon, qui partout ulilise sa présence par de belles recherches scientifiques. Ces travaux, dont nous ferons un fréquent usage, portent principalement sur les effets de la piqûre du serpent, (Je n’entrerai point dans de grands détails, dit M. Blot, sur ce qui a rapport à l’histoire naturelle de la vipère Fer de lance,

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commis voyageurs de la science qui recueillent des matériaux pour les offrir aux Buffons et aux Lacépèdes de l’avenir, ces sublimes ouvriers du temple que l’art élève à la nature. Il compte sur la complaisance d’un chacun pour l’aider à remplir sa tâche; il signalera les questions non résolues, douteuses, celles qui sont laissées en blanc; mais il réclame toutes les observations, surtout celles qu’il n’a pu prévoir (car il sait que celles-là ne sont pas d'ordinaire les plus mauvaises), Enfin il remercie d'avance les personnes qui voudront bien lui faire parvenir un renseignement quelconque ; il les remercie en son nom et au nom de tous ceux qui s'occupent de l’histoire naturelle.

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