‹ Enquête de l'Enseignement mathématique sur la mthode de travail des mathématiciens. PubliéChapitre 2 sur 26 · C-A. Laisant · texte numérisé non relu

C-A. Laisant

Rép. XXVI France . — 4. Je ne mûris une question qu'en y ré'flécbissant en me promenant seul.

5. Après l'agrégation j'ai passé beaucoup de temps à étudier l'Hydrodynamique, sur laquelle je n'ai rien publié. J'ai abandonné cette étude parce que les fluides parfaits m'ont semblé trop loin de la réalite. Depuis j'ai étudié toutes espèces de choses; mais surtout la Géométrie. Lorsqu'il parait un ouvrage semblant contenir des choses intéressantes et nouvelles, je l'achète, de soite que nidu genre d'étude dépend un peu de ce qui se fait ailleurs.

J. Richard.

Rép. XX\ II Hollande . — 4. J'ai toujours éprouvé le besoin de remanier un mémoire ou un livre selon mon goût personnel. Avant de m'attacher à l'étude d une question, je lis par ci par là des chapitres isolés se rattachant à celle-ci.

5. Depuis ma promotion ,1881 je me suis toujours d'abord orienté dans un domaine, puis j'ai cherché à produire du nouveau, ce qui m'a presque toujours léussi. Mais j'ai toujours ressenti la nécessité de changer assez souvent de sujet.

Jean de ^ iues.

Rép. XXX Xorvège . — 4. Tout d'abord je parcours rapidement la matière pour me faire une idée d'ensemble : je létudie ensuite d'une façon plus ou moins complète suivant cpie j'en ai besoin ou non pour mes recheiches peisonnelles.

5. Comme étudiant j'ai déjà publié quelques travaux: mais, les examens terminés j'ai cherché à acquérir une insti'uction aussi étendue cpie possible dans toutes les branches mathématiques.

Stohmkh.

Rép. XXXll Autriche . — 4. Ma coutume a toujours été d'interrompre les études par des recherches personnelles souvent de nature différente ; aussi j'étais rarement fidèle à un sujet unique; il est probable que de ces variations dans les sujets provenaient quelques suggestions ou rafiaichissements de l'esprit, mais je ne me souviens plus des détails. Lerch.

Rép. XX.Xill France . — 4. Four m'assimiler une théorie il me faut confronter plusieurs auteurs. Je rédige les parties les plus difficiles lorsque je les ai comprises et que j'ai refait les calculs.

5. Grand danger de ne i)as lire — au moins il faut parcourir pour voir où l'on en est. De plus en plus grand danger d'écrire trop, à moins d'être Abel ou (ialois. R. d'Adhémar.

Rép. XXXY France). — 4. Je cherchais — et je cherche toujoui-s — à bien saisir des idées directrices et à condenser les résultats.

5. J'ai d'abord cherché à acquérir une connaissance plus approfondie de l'Analyse générale. ...)

Rép. XXXVl Suisse . — 4. J'ai toujours eu beaucoup de plaisir à suivre mon propre chemin et à démontrer d'une manière différente ce que je trouvais chez d'autres.

Je m'efforçais toujours à m'intéresser à l'ensemble d'une branche mathématique avant d'approfondir l'un de ses points particuliers. Je n'ai jamais eu de goût pour la spécialisation étroite bien que j'en reconnaisse l'utilité. Chr. Beyel.

Rép. XXX\ II France). — 5. Si Ton désire faire avancer la science sur une branche particulière, il vaut mieux étudier h fond et bien s'assimiler un très petit noml)re de mémoires, que de vouloir connaître tout ce qui a été publié sur cette branche, ce qui souvent exigerait un temps très long. Quand ces études ont suggéré quelque idée, on peut chercher s'il y a des travaux faits dans le même sens, par des analyses de mémoires, et étudier ceux qui paraissent se rapporler aux études dont le sujet sera de plus en plus restreint. E. Fabhy.

Rép. XXXIX Grèce . — 4. Comme étudiant je n'avais pas un plan déterminé pour mes heures de travail. Quand à la manière de travailler, j'ai trouvé que j'apprenais bien mieux en cherchant à expliquer le sujet à un autre étudiant en mathématiques. Je ne lisais pas très longtemps mais bien par intervalles assez courts.

