UN OUVRIER
C'est dimanche, les rues du Creuzot sont inondées de soleil, ^t pourtant Tatmosphère n'en est pas égayée ; on dirait qu'avec les rayons tombe du ciel une pluie dense et continue de poussière et de fumée ; l'air est irrespirable, une odeur de soufre vous gratte la gorge, une fumée aveuglante et puante emplit les rues. Les façades des maisons sont noires, tout ce qu'on touche est sale; un grand bruit continu de métaux remués emplit la ville, et la pensée est ramenée fatalement vers la nécessité implacable du travail. Pourtant, c'est dimanche.
Je reviens vers le gouffre. Vu sous ce plein soleil, le tableau, toujours monstrueux, n'a plus sa mystérieuse grandeur de l'autre soir ; les cheminées, les tourelles, les hangars couverts de poussière, ont simplement Pair des dépendances d'un bagne triste, triste à mourir ; même les flammes des fours, les ruisseaux de fonte en fusion, les avalanches de coke rouge n'ont plus rien de terrible, ni d'infernal : je pense seulement, encore une fois, que les ouvriers qui restent douze heures par jour dans ce grand trou sale et brûlant sont bien à plaindre. Et il fait si chaud à les regarder, que j'essuie machinale-
ment mon front. Je rêve aux souffles frais des grèves, aux mousses froides des solitudes.
Je traverse la grand place, accompagné par les sourds mugissements de la « soufflante » ; au centre de la place une statue de bronze se dresse : un homme en redingote, debout, regarde devant lui le trou formidable; sur ce piédestal une inscription : Le Creuzot, à Eugène Schneider^ i8j8. C'est Teffigie du fondateur des usines du Creuzot, père du directeur actuel. Devant le socle de la statue, en bronze comme elle, un groupe symbolique : une femme du peuple, indique, de son bras levé, « le Bienfaiteur », à un jeune forgeron d'une dizaine d'années. C'est là Tunique monument du Creuzot ; il s'érige mélancoliquement au milieu de l'espace désert; et, sans cesse, comme un encens, la lourde fumée qui sort du trou vient le caresser, et le recouvre lentement d'une crasse épaisse. A sa gauche l'église, et au fond, un grand rideau d'arbres couronnant un long mur, ferment l'horizon. Je me dirige vers ces arbres, je longe pendant vingt-cinq minutes le mur interminable qui enserre un parc immense. C'est la résidence du maître de forges. Derrière ces murs, un château, une ferme, un bois, des pelouses, même des moissons jaunes, qu on voit par des échappées de grilles. Les petites maisons des ouvriers se succèdent, innombrables, écheonnées autour de la vaste enceinte.
C'est dans un de ces logis que je suis attendu. J'ai parlé à beaucoup d'ouvriers, depuis quatre jours, dans les cabarets, et sur le seuil des por-
38 ENQLKTE SIR LA yUESTIOiS SOCIALE
tes, le soir, en flânant; j'ai choisi celui qui m'a paru le plus intelligent, et je lui ai demandé la permission d'aller lui faire visite aujourd'hui. 11 m'attend devant sa maisonnette ; deux enfants, un petit garçon de cinq ans, et une fillette de sept ans, se réfugient derrière ^ui à mon approche. 11 me fait entrer. La femme est assise auprès de la table ronde de bois blanc, où traînent les restes du déjeûner: elle allaite son dernier né, un poupon à la peau couleur de brique; la grande sœur une blonde de quatorze ans, aux grands yeux tristes, aux cheveux rares qui font entre ses omoplates saillantes une misérable et courte tresse, m'avance une chaise en dérangeant deux autres mioches qui se chamaillaient dans un coin.
Je me retourne en riant :
— Est-ce toute la petite famille ?
— Oui ! oui ! me répond mon hôte,- j'en ai six, je crois que c'est assez ! C'est que ça mange ! 11 faut voir ça 1 Si on les écoutait, le pain serait toujours sur la table...
— Baste ! fis-je, ça vous distrait !
— Oui ! je vous assure que je me passerais bien de cette distraction-là...
La femme, en allant et venant dans Tétroite pièce, avec ce déhanchement fatigué des femmes du peuple, berçait son enfant dans ses bras pour l'endormir ; elle était vêtue d'une camisole gri^e trouée aux couder et d'une vieille jupe rapiécée. Les petits se tenaient dans im coin en me regardant avec des yeux curieux et ahuris. Pour rom-
pre la glace, je les envoyai acheter des gâteaux et je demandai au père de me montrer son jardin.
Il consentit et sortit avec moi :
— Oh ! un jardin I fit-il en me montrant du doigt ses dix mètres carrés de terrain, faut voir ça! Vingt carottes, autant de navets et quelques pieds de pommes de terre ! Mon aînée sème ici des pensées et des pois de senteur; ça Tamuse de les voir pousser.
