‹ Enqu sur le serpent de la Martinique [vip fer de lance, bothrops lancetc.]Chapitre 83 sur 93 · CANAL INTESTINAL · texte numérisé non relu

CANAL INTESTINAL

L'æsophage, succède à la gueule ; le bothrops lancéolé n’a point, à proprement dire, de pharynx; les limites n’en sont indiquées ni par le voile du palais, ni par le glotte, les orifices des narines et de la trachée étant placés tout à fait en avant; l’æsophage est dans l’axe du corps, à gauche de la trachée, des poumons, du cœur et du foie ; très-long comparativement au reste du canal intestinal (sur un bothrops de 4 pieds et 1/2), il avait 22 pouces dont 8 en arrière du cœur; il paraît plat dans l’état de vacuité, mais s’arrondit lorsqu'il est distendu par

des aliments, finit à l'estomac, qui en est très-distinct sans que le cardia soit indiqué par aucune particularité; sa membrane musculaire est à longues fibres longitudinales, la muqueuse offre des plis longitudinaux et des glandes mucipares.

L’estomac chez le même individu de 4 pieds 1/2 avait 3 pouces 1/2 de long, ce qui est peu relativement à la longueur totale de l’animal et surtout à celle de l’œsophage; il est fusiforme, semblable à l'estomac du chien et des animaux carnassiers; il répond à la réunion du tiers antérieur de l'animal avec ses deux tiers postérieurs ; il commence là où finit le foie et ne lui est point accolé ( afin sans doute de ne pas comprimer cette glande par les grosses proies qu’il est destiné à recevoir); sa membrane musculaire offreun plan très-épais de fibres longitudinales ; la muqueuse des plis très-prononcés et ondulés en tous sens, comme ceux d’une étoffe chiffonnée. Ces plis sont si épais qu’on dirait de petites cloisons. Cette disposition est propre à se prêter à la grande dilatabilité de l’estomac. On peut reconnaître deux portions dans l’estomac : l’une appelée le sac par M. Duvernoy, où se voient les plis que je viens d'indiquer, l’autre la partie pylorique où les plis disparaissent, et qui est au sac ce que le goulot est au corps de l’entonnoir. Ce pylore est un boyau étroit peu susceptible de dilatation, formant un coude avec le reste de l’estomac, long de près d’un pouce, à fibres musculaires très-épaisses, à muqueuse lisse. La portion de l’estomac appelée le sac, est celle où se digère la proie; le pylore ou boyau pylorique forme un obstacle qui arrête cette proie et l'oblige à séjourner dans le sac, où eile subit la dissolution stomacale; ce n’est qu’à mesure que cette dissolution a lieu, que le fluide qui en résulte coule dans le boyau pylorique pour descendre ensuite dans l'intestin.

Les éntestins sont courts proportionnellement à la longueur de l’animal et surtout à celle &e l’œsophage et de l'estomac ; sur l'individu pris pour mesure, ils n'avaient que 38 pouces, le tiers environ de l’animal. Ces intestins sont droits au commencement et à la fin ; ils offrent peu de circonvolutions, ils ne flottent pas dans l'abdomen, ils sont retenus par un mésentère assez court contre la colonne vertébrale. Cette disposition paraîtêtre nécessitée par les mouvements sur le ventre et les désordres qui résulteraient dans cette cavité, sans cette pré-

— 9373 — À caution, mais elle doit gêner les mouvements péristaltiques et contribuer à l’extrême lenteur des fonctions digestives. On peut facilement distinguer les intestins, en gréles et en gros ; quoiqu'’ils ne soient point séparés par un cæcum, les parois des gros intestins sont toujours plus épaisses, leur diamètre plus large. La membrane interne de l'intestin grêle forme de larges feuillets longitudinaux plissés comme des manchettes; le gros intestin offre des plis épais, irréguliers, qui se dirigent vers l’orifice anal. Mais le gros intestin a surtout une disposition remarquable très-bien décrite par M. Duvernoy ; il est divisé en plusieurs poches par des replis de la membrane muqueuse, formant de véritables cloisons qui ne permettent de communication de l’une dans l’autre qu'à travers une ouverture étroite. Cette membrane muqueuse, dans la première poche, a beaucoup de plis ondulés qui lui donnent presque l’aspect velouté ; la deuxième poche plus courte a ses parois intérieures unies ; la troisième a des replis circulaires dans la première moitié et des plis longitudinaux dans la dernière; cette disposition en poches semble un arrangement pour retarder la marche des matières alimentaires ou du moins pour empêcher qu’elle ne soit trop accélérée pat la reptlation, les contractions des parois abdominales et la pression contre le sol.

Je a’ai distingué à la surface de la membrane des intestins aucun appareil glandulaire qui puisse être comparé à celui des glandes de Peyer et de Bruner. C’est cependant par cette surface qu'a lieu l’absorption du chyle, qui est aussi parfaite chez les serpents que chez les animaux supérieurs. Dans tous les individus examinés par moi, l'intestin grêle contenait une matière véritablement chyliforme, tandis que les matières dans le gros intestin étaient jaunâtres et excrémentitielles, moulées sur les poches qui les contenaient et en pelotes distinctes. Je n’y ai jamais trouvé des poils et des plumes, comme M. Duméril a pu le faire à la ménagerie des reptiles ; mais j'ai toujours noté que ces matières étaient sans forte odeur, ce qui nous prive, à la Martinique, d'un moyen de reconnaître le voisinage ou le passage des bothrops lancéolés. J'ai souvent trouvé dans ces intestins de petits vers de un à deux pouces de long, blanchâtres à extrémités très-déliées, très-semblables aux lombrics de l’homme.

” L'extrémité anale du gros intestin porte le nom de cloaque ; c’est une portion élargie de l'intestin où se rendent tout à la fois les canaux des organes génitaux mâles et femelles et les uretères ou conduits excréteurs de l'urine ; le claque étaitde 9 lignes (sur un serpent de 4 pieds et 1/2) et avait deux lignes de large et deux de long; sa membrane muqueuse offre de véritables rugosités. Il s'ouvre au dehors au-dessous de l'origine de la queue par une fente transversale (caractère particulier aux reptiles quiont l'organe mâle bifurqué); chez la femelle, le cloaque sert de vagin et d’utérus et reçoit l’organe double du mâle.

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