‹ Enquête de l'Enseignement mathématique sur la mthode de travail des mathématiciens. PubliéChapitre 21 sur 26 · X.-.l. Hatzidakis · texte numérisé non relu

X.-.l. Hatzidakis

Enfin, un correspotidant a constaté (pie sa préférence avait chano'é avec l'îWe :

Rép. LXX\ Fiance . — Autrefois, le soir, maintenant, après 45 ans, le matin. G. de Lo\(;champ5;.

Plusieurs se lèvent, pour travailler, de très bon matin; d'autres veillent très tard dans la nuit :

ENQUIlTi: SUR I.A METHODE DE TRAVAll. III

licp. ^ 11 Allemagne). — Je \\-a'\ Jdnuiis travaillé le soir. Mes meilleiiis travaux ont été exécutés en été, le matin, dès 4 heures.

Moritz Cantoi?.

Rép. XL\ Il Suisse . — Le travail du matin, de 5 heures à 10 heures, est le plus avantageux. E. Guin.i-:i!.

Réj). LIX (Allemagne^. — Je me réserve chaque semaine deux matinées pour le travail personnel et je me lève à 5 heures, été et hiver. — Le soir je ne puis, en général, pas travailler.

A. TAFKr.MACHEli.

Rep. XI Russie^. — Je j)uis travailler tians toutes les circonstances, mais je travaille le ini(>ux entre 10 heures du soir et 2 heures aj^rès minuit. N. Delauxav.

Rép. XXXIV (France^. ■ — Le travail du matin est une utopie. Le soii'. par entraînement, suitout à partir de 'i heures et environ, juscpie vci-s 1 heure ou 2 heures de la nuit. J. Azaïs.

A phi.sieurs rej)rises, il est noté que le travail di; soir trouble ie sommeil ; malgré cela, il est préléré par ceux apj)ai- (enant au fy|)e vespéral :

Rep. \\ Auli'iclie . — Je travaille plus facilement le soir; mais ca compromet le sommeil. K. Zixdi.ek.

Rép. IX iFi'ance s — Je piéfèrc^ le tiavail du matin moins luiisible à ma santé. Le soir les idées sont très nettes, mais Lexcilalion me prive de sommeil et ma saute salière. ...

Rép. LII France . — Je crois le travail du malin l)eauc(»u|) j)lus fructueux. Celui du soir excite et ti'ouble le sommeil. Mais j'ai toujouis été obligé de les prati(|uer tous les deux pour abouti)-.

Hatox de la Goupm.lière.

Rép. LIV Flats-Lnis . — Je puis mieux travaillei- la nuit, mais après trop de travail noctuine je ne j)uis pas dormir. Lorsque je travaille dans la journée à un certain problème, j'en prends un autre la iniit. J. C.ooi.mxje.

Ces réponses nous monlrenl combien sont Iranchées les difFérences individuelles sous le rapport du tv})e de travail, et Ton voit combien il est naïl" de vouloir impossr de force à un travailleur un régime pour le(|uel il ne se sent pas lait, (^elte disposition à réaliser le type vespéral ou le ly[)e matinal tient sans doute à des raisons biologiques profondes, ;i la constilulion tnêmede notre système nerveux, en d'autres termes à notre forme (Laclivité, à notre personnalité. C'est pour cela (|ue nous sommes facilement portés à dogmatiser

1 1:2 ENQ UÊ TE S { 1( l. A ME TU O DE DE IRA V. 1 1 1.

