MAITRE DE FORGES
M. Schneider est fils de l'ancien président du Corps législatif. Député, conseiller général et maire du Creuzot, c'est le seigneur de la contrée, dans toute l'acception du mot. Dans le pays, que je viens de visiter, on ne prononce son nom qu'avec déférence, admiration ou envie; il passe, d'ailleurs, pour être très populaire parmi ses 16,000 ouvriers. Je tenais à le voir, parce qu'il est de notoriété que, sous sa direction, l'accord du capital et du travail s'expérimente dans des conditions passablement satisfaisantes.
Pendant que je visitais le Creuzot, M. Schneider était en villégiature dans un château voisin; il avait défendu qu'on le dérangeât sous aucun prétexte, gourmand de quelques jours d'absolu repps; aussitôt de retour, il voulut bien me recevoir, et, très aimablement, se laisser questionner.
C'est un homme de haute taille, au cou court et sanguin, blond, grisonnant, à la tête énergique et brutale, la moustache tombante poivre et sel, les yeux bleus, le teint rouge; beaucoup d'en-