‹ Enquête sur le serpentChapitre 10 sur 13 · DES VENTOUSES · texte numérisé non relu

DES VENTOUSES

On a vu que l’tmploi des ventouses était recommandé dans un bon nombre des

(2 ) J ’aime à citer textuellement ; j’ai plaisir à pouvoir répondre avec des paroles qui ne sont pas de moi au reproche de critique continuelle qu’on me pourrait faire. C’est un appui que je cherche, j’ai besoin de l’approbation des autres. Outre qu’il est difficile de vouloir refondre une pensée et de la représenter avec d’autres termes que ceux de l’auteur, puisqu'il n’y a qu’un seul mot propre, et qu’à la rigueur on peut dire qu’il n’yapointde synonymie. C’est pourquoi cette petite opération de citer les auteurs est très liazardeuse et expose tous les jours à des réclamations. Que d’auteurs se plaignent de n’avoir pas été compris !

pansemens dits du pays. C’est un moyen emprunté à l’art par le vulgaire, toujours enclin h faire de la médecine, tout en critiquant les médecins. Théoriquement parlant, la ventouse paraît devoir remplir l’indication d’aspirer le venin au dehors. En effet, si la forme de la partie permet l’application d’une ventouse, on conçoit que ce moyen puisse être de quelque utilité : mais toutes les parties ne permettent pas l’application des ventouses : cela est impossible aux doigts, aux orteils,-aux malléoles, qui sont les parties les plus exposées ordinairement aux piqûres. En outre je ne crois pas, quelle que soit la force attractive d’une ventouse, qu’em puisse compter sur cette force pour retirer le venin déjà imprégné dans les chairs ; tout au plus suspendrait-on ainsi l’absorption. Je dis que persister à se confier aux bons effets de cette pratique, c’est peut-être s’abuser.

Et quand je parle ainsi, j’entends parler des ventouses appliquées par l’art, avec la pompe pneumatique ou bien avec des verres dans lesquels un vide réel est produit au moyen de la combustion de l’alcool ou de l’éther. Que sera-ce des ventouses appliquées par les nègres ? espèces de petites calebasses creuses dont ils recouvrent une mèche allumée, laquelle est mise sur le point où la ventouse doit être appliquée ; le vide se fait lentement et très incomplètement, et la preuve, c’est que les petites calebasses adhèren t à peine aux chairs. Je dis que les ventouses-nègres ne sont qu’une des momeries du pansement des panseurs.

La science aussi s’est occupée d’expérimenter régulièrement l’action des ventouses dans le traitement des plaies envenimées, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé : ci C’est que la ventouse étant restée appliquée une heure et même « plus, lorsqu’on vient à la retirer la mort arrive aussi promptement que si on « n’ayait pas fait le vide. (Voyez Journal des progrès, tomes 8 et 12.)

Peut-on compter sur un pareil moyen ? Je le répète encore: la meilleure ventouse, c’est la succion.

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