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et vise à une sorte d'existence à part. Si haut et si loin qu'on doive aller, il est bon qu'on s'appuie toujours de quelque fai^'on sur l'école populaire. S'il alTectait de s'en séparer par ses programmes, par le choix des maîtres, par le recrutement des élèves, par le ton général des études, ou par le niveau des examens, il perdrait le meilleur de sa substance, et, à vrai dire, il n'aurait plus de raison d'être. C'est ce que redoutaient de bons esprits à l'origine du mouvement. Il leur semblait à craindre que la vanité des familles, peut-être l'amour-propre des municipalités intervenant, l'enseignement primaire supérieur ne sortît bien vile de ses cadres, jugés trop modestes, et ne devînt tôt ou tard une contrefa(;on malheureuse de l'enseignement secondaire spécial,
« Le bon sens de notre pays a partout démenti ces appréhensions. Laissées à elles-mêmes, ni les familles, ni les communes, n'ont commis la faute de vouloir que l'établisment nouveau fût un collège dégénéré, au lieu d'être une école perfectionnée, et les écoles primaires supérieures qui existent ou qui naissent aujourd'hui se sont organisées de manière à former le large couronnement d'une éducation première menée à bien et non pas le commencement stérile d'un autre cycle d'études qui n'aboutiraient pas. C'est à l'enseignement primaire qu'elles demandent une élite de maîtres et une élite d'élèves, comme c'est aux méthodes primaires qu'elles empruntent l'esprit de leurs programmes, qui est d'affermir le savoir plus encore que de l'étendre, de l'approfondir et non de le disperser et de donner à l'esprit une trempe forte plutôt qu'un brillant vernis.
« Mais en même temps, et par une marche des choses non moins spontanée, les écoles primaires supérieures tendent à revêtir, à des degrés divers, le caractère d'écoles professionnelles.
« Les élèves de l'école primaire supérieure sont quelque chose de plus que les écoliers ; ce seraient des apprentis déjà dispersés dans les ateliers, si l'école, pour les retenir,
ne se transformait elle-même, dans une certaine mesure, en atelier.
« De là vient que, de toutes nos écoles primaires supérieures, aucune n'a pu s'enfermer exclusivement dans les études proprement dites : elles ont dû s'associer aux légitimes préoccupations des familles et répartir leur temps, ce temps pris sur la durée ordinaire de l'apprentissage, de telle sorte que lenfant, bien loin d'être ou retardé ou désorienté au sortir de l'école, se trouve en état d'entrer de plain-pied dans la carrière du travail avec des ressources et des facilités nouvelles.
« De là aussi l'impossibilité de les réduire toutes à un type unique : elles doivent pour trouver le succès s'adapter, dans toute la partie professionnelle, aux circonstances et aux nécessités locales : elles sont tenues d'acheminer leurs élèves non pas théoriquement vers toutes les professions, mais positivement vers celles auxquelles les prédestine le milieu natal. C'est à ce prix que nos écoles primaires supérieures conserveront et verront croître de jour en jour la juste popularité qui les entoure.
« Naguère, sans préparation dans la première enfance, sans caractère obligatoire dans la période scolaire, sans suite et sans consécration au lendemain de la sortie de l'école, l'enseignement primaire ne menait à rien, il mène à tout aujourd'hui par deux larges issues : par le nouvel enseignement complémentaire, par la nouvelle ordonnance de ses programmes et le bienfait incessamment accru des bourses de l'Etat.
0 Pour achever lorganisation de l'enseignement primaire supérieur en lui laissant toute sa liberté d'allures, un seul point reste à régler, et c'est l'objet du décret que j'ai l'honneur. Monsieur le Président, de souquettre à votre signature. Toute commune peut aujourd'hui créer, sans autre formalité ([uc le double vote du conseil municipal et du conseil départemental de l'instruction publique, une école primaire supé-