sur ce |)()iiit : il nous est tlésagréa])le ijuc les ;nilres soient laits (l'une façon difïéi'ente (|ue nous-mêmes, aient (Tanlies habitudes, un autre genre de vie. C'est une coiisé(|ueiice de la loi ]:)iologi(|ue de la conservation et de la lutte pour l'existence, cjue chacun cherche toujours à allirmer son nu)i. à propager les laçons tie se comporter (|ui sont l'expression de sa personnalité. Aussi avons-nous une tendance instinctive à vouloir imposer aux aiiti'es noire manière de jxMiser et tle sentir, non seulement dans les spiières élevées de l'esthétique, de la |>hilosophie, de la politifjue ou de la i-eligion, mais souvent aussi dans le domaiue plus teric^ a Icrre tlu régime du travail. Celui (|ui veille lard dans la luiil ou l'ait grasse matinée a une sorte de sourde anlipalhi(^ (ui de mépris pour celui qui se lève à l'aube; et au nialinal invehMé son collègue le vespéral |)araît un mallicuieux (|ui s'égare. Les types matinal et vespéral coi'respomlenl ils à des tvj)es ethnologiques .' — Une statisti((ue portant sni- ce point u'aul'ait de valeui' c|ue si tous les corres[)ondants avaient ;i peu près le même âge ; cai* on sait (|ue le Ivpe de travail change avec l'âge voir rép. 7.5). N'oici cef)en(lanl. à litre de cui'iosilc le nombre de représentanis de chai un des types renconti'és chez les correspondanis latins duiu' part et chez les correspondants germaniques d aulre pari :

Matin. Soir.

Latins hrancais, Suisses romaiuls, l>elges.

Italiens. Grecs, Espagnols) 17 8

Germains (Allemands, Suisses allem., Au-

tiichiens, Hollandais, Anglais, Améri;'ains) 12 Ki

Question 28.

Le. ^ périodes de vacances., si vous en prenez, sont-elles utilisées par vous a des travail. v inalhéinatiqiies [et dans ijiielle mesure?] on bien consacrées eniièrenient a la distraction ou au repos ?

55 réponses : Deux collègues ayant répondu. iH)n sans quelque mélancolie, (ju'ils n'avaient [)as de vacances, il ne nous en reste que 5.') à considérer. Sur ces 53, 27 oui, 22 non.,

ENOUÊTE SUR LA MÉTHODE DE THAVAll. Il:;

4 réponses mitigées « f|uelqiief'ois non » Bollzniann] ou « il mest arrivé de travailler aussi dans les vacances [rép. XII] », ou «oui dans les vacances tlhiver, non dans celle (Tété» [rép. VI et XXXI]).

Les 27 répondants aflirmalil's comprennent sans doute deux catégories bien distinctes au j)oiiit de vue ])sychologique : ceux qui travaillent pendant leurs vacances à regret, parce cpiils y sont obligés, et ceux qui le (but parce cpTils y trouvent du plaisir.

Voici qui'l(|ucs exemples de la première catégoi'ie :

Héj). III A iitili'Icrre . — Je ne jjuis inallicini'iiscmtMil pas •■(•lia|)per complètement à ioiit lra\ail pciidaiil li's \acaiiccs.

("..-II. BliVAX.

Rép. IX d' rail ce . — Souvent j ai profite des \acances pour travailler; mais je iu^ recommande pas c(da. Il iaiit du repos.

Rép. XXIII l'raiicr. — .l'ai souvent tiavaiUe p<'ndant les vacances. V.w j)riiieipe. le contraire me parai! pridVM'alile.

(].-V . I . \isv\ T.

Et en \oici un (b; la secoiule :

Rep. j,XXI\ Italie. — Les périodes dr's \aeaiices sont [xuii moi les plus fécondes pour les travaux seieni i li(| iies.

Ci. Pii;om)IM.

Parmi les oui il en esl de li-es calégoriipies :

Rép. \ Il Allemagne . — Pendant les vacances je ne me suis jamais reposé (pu' très peu de jours, après lescpiels j ai travaillé d'une façon d'autant plus intense (pie je n'étais pas dérangé par mes leçons. M. Canioi;.

Rép. XX\1 (France!. — bes vacances sont pour moi le moment où. mes occupations professionnelles avant <'ess(''. je puis travailler davantai^e pour moi personnellement. .1. liicn.vitu.

Rép. XblV Italie;. — Il n'y a pas de vacance> pour la science.

