SYSTÈME OSSEUX
Le squelette du Bothrops LS comme celui de tous les serpents, n’est composé que de vertèbres, surlout si, comme
re anatomistes modernes, on ne veut voir dans crâne qu'un assemblage de ces petits os Este Le nombre des vertèbres comptées par moi sur plusieurs trigonocéphales a toujours Été trouvé égal à Celui des'écailles du ventre, c'est-àdire variant de 212 à 230, suivant lés in-' dividus ; de sorte que ces deux apparéils dé l'animal Sém: blent se correspondre pour un même usage, dans à progression. Là formé des vertèbres du serpént est’ cellé de toute ver" tèbre en général, et se compose de diverses parties oG ° 4° Du Corps de la ‘vertèbre, ramassé, À peu près égal en hauteur et en largeur, qui présente deux faces articulaires : l'une qui s’articulé avéc la Vertèbré antérieure, l'autre avec la vertèbre postérieure (le serpent étant considéré dans 14° position horizontale, qui est sa position näturéile) ; ;— 29 dun trou vertébral de forme parabolique, parallèle 4 l’axe de ‘la colonne et destiné à contenir la moelle épinière, dont la gros seur, Chez un gros trigonocéphale, est à peu près celle du nerf radial chez l'hommé ; — 3° d’une apophyse supérieure qui répond à l'apophyse épineuse de Ja vértèbre humaitie, mais qui est chez lé serpent droite, pérpéndiculaire, large, qua drilatère, comme l'apophyse épineuse des vertèbres lombaires chez l'homme; 4° d’une apophyse inférieure, n'ayant point d’analogie Chez home, et méritant bien plus quel l'a” tre le nom d’épineuse, car elle est véritablement pointue, épi , neuse. La série de ces apophyses inférieures couchées 16’ unes sur les autfes ‘réprésente absolument {à disposition des- apo-" physes épineuses de l’homme; mais elle sont placées en sens inverse de ce qu’elles sont sur nous, c’est-à-dire à la partie antérieure du corps de la vertèbre, et correspondent à la cavité abdominale. De sorte que le corps de la vertèbre du serpeñt se trouve ainsi entre deux rangées d’apôphÿsés Su: périeures et inférieures ; c’est la même ‘disposition que la co= lonne vertébrale de certains poissons :— 5° de deux apophyses transÿerses, gauche et droite, peu développées; -6° de trous intervertébraux s’ouvrant à la base des apophyÿses transversés" et donnant sortie aux nerfs fournis par la moelle épinière. En raison de l’inclinaison des apophyses épineuses chez les serpents, il est évident qu’il doit leur être difficile de faire mouvoir l’échine en dessus et en dessous, et que leur " progression doit s’opérer par des mouŸements latéraux. 3
Toutes les vertèbres du, trone se ressemblent; et.ne warient que par leur grosseur ; ellesn’offrentpointentre elles de mo-, difications qui permettent. de les distinguer comme ; chez l’homme en cervicales, dorsales et lombaires, Celles de la par-. tie, moyenne. de : l’animal sont les plus développées-et pand conséquent sont celles qui présentent plus distinctement les: diverses, parties. quenous , venons, d’énumérer, A mesure » qu’on, approche.de la tête. ou de la queue, le volume de ces. vertèbres s’amoindrit. Les deux premières vertèbres du cou, l’atlas. et l’axis,, ont seules une forme particulière. L'atlas con-: siste. en un simple cercle osseux.plus large dans:sa moitié su-:. périeure, étalé en. selle, avec une nervure: centrale ; arrondi; et rétréci en, anneau.inférieurement; offrant, dans, son-en-., semble. la.forme des bagues appelées bagues chevalières : sansin apophyses supérieure: ni inférieure ; le trou vertébral partagé : en .deux par une cloison osseuse; le premier donne passager à lamoelle-nerveuse, le second à l’apophyse odontoïde de l’axis qui lartraverse pour aller s’articuler aveciune petite cavité::, que présente l’occipital. L’atlas lui-même s'articule en avant: avec: l’occipital par, son pourtour-et en arrière aveo\l’axis également parson pourtour et par l’apophyse odontoïde,;: à laquelle il.offre,, à son-intérieur, une facette artieulaire sur la-. quelle roule celle-ci, L’axis n’est remarquable qu’antérieure-:. ment. par son .apophyse odontoïde, qui se:présente sous la forme d’un saillie arrondie qui traverse le trou inférieur de l’atlas en roulant sur la facette qu’il lui présente, pour aller s’articuler avec l’occipital. En arrière, l’axis a la conformation des autres vertèbres. Cette.articulation de la tête avec la colonne vertébrale n’est point différente de ce qu'elle est chez les autres animaux vertébrés.
Les vertèbres caudales sont. distinctes des.autres en plu-: sieurs points : 1° par leurs apophyses inférieures qui se bifurquent dans toute leur longueur en deux lames, et: 2° par leurs: apophyses transverses qui se prolongent comme si. c’étaient.” des côtes rudimentaires. Cette disposition, visible dans toute la: série de ces vertèbres jusque dans la dernière, . qui .n’excède:.: pas un grain d'orge en volume,-est surtout très-sensible dans les premières, qui sont du côté du tronc. Toutes ces vertèbres : caudales présentent un trou destiné à contenir la moelle épi nière, laquelle se at jusqu’à l'extrémité de la queuer:
# # . Toutes les vertèbres portent deux côtes, depuis le + P
jusqu’à l’origine de la queue.
Les côtes sont rangées le long des vertèbres, disposées paire, une côte gauche, l’autre droite, pour chaque vertèbre. Ge sont des cercles osseux qui se perdent dans les chairs inférieurement, et qui sont enmême nombre que les vertèbres et lesécailles; elles ne sont point partout e la même dimen-
sion, varient suivant la circonférence ( cms du tronc qu'elles doivent embrasser; une de leurs extrém ités s'articule avecle corps de la vertèbre correspondante, l’autre se termine
en un Cartilage qui se prolonge sur les bords « laques abdominales. Elles jouissent d’une grande mobilité, et très-prononcées vers le milieu du tronc de l’animal, elles diminuent à mesure qu'on approche de la tête et de la queue ; elles ne s’articulent point avec le sternum, qui n’existe pas, et servent de points d'attache aux muscles qui font mouvoir les écailles ; servent tout à la fois de leviers pour la progression et de parois pour la grande cavité splanchnique qui renferme les organes internes du serpent.
Je n’ai point soumis les os du serpent à l’analyse chimique; ils m'ont semblé tenir le milieu entre les os des poissons et des mammifères, moins Cartilagineux que les uns, plus soupes, plus brillants que les autres, par conséquent moins calcaires que les os des mammifères, mais durs et solides néanmoins.