‹ Enseignement et démocratieChapitre 42 sur 107 · I. ENSEir.NKMF.NT ritniAlHE SlPKRIFA'n · texte numérisé non relu

I. ENSEir.NKMF.NT ritniAlHE SlPKRIFA'n

de cette diversité au point de vue du régime des fleuves, de leur navigabilité et de leur importance économique, etc., etc.. et en retranchant tous les faits qui ne sont pas de nature à faire comprendre, à justifier les mouvements sociau.x, le progrès de la civilisation, etc.. »

11 faudrait qu'il y eût plus de concordance entre les programmes d'histoire et de géographie, afin (ju ils pussent se prêter un appui réciproque.

La répartition suivante nous semble préférable à celle qui existe :

A. Géographie de la France.

B. Géographie de l'Europe.

G. Géographie de l'Afrique, de l'Amérique, et de rOcéanie.

l*"" année. — A. France contemporaine.

2- année. — B. Europe contemporaine (avec un résumé historique sur chaque Etal).

3"-' année. — G. — Les Européens dans le Monde. Jlistoire de la colonisation européenne, les colonies actuelles, les colonies émancipées, les Etats indépendants.)

On est en droit de regretter aussi que toute une partie de l'histoire de l'humanité soit fermée à nos élèves qui ignoreront tout ou presque tout ce qui se rapporte à la civilisation antique et au moyen âge.

Peut-on admettre que des enfants sortent de nos écoles, à quinze ou à seize ans, n'ayant pas la moindre idée de ce que furent Homère, Périclès, Alexandre, César, Socrate ou Caton '?

Ne pourrait-on pas, dans quelques conférences, illustrées par des projections lumineuses, donner à

ll:i ENSEIGNEMENT ET DÉMOCRATIE

nos élèves une idée nette et précise de ce que fut la civilisation aux temps anciens et moyenâgeux et ne pourrait-on pas, à l'aide de quelques lectures collectives bien choisies, leur faire entrevoir au moins quel fut le rôle des grands hommes dont ils entendront parler à tout instant?

SciENXEs PHYSIQUES ET NATURELLES. — Daus CCS programmes on ne fait pas la part assez grande à l'hygiène pratique et l'on s'attache trop à des classifications d'une utilité douteuse.

Les programmes de physique devraient être remaniés de fond en comble.

Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, pourquoi enseigner l'optique, en première année, à des enfants qui n'ont pas, en mathématiques, les connaissances nécessaires ?

Loin de se prêter un secours mutuel les programmes de sciences se gênent les uns les autres.

En somme, à part ces critiques qui sont d'ordre général, on se complaît à reconnaître à nos programmes la souplesse qui convient au but que l'on se propose d'atteindre dans l'enseignement primaire supérieur.

Résultats et sanction des études prlmaires supérieures. — Lorsqu'en 1881 on s'occupa de réorganiser l'enseignement primaire supérieur on comptait

l'eNSEIGNEMF.NT PIUMAIRF, SUPÉRIEUR 113

environ K) écoles, créées un peu au hasard, au gré des communes plus ou moins favorables à cet enseiguemenl.

A l'Exposition de 1889 on pouvait déjà noter les progrès accomplis parles travaux exposés : on comptait alors ;2o6 écoles primaires supérieures et 431 cours complémentaires'.

En 190:2, il y a 191 écoles primaires supérieures de garc^^ons (non compris la Seine) avec un effectif de :25.003 élèves, et 85 écoles de filles, avec un effectif de il. 0 15 élèves, soit un total de 306 écoles, avec un etTectif de 36.518 élèves.

Si l'on ajoute l'effectif des écoles primaires supérieures de Paris qui est approximativement de 4.750 garçons et de 2.300 filles (en y comprenant les écoles professionnelles) on arrive au chiffre respectable de 43.628 élèves.

Cette année même il a été créé 17 nouvelles écoles de garçons, 15 écoles de filles, un assez grand nombre de postes de professeurs dans les écoles déjà existantes et enfin 1 1 écoles primaires supérieures ont été annexées à des collèges.

« Si les progrès ne sont pas plus rapides encore, dit M. Simyan, rapporteur du budget de l'instruction publique, pour 1904, c'est que les crédits mis à la

1. Nous empruntons la plus grande partie de ces statistiques à ladmirable Rapport de M. l'Inspecleur général René Leblanc, p. 1 20 et suiv.

disposition du Ministre par le Parlement sont insuffisants pour faire face à toutes les demandes de créations. »

On a pu craindre que l'école primaire supérieure ne fît de nombreux déclassés. Aussi a-t-on exigé des directeurs et des directrices qu'ils s'inquiètent très scrupuleusement de la destination de leurs élèves.

On trouvera, dans le rapport de M. l'Inspecteur général René Leblanc, une statistique graphique des élèves sortis des écoles primaires supérieures de garçons de tous les départements, moins la Seine et l'Algérie, pour une période de dix années, de 1889 à

11 a été fait une récapitulation et une comparaison des professions des parents des élèves et des professions choisies par- les élèves à leur sortie de l'école.

On remarque que :

L'agriculture a fourni 10.(336 élèves et en a reçu 6.824.

L'industrie en a fourni 18.728, en a reçu 17.()80.

Le commerce en a fourni 14.033, en a reçu 12.146.

L'enseignement en a fourni 3.243, en a reçu 6.204.

Les diverses administrations en ont fourni 10.854, en ont reçu 7.018.

Les professions inconnues en ont fourni 4.192 en ont reçu 6.676.

l/ENSEIC.NKMrNT miMAIRE SUPÉRIEUR I K)

Les écoles tediniques en ont rc(;ii 5.138.

Ainsi :

Sur 3 élèves venus de parents agriculteurs (laboureurs, vignerons, jardiniers, etc.) ^seulement retournent à l'agriculture.

Faut-il accuser l'école primaire supérieure de cette déperdition ou ne peut-on pas supposer plutôt que d'autres causes sociales interviennent ? Est-ce que la terre, même cultivée d'après les procédés scientifiques modernes, nourrit suffisamment celui qui la travaille ?

Ou bien ne doit-on pas tenir compte de certains préjugés des familles?

En tous cas, nos élèves, pour les deux tiers venant de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, si l'on tient compte des 5.138 élèves qui passent dans les écoles techniques, retournent en proportion à peu près égale vers la profession paternelle.

L'autre tiers se répartit de la manière suivante :

10 p. 100 sont instituteurs' ;

11 l i p. 100 sont petits employés ;

10 3 ip. 100 occupent des situations indéterminées ou inconnues.

Ces chiffres n'ont-ils pas leur éloquence et n'infirment-ils pas le jugement porté si légèrement contre l'enseignement primaire supérieur?

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