5. La méthode que je préfère est celle-ci : apprendre d'abord l'indispensable de chaque branche de la science, afin d'en acquérir une idée générale assez nette, mais sans me perdre dans le monde des détails ; commencer ensuite l'étude des questions spéciales. Rien ne stimule l'émulation et le zèle pour le travail que la satisfaction de se voir soi-même capable de trouver de nouvelles vérités. ^- Hatzidakis.

Rép. XLI (Ecosse . — ~^. J'ai fait mes études absolument seul, mon principal objet étant l'Astronomie. J'ai étudié au fur et à mesure ce dont j'avais directement besoin pour comprendre les ouvrages de Tisserand. Hansen. Hill, etc. Lorsque j'essayai d'apprendre des sujets qui ne m'étaient pas nécessaires, je les oubliais facilement. •••)

Rép. XLIl Italiei. — 5. J'ai du d'abord recommencer mes études, puis, à l'occasion, je m'arrêtais à un cas particulier dont j'étudiais d'abord toute la bibliographie, puis je poursuivais mes recherches sans plus m'occuper des autres. Amodeo.

Rép. XLIII (France). — 4 et .0. J'ai lu a fond : 1" à l'Ecole polytechnique, plusieurs traités d'.\nalyse et divers ouvrages;

j'y reiis en quaternions les applications géométriques du cours de Bertrand ; je crois que tout cela était en partie inutile ; 2° après, sur le conseil de M. Jordan, je lus {'Algèbre stipéiieiire de Serret, la Zahlentheorie de Dirichlet-Dedekind. la Kreistheiliing de Bachmann, du Gauss probablement, le Traité des substitutions de M. Jordan et ses travaux sur les substitutions, des choses variées d'une part; d'autre part, à l'Ecole des Ponts et Chaussées, divers articles ou livres se rapportant à mes cours d'Hydraulique et de Résistance des matériaux ; je commençais l'étude de Y Essai sur la théorie des eaux courantes de M. Boussinesq. Je prenais toujours des notes manuscrites assez complètes, quand les livres ne m'appartenaient pas ceci me faisait en même temps faire des calculs pour le cas oii je ne pourrais plus tard avoir à ma disposition une bibliothèque. Ainsi j'ai fait une traduction manuscrite de la Zahlentheorie de Dirichlet-Dedekind, traduction que j'ai failli publier.

Après, j'ai cherché immédiatement à me mettre au courant complètement de la théorie des substitutions, et j'ai préparé ma thèse de doctorat ii Montauban, oii j étais ingénieur des Ponts et Chaussées, pensant que c'était la première chose à faire ; ma thèse me fit mettre au courant de l'Hydrodynamique de KirchofF. J'ai habité ensuite Toulouse, ville de Faculté des Sciences; je pus me mettre au courant de la théorie des nombres. J'avais autrefois, en spéciales, essayé une démonstration de .i^ + //^ y^ "-^ î*^ ^'i suite de lectures de Mémoires de Y Association française pour l' Avancement des Sciences, dont mon père était membre. Mais, ce qui m'y fit revenir, ce fut une question de mon chef de bureau à Montauban sur ^m | yiu -^ -.m (j^jj gg trouve au pied de la statue de Fermât, a Beaumont de Lomagne, près Montauban, où il est né. J'ai lu, par exemple, tout Kummer, la théorie des nombres de Legendre, ce qu'a fait Cauchy. du Liouville, etc., en passant à l'occasion, bien entendu. J'attaquai également les Transforniationsgruppen de Lie et d autres choses. Eniin plus tard, je me suis étendu de côté et d'autres, en particulier dans la théorie des fonctions.

J'ai fait ma licence es sciences mathémathiques en novembre, à ma sortie de l'Flcole polytechnicpie, mon doctorat es sciences six ans après. YA. Maillet.

Rép. XLV France . — 4. 11 m'a toujours été très pénible d'apprendre : je préférais chercher moi-même et trouver à ma manière la solution des questions exposées dans les cours.

5. Je ne suis pas érudit. Je préfère étudier des questions neuves plutôt (jue détendre mon érudition. R. de Montkssls.

Rép. XLVl lEspagne:. — 4. Mes études universitaires une fois terminées, j'écrivis dans un gros volume toutes mes pensées sur l'enchaînement des idées mathématiques, la compaiaison des diverses méthodes d'exposition des auteurs que je connaissais, la

formation des concepts mathématiques au point de vue de la logique et en cherchant la genèse des idées.

