‹ Enquête sur le serpentChapitre 9 sur 13 · DE LA SUCCION · texte numérisé non relu

DE LA SUCCION

La ligature mise, on sucera ou l’on fera sucer les piqûres. fVoir ce qui a été dit de la succion, pages 96.) Par précaution, la personne qui se livrera à la succion devra, à différentes reprises, se rincer la bouche avec un peu de tafia.

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À défaut des moyen.'» préeédl;ns; on so servirait dés acides sulfurique, nitrique,, hydrochlorique. Mais l r abbé Fontana regarde ecs acides comme moins efficaces que la pierre à cautère.

J’ai lu que dans quelques parties de l’Amérique on se contentait d’appliquer sur la piqûre du boiquira du souffre en poudre ou de l’alun pilé.

Ici, il y a des personnes qui font usage de l’arsenic : je citerai entr’autres M. Dérivery, du François; il m’a dit qu’en mettant une pincée d’arsenic sur les piqûres, il en avait guéri beaucoup sans accrdens. Mais l’arsenic est une substance difficile à manier, son absorption à l’intérieur est toujours à craindre, et comme c’est l’instrument favori du crime,, on ne saurait trop en restreindre l’usage et l’éloigner des mains du peuple. Dans plusieurs contrées de l’Europe, il est aujourd’hui sérieusement question de le bannir entièrement du commerce.

Enfin je suis persuadé que le nitrate d’argent (dit si improprement pierre infernale) taillé en crayon et enfoncé dans la plaie suffirait dans un grand nombre de cas, surtout dans les cas de piqûres de petits serpens.

Mais tous les caustiques dont j’ai parlé jusqu’à présent ne sont point des objets usuels, et qu’on peutse procurer à volonté ; il faut les avoir à l’avance, car on peut être pris à l’imprévu. Dans ces cas, plutôt que de nepointcautériser, il vaudrait mieux se servir de l’huile bouillante, de l’eau bouillante, du tafia bouillant qu’on verserait sur les piqûres au moyen d’un entonnoir fortement appuyé et qui en circonscrirait le pourtour, de manière à garantir les parties voisines.

C’est encore dans ces cas qu’on pourrait recourir, faute d’autre, à la cautérisation de M, Mayor, qui est un marteau ordinaire plongé dans l’eau à l’état d’ébullition et appliqué ensuite sur les parties.

Je suis si convaincu de l’efficacité de la cautérisation, que je ne me lasse pas d’énumérer tous les moyens qui peuvent en faciliter l’usage. Dans les expériences faites par moi avec diverses substances et déjà rapportées-çà et là dans cette enquête, je n’ai sauvé que deux fois les animaux et ceux-là avaient été cautérisés. Fontana, qui s’est livré, comme je l’ai déjà dit, à plus de mille expérimentations, s’est arrêté à la pierre à cautere comme au seul moyen efficace. M. Blot exclut tous les autres pour la cautérisation ; M. Guyon qui a guéri tous ses malades, les a tous cautérisés. On peut voir en effet dans ses observations qu’il cautérisait promptement et réellement.

« C’est le seul moyen, dit-il en se résumant, sur lequel on puisse compter x » mais on sent qu’il doit cchouer si on y recourt trop tard : lorsque te venin est » déjà absorbé, le succès dépend de la promptitude de 'son application. » ,

Enfin les médecins sont unanimes: l’analogie vient encore à l’appui de cette opinion. On a obtenu les meilleurs effets de la cautérisation contre la morsure des animaux enragés, contre tontes lès piqûres faites avec des instrumens imprégnés de substances putrides, contre toutes les causes de gangrène.

- Cautérisez donc les piqûres des trigonocephales, cautérisez promptement, et non point pour la forme, par acquit de science et de conscience, pour dire que vous avez fait ce que la médecine- ordonne, et que néanmoins vous n’avez pas guéri, mais cautérisez réellement pour sauver, vous et les vôtres. Que vos économes, vos commandeurs portent sans cesse sur eux, au jardin même, soit le caustique de Vienne, soit tout autre des caustiques indiqués, et que le nègre piqué soit pansé sur le champ de la piqûre, avant d’être porté à l’hôpital. Hélas! si comme moi vous suiviez attentivement les ravages du monstre, tant de mutilés, tant de morts (18 eu cinq mois- dans un seul, quartier! ), vous seriez étonnés de

posé dernièrement de substituer à l’ammoniaque son acétate, dit Esprit de MindererUs, qui est aussi un sudorifique, mais qui peut être porté sans danger jusqu’à la dose de 2 gros à demi-once dans une potion, ce qui en rend l’usage plus maniable.

Mais n’oubliez pas que l’ammoniaque perd promptement son activité, à cause de la rapide volatilisation du gaz ; il faut la tenir bien bouchée, et par précaution la renouveler de temps en temps. Pour agir convenablement, elle doit être à 18". nas SCARIFICATIONS.

J’ai déjà parlé en divers endroits des scarifications ( voyez pages 56 et 72 ) : il n’y a qu’une seule voix sur leur utilité dans Je pansement de la piqûre du serpent ; tout le monde s’accorde à les recommander. Je suis pourtant convaincu que beaucoup de personnes qui se servent de ce mot n’en savent pas au juste la valeur.

La scarification est une légère incision faite avec une lancette ou un bistouri promené légèrement surla surface de la peau et qui en entame à peine l’épaisseur. Or, les personnes qui parlent de scarifications entendent des incisions pratiquées sur les piqûres mêmes pour les élargir. Ces incisions, pour être efficaces, doivent être faites avec hardiesse, elles doivent pénétrer plus profondément qu’il ne faut plu tôt plusque pas assez, afin d’atteindre tout le venin, elles doivent être au moins aussi profondes que la longueur des crocs. Il faut pour cela intéresser la peau, le tissu cellulaire sous-cutanné, souvent dans des régions délicates où les gros troncs artériels et nerveux, les gaines des tendons peuvent être lésés, comme par exemple à la malléole, au poignet, au jarret, à l’aine. Nous autres chirurgiens, lorsqu’il nous faut conduire le fer dans ces parties, nous ne procédons qu’avec la plus grande circonspection ; comment donc des personnes étrangères à l'anatomie peuvent-elles avoir la témérité de porter la main sur leurs semblables?

# Mon père, dit M. Blot, qui a exercé longtemps la médecine à la Martinique, « a vu des nègres débrider, inciser sans ménagement sur des artères considé- « râbles, diviser ces,vaisseaux et les malades expirer d’hémorrhagie (1). »

Mais le plus ordinairement les scarifications ne produisent pas l’effet qu’on en attend, parce qu’elles sont faites comme le mot le veut, légèrement; on ne met pas à nu le fond de la piqûre, l’opération est insufiisante. Ce n’est donc pas d’une dispute de mot dont il s’agit ici, le mot mal entendu a produit un grand mal. Delà ces pratiques sauvages, absurdes, signalées déjà, et dont l’ignorance a des conséquences si giavcs, qu’elle est criminelle et motiverait une répression

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