DE LA LIGATURE
Aussitôt qu’on vient à être piqué du serpent, la première chose à faire est d’appliquer une ligature au-dessus de la partie piquée, afin de gêner l’absorption du venin. La meilleure ligature est celle qui se présente la première : elle ne doit être ni trop forte ni trop légère. Il ne faut pas serrer le membre avec une corde ou bien avec une ficelle au point d’arrêter la circulation et de produire une gangrène par strangulation des parties: il ne faut pas non plus pratiquer la ligature avec un brin de pied-poule ou tout autre lien aussi dérisoire, la nature de la ligature ne fait rien à l’affaire. Les meilleures ligatures, quand la forme des parties en permet l’application seraient un mouchoir plié en cravate, ou bien une bretelle en tissu élastique. On peut alors serrer convenablement. Si la piqûre a lieu au tronc ou à la tête, une forte pression avec les deux mains autour de la piqûre peut suffire. «Quel que soit le mode de compression, dit » M. Guyon, il faut en continuer l’emploi durant le pansement, et même quel- » que temps après, sans perdre de vue les inconvéniens qui peuvent en résulter.»