— C'est la Compagnie qui vous donne ça?
— Qui nous le donne... qui nous le donne...
Qui nous le vend, vous voulez dire 1 La maison et le terrain m'ont coûté 3.500 francs.
— Vous aviez donc des économies ?
— Vous riez! Je verse tous les mois quarante francs pour m'acquitter, capital et intérêts, car on paie 50/0 d'intérêts... Ah! c'est dur... Je gagne cent sous, six francs par jour en moyenne, comptez ; on travaille entre vingt-trois et vingtcinq jours, ça fait à peu près i4o francs qui me reviennent ; il reste juste 100 francs à la famille. Si je fume quelques pipes tous les jours et que je prends un verre le dimanche, c'est pas gras ! c'est pas gras!... Oh! je ne me plains pas, je sais bien qu'il y en a de plus malheureux, même ici.
— Ça doit être fatigant, votre métier ?
— Pour sûr. Mais que voulez-vous ? on s'y fait. Le pire, c'est qu'on ne mange pas parce qu'on n'a pas faim, les trois quarts du temps...
— Comment, pas faim, quand on travaille dix ou dduiô heures par jour ?
4o ENQUÊTE SUR LA QUESTION SOCIALE
— Oh ! ça ne fait rien ! A respirer des chaleurs de douze cents degrés devant les fours, toute la journée, ça vous emplit, allez, rien ne vous goûte plus... La patronne, quelquefois, achète de la viande, parce qu'à la longue les pommes de terre ça vous écœure... mais on ne peut pas toujours avoir de la viande !
L'ouvrier disait cela très simplement, sans aigreur, sans l'ombre de reproche dans l'accent. Il portait une longue barbe châtaine mêlée de quelques poils gris ; sa figure jaune, aux os saillants, aux yeux rougis, sans sourcils, avait une naturelle expression de mélancolie et de tristesse. Je lui demandai s'il n'était pas malade.
— Non, pas trop, je n'ai pas d'appétit, voilà tout.
— Si vous tombiez malade, pourtant?
— Ohl faut espérer que non, mon Dieu!
Qu'est-ce que je ferais avec les quarante sous par jour de la Compagnie ?
— Oui, qu'est-ce que vous feriez?
Il ne parlait plus. Je me reprochais de le torturer ainsi ; mais je brûlais de savoir ce qui se passait dans sa tête à cette idée... Il finit par dire avec un inoubliable geste de désespoir et de résignation :
• — ... Je les enverrais au pain...
— Mendier?
Un long silence suivit ces mots. L'ouvrier avait les regards perdus dans le vague, ses jeux paraissaient se mouiller un peu. Je devi-
AU CREUZOT. UN OUVRIER 4l
nai qu'il se sentait malade et qu'il avait peur... Je continuai:
— Vous devriez être tranquille puisqu'il y a une caisse de retraite au Creuzot ?
— Oui, je le sais bien! ma retraite de 20 francs par mois quand j'aurai soixante ans... Bien sûr que ça me servira, si je vis jusque-là... Mais le plus pressé, c'est aujourd'hui! Ah! c'te maudite maison quil faut payer tous les mois!
C'est ça qui vous tue, ces quarante francs... Quelquefois, ils nous seraient si utiles, si utiles! Mais il n'y a pas à dire, si on ne paie pas, la Compagnie vous vend ; il vaut encore mieux se serrer le ventre !
— On aime bien le patron, ici ?
— Penh ! On ne l'aime ni on le déteste ; il n'est pas plus mauvais que les autres.
— N'est-il pas député, conseiller général et maire ?
Il hésita un instant, balbutia et finit par répondre, plus bas, comme s'il avait peur d'être entendu :
— Oui, on vote pour lui, on le connaît, on connaissait son'père ; pourtant il n'en manque pas, des ouvriers qui voudraient bien ne pas faire comme les autres. Mais ils n'osent pas ! Le jour des élections la frousse les prend qu'on reconnaisse, devant .l'urne, que le papier des bulletins de vote n'est pas de la couleur qu'il faut... oui, ils ont peur qu'on les fiche à la porte...
Mon interlocuteur s'était un peu échauffé quand
on avait commencé à parler politique ; j'en profitai pour lui dire :
— Voyons, vous qui êtes si malheureux, vous n'auriez pas envie de voir changer tout ça ?
— Ah ! ah 1 répondit-il en s'animant davantage si on pouvait ! Il y en aurait des choses à faire !
— Quoi, par exemple ?
— Ah ! oui ! il y en aurait ! il y en aurait ! répétait-il en grattant la terre du bout de son sabot. Si seulement on avait de quoi vivre !
si les mioches pouvaient manger tout leur saoul! si on n'était pas si fatigué 1
— La journée de huit heures ?