5. Au lieu d'approfondir des points particuliers, j'ai cherché à obtenir le moyen d'acquérir de la variété dans les connaissances avec l'idée que leur enchaînement produit souvent la connaissance d'autres vérités. J'ai suivi l'idée de Daleml^ert : A^'aîicez et la foi i'Oiis viendra ; conquérir les hauteurs et après approfondir et vaincre des difficultés. Z. G. de Galdeano.

Rép. XLVIII (Hollande). — 4 et 5. .lai commencé par.des études dans les travaux des autres. Le goût des recherches personnelles s'est développé par létude et j'ai toujours combiné des recherches personnelles avec létude. Cardixaal.

Rép. XLIX (France . — Une fois la période d'examens et concours terminée, je me suis naturellement laissé entraîner vers les cjuestions cjui me plaisaient, en étudiant tout ce qui pouvait s'y rapporter. Cela a toujours été la tradition et la méthode de travail des Xormaliens, et une fois sortis de l'Ecole, entre camarades devejius collègues d'un même lycée, nous continuions à nous « pousser des colles » ; deux ou trois d'entre elles ont été certainement le point de départ de mes travaux personnels sur le sujet spécial de la Géométrie non-euclidienne, travaux souvent laissés décote, souvent repris, mais jamais perdus de vue. P. Baubaiux.

Rép. L (Etats-Unis). — 4. Je m'efforçais de lire avec suite en ayant recours, pour les sujets particuliers, aux meilleures autorités.

5. J'ai cherché à acquérir des connaissances aussi étendues que possible avant de publier ; plus du ne fois cela m'a empêché de publier. Mon enseignement m'a souvent suggéré d'intéressantes idées. E.-W. Davis.

Rép. LVII (Etats-Unis). — 4. J'ai suivi les études des autres plutôt que de ni'engager dans des recherches personnelles, et cela à mon grand reg-ret. Je conseillerais aux étudiants de s'initier de bonne heure aux recherches. Kdw. P. Thompsox.

Rép. LVill Italie). — 4. Quand j'étudie je préfère approfondir pour mon compte la question que je traite et même, lorsque je sais qu'un autre a déjà traité le même sujet ou un sujet analogue, je préfère toujours y arriver par mes seules forces et par une méthode personnelle et comparer ensuite mes résultats sur ceux qu'un autre peut avoir trouvé.

Quand je prends connaissance des travaux d'autrui je ne m'arrête presque jamais aux détails, mais je commence pres([ue toujours par les conclusions que je cherche à retrouver pour mon propre compte d'une autre façon. C'est là une méthode que je recommande à tous mes élèves, mais je m'aperçois qu'ils ne sont pas tous capables de la suivre.

5. — Une fois mes études générales de niatliénuitiques pures achevées études vers lesquelles je me suis senti attiré par la magistrale influence du professeur Guis. Battaglini de l'Université de Xaples je portai tout de suite mon attention sur des sujets particuliers th. de formes algébriques, th. de fonctions abélienncs, etc^ et je cherchai à faire des travaux sur ces questions.

Il me semble que lorsqu'on a étudié pendant plusieurs années des sujets nombreux et variés, on doit éprouver le besoin de s'arrêter, ne serait-ce que pour peu de temps, dans un domaine spécial. Si Ion attend pour produire quelque chose qu'on se soit formé une culture plus étendue, cela revient, la plupait du temps, à poursuivre un but qui séloigne toujours davantage et qui s'agrandit en s éloignant. On reste accablé et le sceptiscisme qui en résulte parfois fait considérer comme inutiles les efforts qui. dans l'enthousiasme des premières années, pouvaient paraître intéressants. J'ai vu presque toujours que les jeunes gens qui ne produisent pas tout de suite en se laissant tromper à la chimère d'une culture très étendue et cette chimère, chose curieuse à dire est quelquefois lelfet de la paresse ne produisent jamais ou produisent très péniblement. Ern. Pascal.

Rép. LXVI Etats-Unis . — ."). J'ai d'abord cherché à obtenir un COU]) d'œil d'ensemble des mathématiques, y compris la Mécanique et la Philosophie. V. Sxyder.

Rép. LX\ m Etats-Unis . — 3. J'ai spécialisé immédiatement

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