‹ Enquête statistique et bactériologique sur l'évolution des maladies typhoïdiques dans le ...e corps d'armée en 1914-1916: Leurs relations avec les vaccinations antityphoïdiques et antiparatyphoïdiquesChapitre 4 sur 16 · DEAN · texte numérisé non relu

DEAN

difficiles, se heurtant à des obstacles de tout genre sur lesquels nous aurons à revenir au chapitre suivant, la vaccination antityphoïdique à cependant donné, comme nous le disions plus haut, de tels résultats, que non seulement on peut, mais encore on doit lui reconnaître la plus grande part de mérites dans le maintien de la santé des armées. Nous verrons de combien le chiffre des évacués par fièvre typhoïde où embarras gastrique fébrile, qui ne sont souvent que deux étapes d’une même infection, a baissé progressivement à la suite des vaccinations antityphoïdiques, et cette simple constatation de différence de chiffres, apparaît comme une démonstration suffisante de cette mesure prophylactique.

Mais, ne nous bornant pas à cette constatation de statistique, nous avons pu, grâce aux renseignements du Laboratoire de bactériologie du Corps d'armée, annexé à la Section d'hygiène et de prophylaxie du Groupe de Brancardiers de Corps, pénétrer davantage notre sujet. Ce précieux appoint fourni à notre travail, nous permettra d'en tirer de nouvelles conclusions, mais, pour l'instant, nous voulons de suite profiter de cette occasion pour assurer de notre reconnaissance le D’ Chevrel, qui, chef de ce laboratoire, a bien voulu témoigner tant d'intérêt à nos recherches et nous apporter lui-même les résultats de ses examens bactériologiques. Les hémocultures pratiquées à ce laboratoire de campagne vont nous permettre de juger avec exactitude de l’action intime de la vaccination dans l'organisme et d’en apprécier les effets plus scientfiquement que nous n’eussions pu le faire d’après une

SET statistique globale dont nous ne dissimulerons pas les lacunes. Aussi verrons-nous le bacille typhique se raréfier et disparaître chez les fébricitants antérieurement vaccinés. Nous suivrons pas à pas son recul parallèle aux progrès de la vaccination et nous constaterons que les fièvres continues, signalées depuis parmi des effectifs totalement vaccinés, ne sont plus des fièvres typhoïdes, mais des maladies causées par des agents tout différents : les fièvres paratyphoïdes. Et plus, nous apprendrons que ces fièvres paratyphoïdiques d'apparence, au moins clinique, si voisines de la fièvre éberthienne, sont, en réalité, de toutes autres maladies, apparemment non influencées par la vaccination antityphoïdique.

Nous voudrions ne pas nous limiter au développement de ces différents points d’une expérience aussi considérable que la vaccination antityphoïdique pratiquée sur plusieurs millions d'hommes. Que de considérations sommes-nous obligé de ne pas aborder : quelle a pu être l’influence de la vaccination sur l’étiologie souvent obscure des infections typho-paratyphoïdiques? Quelle a pu être l’action des vaccinations incomplètes sur l’évolution ultérieure de ces infections? A-t-on pu déceler des modifications dans la nature des complications observées ou des altérations anatomiques? Nos fonctions de médecin de corps de troupe nous tenant éloigné des centres hospitaliers, nous ne pouvons contribuer à ces différentes questions auxquelles sans doute de nombreux mémoires apporteront les observations des cliniciens, des bactériologistes et des anatomo-pathoiogistes. Pour la même raison,

tn —

privé de tout document bibliographique, nous excuserons-nous de ne pas faire état des travaux antérieurement publiés sur le sujet que nous abordons. Nous souhaitons seulement, étant donné les circonstances, apporter des observations et des chiffres, qui, exacts el sincères, pourront peut-être servir ultérieurement.

Nous envisagerons successivement dans les deux chapitres qui suivent :

1° L'évolution comparée de la vaccination antityphoïdique dans le Corps d'armée de décembre 1914 à mars 1916;

2° D'après les statistiques du Laboratoire de bacté- .riologie du Corps d’armée, l’influence de la vaccination antityphoïdique sur la nature exacte de la septicémie chez les malades atteints de fièvre continue.

UT

Page 1