— Pourquoi faire, si on doit diminuer nos salaires ? Nous ne sommes déjà pas trop riches, mon Dieu ! Non, ce qu'il faudrait, c'est, peutêtre, que les patrons ne gagnent pas tant et en laissent un peu plus aux ouvriers; ce qu'il faudrait, ce serait d'être sûr que quand on sera vieux on aura vraiment pour de bon de quoi manger, au moins ; surtout, ce qu'il faudrait, voyez-vous, c'est que si on meurt, les femmes et les mioches ne crèvent pas de faim... Qu'estce que vous voulez ? la retraite, c'est joli, mais il n'y en a pas tant, allez, qui arrivent à soixante ans, avec des métiers pareils !
— On n'a pas envie de se révolter un peu, de faire des grèves ?
L'ouvrier haussa les épaules, sa bouche se plissa railleusement :
— Ici ? Jamais de la vie ! On n'y pense seule ment pas ! Ce qu'on veut, c'est conserver son
ouvrage, et gagner sa journée le plus longtemps possible... C'est plein de mouchards d'abord, et gare au premier qui aurait l'air de faire le ma- In ! Dans le temps, il y a eu des réunions socialistes ici... tous les ouvriers qui y sont allés ont été balayés, tous ! Pas ensemble, mais un à un, pour une raison ou pour une autre. A présent on se méfie. Et puis, on n'y pense pas, voyezvous, à faire les méchants, ça n'avance jamais à rien, on n'est pas les plus forts, et puis, et puis... conclut-il avec un immense accent de découragement et de lassitude... on est trop fatigué !.
J'ai pensé que dans cette série de « Capitalistes et Prolétaires », il serait peut-être intéressant de mettre l'avis de M. Eugène Péreire, fils du fameux financier saint-simonien. A la tête lui-même d'institutions financières très puissantes, président de la Compagnie transatlantique, actionnaire d'une foule d'exploitations industrielles, M. Eugène Péreire, nourri en même temps de la moelle saint-simonienne, devait donner, dans ce concert, une note personnelle bien à part.
Voici le résumé de ses opinions :
Je demandai au président de la Compagnie transatlantique de m'expliquer comment se légitime, à leurs propres yeux, la puissance énorme que donnent leurs capitaux à certains individus privilégiés de la société actuelle ?
— D'abord, me répond-il, on exagère toujours la fortune des financiers. On dit facilement qu'ils ont quarante ou cinquante millions de fortune, quand c'est le tiers ou peut-être le quart qu'on devrait dire pour être dans la proportion vraie... Et puis, cette puissance, si puissance il y a, ne se légitime-t-elle pas d'elle-même, par son utiité ? Les gros capitaux individuels ont une utilité
sociale indiscutable, mais ils ne sont rien en présence des capitaux de la masse... La réussite des emprunts d'État le prouve surabondamment. Il est évident que les yros capitalistes entraînent la foule des petits pour l'exécution des grands travaux d'utilité publique, la création des chemins de fer, les colonies nouvelles et l'exploitation des grandes découvertes. Tout cela demande de l'initiative, fait courir des risques, exige une centralisation d'efforts que l'on ne peut réaliser qu'avec les grands capitaux. Quel est le particulier, par exemple, qui aurait osé aventurer près de huit millions pour construire la Touraine^ le plus beau paquebot de France, qui a coûté, à lui seul, plus que le chemin de fer de Paris à Saint-Germain?
J'objectai :
— La nécessité des gros capitaux n'est pas discutable; ce que les socialistes attaquent et qu'il serait intéressant de voir défendu par vous, c'est le fait que les capitalistes, en tant (\\x^ individus^ peuvent user pour leurs plaisirs et leur superflu d'une si grosse part du capital social.
— Il n'y a rien de parfait dans ce monde, dit M. Péreire, et je crois que, comparée à la masse des capitaux disponibles, la portion mal employée ou gaspillée par certains individus est infiniment petite et constitue une quantité absolument négligeable. Il n'y a donc pas lieu, suivant moi, de limiter la liberté qu'a chacun de disposer comme il le veut de son bien, sous le prétexte que quelques rares exceptions pourraient abuser de cette
liberté. Il faut laisser au temps le soin de régulariser et d'améliorer cette situation...
— Pensez-vous, dis-je à M. Péreire, que le collectivisme bourgeois a atteint tout son développement, qu'il doive grandir encore, ou qu'il songe à se restreindre?
— Je pense, au contraire, que le principe de l'association au profit de tous commence à peine à être compris et que plus nous irons plus Tassociation sous toutes ses formes sera appelée à se développer, Rien n'est impossible à l'association... et c'est là qu'est le salut.
— Mais croyez-vous qu'il est possible à l'association ouvrière de lutter contre le collectivisme patronal en l'état actuel des choses ? Tous les capitaux ne sont-ils pas entre les mains de la classe bourgeoise ?