( '. . Mahlrtta.

Rép. blll B(dgique . — \acaiices consacrées, autant (pu' le permet la saiit(>, aux recherches mal hemathicpies. M. br.cA i .

Rép. bXXVIl Ktats-Unis . — .le travaille pendant les vacances (•(unme à lordinaire. l'.-R. Moci/rox.

Rép. bXXXIV Suisse . — .lai toujours Iravaille sans distinction de temps ou de li(Mi. (b Oi iI'.am akr.

Ml EXQUÊTE SUR LA M E F II O D E DE TRAVAIL

lyaulres mathématiciens, que nous avons compté avec les anirmatifs, ne consacrent cependant, pendant les vacances, que p(Mi de temps au travail :

\\v\). l.X Suisse . — Pendant les vacances, je ne travaille <jue dans la matinée, l'après-midi étant consacré à la récréation.

A. E>icH.

Rcp. I.XI\ Etats-Unis . — .le travaille une à deux heures par jour pendant les vacances. H.-L. Run/.

Rép. I.XVl (Etats-Unis). — .le ne travaille qu'une partie de la journée tà2 heures) pendant les vacances. V. SxYnKr,.

Rép. LXX Etats-Unis . — Pendant les vacances je tâche de ne. faire que juste assez de travail inaf héniati(pu' pcmr conserver leur s()iq)lesse à mes facidtés. .l.-^^ . ^(>un<;.

S il est des nialhénialicieus (pii regrettent d'être obligés de Iravailler pendant leurs vacances v. plus haut la rép. III) il en est d'autres <|ui regrettent au contraire d'en être empêchés, — même chez les mathématiciens se vérifie le dicton (|ue « nul u est cnnient de son sort » — :

llcp. I FraiH'c . — .le travaillerais volontiers pen<laut les vacances si mes habitudes familiales ne m'en étaient en fait la possibilité, ce que je regrette infiniment. C. Méhay.

Deux j)ersonnes remarquent qu'elles travaillent mieux lorsf[u'elles sont préoccupées :

Rcp. XI liussiei. — Pendant les vacances, j'écris mes ouvraj^cs pi'dagogiques, et pendant le reste du temps, je fais mes recherches. Plus je suis préoccupé, mieux vont mes recherches; c'est étrange, mais c'est un fait bien «-onstaté. N. Dflacnay.

Ré|). XXIX Hollande. — Lorsque je travaille pendant les vacances, je me préparc jxuir mes cours. Le travail j)ersounel me réussit mieux lorscfue je suis très occupé. .1. nr \ iui:s.

\'oici encore (|uelf|ues réponses négatives :

Rép. .XLIX France. — .lamais le moimlre travail intellectuel en vacances où je n'empoi'te aucun livre en fait de géométrie, pas d'autre ligne di-oite que celle qui sert à « amorcer en badinant le goujon trop avide ». P. BAituAinx.

Rép. XLV France . — Pendant au ukh'us deux mois par an, et de suite, je ne fais ////r//// travail intellectuel.

R. Di: MoXTESSUS.

Rép. L\ll Etats-Unisi. — Beaucoup de mes vacances ont été vouées au repos poui' la plus grande part. 1'^. rnoMPsox'.

ENQUETE SUR LA METHOnE DE TEAVAll. 1 l.>

liëp. LX\ III Ktats-Unis . — Mes Nacanccs sont vouées picsciiie entièrement an lepos. L. Conani .

Kép. LXXIl Etats-Unis . — Repos complet on récréation.

D. Kki.i.oc.

lîép. LXW Fiance . — Je n'ai jamais distrait, pour le travail, le temps des vacances ; on ne saurait trop conseiller aux jeunes travailleurs ce repos indispensable à ceux qui ne veulent pas se surmener et tomber avant Theure : ou (|ui ne sont pas. comme qnekiues-uns c{ue j'ai connus et enviés, spécialement doués à tous les points de vue : santé parfaite, force cérébrale inépuisable ! Je crois que, à ce double point de vue, on peut citer comme exemple mon ancien camarade Tisserand. Je nai jamais vu un autre exem]»lr dune pareille puissance du travail. Il est vrai que. malheureusement poni- la science et pour tous ceux qui l'ont connu, tisserand est mort bien jeune : il n'avait pas ,")() ans.

