Alors que y p. 100 ont des parents inslituleurs
C'est aussi pour répondre aux ' détracteurs du nouvel enseignement que M. Maurice Faure, rapporteur du budget de l'Instruction publique, en 1900, écrivait : « Cet enseignement contribue à préparer à l'industrie et au commerce des cadres excellents, et il leur fournit déjà des auxiliaires intelligents, actifs, à l'esprit éveillé. 11 s'est fait professionnel, tout en étant général. Il ne faudrait pas, aujourd'hui, qu'on vînt lui dire qu'il est trop professionnel et qu'il n'est pas assez général ; les deux éducations sont nécessaires et ne sauraient être séparées. Les enfants du peuple doivent songer de bonne heure aux obligations de la vie ; mais celles-ci ne doivent pas les détourner de cette culture générale qui est la condition indispensable du développement intégral de l'intelligence.
« L'éducation de l'esprit et celle de la main sont si heureusement réunies dans notre enseignement primaire supérieur, que nous ne pouvons rien souhaiter plus vivement que l'extension progressive de cette partie si capitale de nos institutions scolaires. »
On ne saurait mieux dire et pourtant comment expliquer cet engouement à vouloir transformer nos écoles primaires supérieures en écoles pratiques de commerce ou d'industrie, dès qu'elles ont une tendance professionnelle assez marquée soit pour le commerce, soit pour l'industrie ?
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Nous nous en voudrions de médire des écoles pratiques dont M. Millcrand se fera bientôt l'éloquent avocat. Mais il nous est bien permis à nous, universitaire, d'exprimer le très vif regret, de voir peu à peu, se détacber de l'Université, les plus prospères de nos écoles.
Nous savons bien que pour déterminer le personnel à quitter le n " 1 10 de la rue de Grenelle pour traverser la rue, et ressortir au ministère d'en face, on n'a pas bésité à lui faire une situation matérielle bien meilleure '. Mais cet argument, très frappant, ne nous a pas convaincu de l'utilité de cette mutilalion et de la dualité constante entre les deux ministères.
Il y a de ce fait une injustice criante que, nous aimons à le croire, le Parlement aura à cœur de faire cesser au plus tôt.
L'avenir dira aussi s'il vaut mieux, comme dans nos écoles, en troisième année industrielle, faire la part égale, quatorze beures par semaine, à l'enseignement tbéorique et quatorze beures à l'enseignement pratique, ou bien comme dans la troisième année des écoles pratiques d'industrie, consacrer sept beures et demie à l'enseignement tbéorique et
1. Ainsi, le directeur de l'école primaire supérieure esl obligé de gravir cinq classes pour passer de i 800 francs à 2 800, tandis que s'il appartient au Ministère du Commerce il n'aura que trois échelons à monter pour passer de 2 300 francs à 3 200 et à 4 000.
il8 ENSEIGNEMENT ET DÉMOCRATIE
trente-neuf heures à l'enseignement pratique, soit une proportion de un à cinq.
Sa.xctiox des études. — La meilleure sanction à nos études c'est que nous fassions, des enfants qui nous sont confiés, des jeunes filles et des jeunes gens instruits, honnêtes et capables de se conduire dans la vie, ayant pour seuls guides la raison et la conscience.
Mais en France, on veut autre chose, hélas! on veut que les études soient sanctionnées par des examens, par la remise de beaux diplômes ou parchemins.
Si encore les parchemins avaient une vertu efficace ! Si leurs heureux possesseurs en pouvaient tirer quelque avantage ou profit ! C'est précisément ce qui fait défaut au cerl'ifjcal d'études prunaires supérieures^ ce diplôme qui est soi-disant délivré aux seuls élèves ayant parcouru le cycle normal de nos trois années d'études.
Ce modeste certificat a été définitivement organisé par l'arrêté du 17 septembre 1898.
Aux termes de ce dernier règlement, l'examen du certificat d'études primaires supérieures se compose de trois sortes d'épreuves :
1" I^preuves écrites, qui sont éliminatoires;
^" Epreuves orales, qui sont également éliminatoires ;
l'enseignement IMUMAIIU: SUI'KIUEUU 119
3*^ Épreuves pratiques.
Les épreuves écrites sont de deux sortes : les unes sont générales et portent :
['' Sur un sujet de morale ;
"1° Sur la composition française ;
3*^ Sur les sciences • (mathématiques, physique, chimie et histoire naturelle ou hygiène).
i" Sur le dessin à main levée pour les garçons ; ornement simple appliqué aux travaux d'aiguille jtour les filles.
Les autres sont spéciales et varient suivant les sections :
Enseignement général ;
— agricole ;
— industriel ;
— commercial.
Les épreuves orales sont au nombre de quatre variant aussi d'après la section choisie par le candidat.
Les épreuves pratiques, pour lesquelles tout candidat doit avoir obtenu la moyenne, comprennent :
Section générale : pour les garçons, exercice simple de travail manuel (bois ou fer, au choix de l'aspirant) d'après un modèle en nature, ou bien modelage d'après un plâtre à faible relief; pour les jeunes filles, exercice emprunté au programme des travaux manuels de 2^ année.
Section commerciale : 1° un ou plusieurs exercices pratiques de calcul et de comptabilité ; 2'^ exercice de calligraphie portant sur les divers modes d'écritures usités dans le commerce.
Section industrielle : pour les garçons, exécution, d'après un croquis coté, d'un assemblage en bois, ou, au choix du candidat, d'une pièce d'ajustage en fer ; pour les jeunes filles, exercice emprunté au programme des travaux manuels de 3^ année.
Section agricole : un ou plusieurs des exercices spécifiés au programme des travaux pratiques d'intérieur ou d'extérieur.
Outre ces épreuves spéciales les candidats (garçons et filles) auront à subir une épreuve de chant et une épreuve de gymnastique.
Après rénumération de tant d'épreuves, où le meilleur des élèves est exposé à faire une chute, comment s'étonner du petit nombre reçu au certificat d'études primaires supérieures? Il se présente tous les ans en moyenne près de 4000 candidats, aspirants et aspirantes. Avant l'arrêté du 17 septembre 1898, la moitié des candidats obtenait le diplôme, depuis, il y en a à peine iO p. 100 qui peuvent affronter victorieusement toute cette série d'épreuves.
Ce qui est le plus pénible à constater c'est que ni