LES TIT.RES
La loi de 1850 se montrait fort complaisante sur les titres à produire par les aspirants et les aspirantes aux fonctions de l'enseignement primaire.
En 1878, il y avait, dans les écoles publiques, 300 titulaires et 1.800 adjoints ou adjointes laïques, 8.400 litulaires et 1:2.000 adjoints ou adjointes congréganistes qui exerçaient sans brevet de capacité, les titulaires congréganistes sans brevet étant pourvus d'ailleurs d'un certificat de l'évêché, délivré sous le nom de lettre d'obédience.
Le brevet complet qui répondait à peu près au brevet supérieur d'aujourd'hui n'était possédé que par 10.000 instituteurs ou institutrices dont '250 congréganistes, sur un effectif total de 80.000 personnes.
Aujourd'hui, nous n'en sommes plus, Dieu merci, à cette situation misérable.
La loi du 30 octobre 1886 a exigé de tout instituteur, adjoint ou titulaire, la possession du brevet élémentaire, et n'a conféré le titulariat que sur la production dun nouveau titre, le certificat d'aptitude pédagogique.
11 nest plus, sans doute, un seul instituteur, une seule institutrice qui ne soit pourvu au moins du
modeste brevet simple. Je pense que bientôt, si ce n'est déjà fait, la moitié des titulaires en exercice auront en mains le certificat d'aptitude pédagogique. Enfin, plus de 40.000 titulaires et adjoints, des deux sexes, sur un effectif total de 110.000 maîtres, ont subi avec succès les épreuves du brevet supérieur. 11 s'est donc réalisé, depuis vingt-cinq ans, un progrès énorme^ et nous devrions, semble-t-il, nous tenir pour satisfaits.
Mais d'abord, en matière d'éducation, on ne peut jamais se tenir pour satisfait : il y a toujours, quoi qu'on fasse, une trop grande disproportion entre la difficulté de la tâche imposée et les moyens dont on dispose pour l'accomplir. En outre, si depuis vingtcinq ans la valeur du personnel s'est très sensiblement accrue, les besoins de l'école se sont peut-être accrus davantage encore.
Enfin, il est trop évident que nous aurions pu dans le passé et surtout que nous pourrions aujourd'hui obtenir des résultats supérieurs à ceux qui ont été ou qui sont obtenus.