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DE LA COULEUR

déjà moins tranchées et de nuances plus difficiles à saisir.

Les modèles suivants présentaient une série de teintes augmentant graduellement de nombre, et arrivant progressivement à des combinaisons de plus en plus variées et complexes.

L'École impériale de dessin ne s' occupant pas de l'étude de la couleur, j'ai réuni chez moi, pour cette expérience, un certain nombre de jeunes gens de bonne volonté, tous entièrement étrangers à la peinture, et remplaçant, pour la première fois, le crayon par le pinceau.

Ils étudièrent successivement tous les modèles, comme ils avaient fait précédemment pour le dessin de mémoire ; les uns se contentant de l'observation attentive, d'autres recourant à la copie plus ou moins répétée, tous sont parvenus à apprendre par cœur et à réciter ^ pour ainsi dire, au pinceau, avec une fidélité scrupuleuse, ces images colorées, sans formes qui puissent aider le souvenir, et présentant des nuances aussi délicates que compliquées.

J'ai pu vérifier dans le cours de ces exercices que les dispositions naturelles à se souvenir des

formes ou des couleurs constituent deux organi sations parfaitement distinctes.

J'ai trouvé bien peu de sujets qui réunissent au même degré ces deux sortes d'aptitudes, mais j'ai constaté avec évidence que cette gymnastique spéciale peut rétablir l'équilibre entre ces diverses facultés.

Certains défauts naturels qui entraîneraient peut-être un artiste à voir tout en gris, en jaune, etc., ont pu facilement être reconnus, combattus à leur origine, et entièrement corrigés.

L'efficacité de ces exercices pour rectifier et affermir les jugements de l'œil sur la couleur, étant démontrée, ils pourraient servir de préparation à l'étude de la peinture, si l'on voulait introduire dans l'enseignement de cet art un ordre aussi méthodique que celui qui est suivi pour l'étude du dessin.

L'élève qui commence à dessiner débute ordinairement par quelques lignes droites et courbes, puis par des fragments de tête séparés et gradués; rien de semblable n'est pratiqué pour la peinture, que l'on fait commencer, tout d'abord, généralement, par la copie d'une tête. Ne serait-il

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