DE LA DÉGLUTITION
Le pharynx, quisuccè-ie à la bouche, n’arien de particulier ; il
ést très-dilatable. Le F lance n’a point de voile de palais. La considération des différentes parties que nous venons d’examiner explique les différents temps de la préhensivn des aliments et de leur déglutition parle serpent. Au moyen du venin introduit par les crochets, il arrête sa proie et, peut-être, y introduit déjà un ferment qui en hâtera la décomposition etsuppléera à l’absence du fluide salivaire et de la mastication, car le serpent avale sa proie en bloc, sansla broyer, et sans la réduire préalablement en un bol alimentaire. Les muscles temporaux qui mettent la mâchoire en jeu ne sont pas des masticateurs, mais ils servent plutôt à la déglutition. Ainsi que nous l'avons dit, la proie reconnue par la langue et saisie par les petites dents mandibulaires, est introduite par l'avancement sur elle des mâchoires à l’aide du mouvement alterne dont j'ai parlé. La bouche et le gosier se dilatent à mesure que la proie y pénètre. Les petites dents sus-maxillaires s’y implantent non pour la mâcher, mais pour l'arrêter et s'opposer à tout mouvement de recul au dehors. Pendant tout ce temps, les crochets sont recouchés et cachés dans leur gaîne. Le larynx, placé près de l'orifice buccal et vis-à-vis celui des fosses nasales, n’est paslongtemps bouché et permet à la respiration de se faire, alors même que la proie séjourne dans le gosier, ce qui dure assez longtemps. Les serpents trouvés en cet état offrent un aspect hideux; le dégoût qu’ils inspirent, augmenté par les odeurs méphitiques qu’exhale le cadavre de la proie déjà en putréfaction, a donné lieu à de nombreuses fables que limagination n’a pas laissé d’embellir.