(î. DE I,on<;(:hami's.

Ib-p. |,XX\III Italie . — Je xoue les vacances au diverlisse- ,«ient. (...)

Piep. lAXIX Norvège . — Repos et distraction.

A. -S. (in.DiiKiu..

Rcp. I.XX.X Xorvèoe . — A la distraction et an i-epos.

.\ll (il i.uuKin;.

Questions 29.

(a) Trcivail (Irboiit oti assis; — (b à Id pUmchc noire ou siii- le i>(tpier ; — c) distraction par les bruits extérieurs; — (d faculté (le poursuivre un problème en promenade, en chemin de fer ; — e influence des excitants ou des calmants: tabac, café, alcool, etc., sur la quantité et la qualité du tidvail.

a. — La qiieslion de I inlluence de la position du coi'ps sur 1 a('livité mentale a un certain intérêt théorique et prati(|ue. i/état de la circulation cérébrale, la pression sanguine, le rythme cardiaque varient suivant la posilion verticale ou horizontale. Divers penseurs ont constaté (|ue l'une de ces jiosilions leur était plus l'avorable ((ue l'autre, et c'est en orénéral la posilion couchée ou demi-couchée (|ui est dans ce cas.

In psychologue américain, E. .lones. a soumis récemment

11(, ENQUÊTE SUR LA MET HO DE DE TUAVAll.

cette question à rexpérinienlation ^ H a constaté (|iie, suivant l'activité mentale en jeu (discrimination, mémorisation, acUlition. travail nuisculaire la position horizontale était préférable ou au contraii-e moins avantageuse. Le travail de mémorisation et celui d'addition l)énéficient de la j)osition couchée. Le même auteur rapporte de nomhieuses tléclarations de savants, de politiciens, de romanciers, racontant que, pour composeï* leurs (tui\res. ils se couchent sur un di\an: c est étendu à plat ventre sur son [)lancher (|ue lun d'eux a l'habitude de rédiger ses livres, (|u'il dicte ;i un sténographe.

Il n'était doni' pas sans intérêt de questionnei" les mathématiciens sur ce point. Malheureusement, les ré[)onses fournies, peu détaillées et diliicih^s à classer, sont peu insh-uctives :

La plupart ,37j des mathématiciens (|ui ont r(q)ontlu sur le point (i travaillent assis; r^ travaillent debout exclusivement ou alternativement avec la position assise ; ?> seulement (soit le 8 7o mentionnent la position étendue comme favorisant la réflexion. Pour beaucou[), la |)ositioii assise est celle cjui est prélérée |)Our le travail écrit, tandis (|ue la marche favorise le travail mental et Tinspii-alion.

Rtq). Il l-'rance . — .le travaille facilement debout ou assis : Je réllécliis bien couché. Une marche en teirain plat, par temps frais, et à allure soutenue, fait en oénéral allluei les réflexions flans mon esprit. Il en est de même d un loii^ temps de trot, avec un bon cheval, sûr et bien dressé. A. Aideiusa-M).

Kép. m An*ileten'e . — .le remue ordinairemtuit de nouvelles idées lors([Me je me promène, rarement en étant assis devant inu^ table. ('..-II.Bryan.

llép. XLI\ Italie . — Les meilleures idées nie viennent lois(pnje suis couché ou lors(pn' je me promène, parlant à voix basse et faisant des gestes; jamais hu'S(|ue je suis assis, .le cultive la t;<'omètrie pure: j'écris donc très peu. (i. Maiu.et ia.

Rép. XL\ Il Suisse . — .latlis debout, niainlenant assis. Mon maître Schlalli, de Berne, n a jamais travaillé que debout.

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