— C'est une erreur profonde ! s'exclama M. Péreire. Il n'y a donc pas de Caisses d'épargnes, de Sociétés de secours mutuels, de Sociétés coopératives, d'entreprises sérieuses où l'épargne ouvrière vient déjà s'accumuler ? Ce sont ces institutions qu'il s'agirait de protéger et de développer pour lutter contre ce que vous appelez le colhctivisme patronal. Qui empêcherait, par exemple, qu'à l'instar du Bon Marché ou du Printemps^ un autre magasin du même genre soit fondé par dix mille petits commerçants qui auraient rassemblé leurs capitaux, et pourquoi ne prospèrerait-il pas comme les autres ?
— Vous pensez donc qu'il vaut mieux être chef de rayon au Bon Marché que petit com-
merçant à son compte ? Envisagez-vous le point de vue de lindépendance et de la dignité humaine ?
M. Péreire riposta vivement :
— Je crois qu'il vaut mieux gagner presque sûrement 20,000 francs en qualité de chef de rayon au Bon Marché^ n'avoir aucune responsabilité, ne courir aucun risque, que d'être un petit commerçant, assurément indépendant et honorable, mais ayant la plus grande peine à équilibrer ses recettes et ses dépenses, et toujours exposé à tous les risques commerciaux les plus imprévus.
— Et ceux qui n'ont rien à mettre en participation, rien que leurs bras ?
— Pour ceux-là, je voudrais un salaire fixe et une participation dans les bénéfices de leurs patrons dans une proportion mesurée à l'importance de leur coopération. En un mot, il serait désirable de voir se développer le principe excellent de la participation avec le concours puissant des chefs d'industries, des maisons de commerce et même des administrations de l'Etat. Il serait enfin très intéressant de donner une large extension aux économats créés depuis longtemps par les Compagnies de chemins de fer et les grandes entreprises en faveur de leurs employés et ouvriers. En se procurant dans ces économats, au prix coûtant, tout ce qui est nécessaire à l'existence, la masse des travailleurs réaliserait pratiquement le problème essentiel de la vie à Pion marché. Ce serait, il est vrai, la
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suppression d'une quantité d'intermédiaires, mais qui disparaîtraient dans l'intérêt du plus grand nombre.
— Mais la participation aux bénéfices reste jusqu'ici le fait de quelques bonnes volontés particulières. Seriez-vous pour l'intervention de l'Etat en pareille matière ?
M. Péreire hésita une seconde, puis il répondit, sur un ton décidé ;
— Ce serait difficile à réglementer,/ certes, mais ce ne serait pas impossible.
— Voilà du socialisme d'Etat ou il n'y en a pas ! dis-je un peu surpris.
— Oh ! je crois l'intervention de l'Etat nécessaire dans certaines questions sociales. L'État seul a la main assez puissante pour pousser aux réformes. L'État a déjà réglementé les Sociétés de secours mutuels, il les a encouragées, subventionnées. Pourquoi ne patronnerait-il pas aussi les Sociétés coopératives de production et de consommation ? Pourquoi n'amènerait-il pas les patrons à établir dans leurs entreprises des économats et la participation dans les bénéfices en faveur de leurs employés et ouvriers ? En procurant à leurs collaborateurs la vie à bon marché et en les intéressant à leurs bénéfices, les patrons y gagneraient encore, car ils stimuleraient leur zèle dans une proportion considérable. En résumé, pour atténuer la crise sociale actuelle, l'État devrait favoriser de plus en plus le développement des caisses d'épargnes, des caisses de retraites, des Sociétés de secours mu-
tuels, des Sociétés coopératives, et réglementer la participation des employés et ouvriers aux bénéfices des patrons. Mais ce n'est pas tout ! Il y a encore la question de la retraite pour tous dont il serait temps enfin de s'occuper. Il suffirait d'imposer annuellement chaque Français de I fr.50 à 2 fr., pour assurer à tout citoyen âgé de 60 ans une retraite viagère de 865 fr.par an. C'est une question qui mériterait d'être approfondie et qui fournirait un bon moyen pour lutter contre le paupérisme.
— En attendant que ces réformes se trouvent réalisées, dis-je à M. Péreire, et que les bonnes volontés consentent, la crise, paraît-il, bat son plein. Les machines se perfectionnant tous les jours, un ouvrier fait l'ouvrage de trois, que voulez-vous que devienne cette armée de gens privés de travail et de ressources ?
M. Péreire déclara :
— Ils suivront l'exemple des Anglais et des Suisses : ils iront en Amérique ou en Afrique. Quand il n'y a pas d'ouvrage dans une région, les ouvriers ne vont-ils pas en chercher dans une autre? La terre est assez grande et l'Europe peut déverser son trop plein de force et de bras sur les pays neufs qui en manquent !... C'est bien simple !