‹ Enseignement et démocratieChapitre 49 sur 107 · I. f.nsi:i(.m:mknt TKr.iiMouF. ov profkssionnf.i. i · texte numérisé non relu

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classe de coiUremaîlres capables de diriger rexéciilion de ces appareils qui sont appelés à jouer un si grand rôle dans le développement de la puissance et de la prospérité matérielle du pays. L'état de l'enseignement industriel, en France, ne répond plus aux besoins qui se font sentir. Les promotions entières de nos écoles s'épuisent sans pouvoir satisfaire aux demandes... L'affluence toujours croissante des candidats qui se portent aux examens, l'insuffisance des promotions de la sortie, révèlent fortement cette nécessité; et l'empressement des départements et des communes à s'associer aux sacrifices des familles dont les enfants embrassent ces carrières utiles et honorables, témoigne assez quel puissant intérêt, quel sentiment national suscite ce mouvement général des esprits. »

Nos trois écoles n'ont pas tardé à devenir insuffisantes. Dès 1881, une loi autorisait la création, à Lille, d'une quatrième école qui ne put être ouverte qu'en octobre 1900.

La cinquième école fut créée à Cluny (Saône-et- Loirej, en 1801. Destinée tout d'abord à former seulement des contremaîtres, elle s'est bientôt rapprochée, à ne pas s'en distinguer, des écoles d'arts et métiers ; et, l'extension récente des programmes de physique et de l'enseignement de l'électricité, eut })Our résultat que l'école de Cluny constituait une

véritable école d'arts et métiers quand le décret du 5 juillet 1901 lui en donna officiellement le titre.

La base de l'enseignement est donc le travail manuel, qui donne aux élèves une solide instruction pratique. L'enseignement théorique, dirigé dans le sens des applications, comprend les sciences appliquées à l'industrie : géométrie descriptive, cinématique, physique, chimie, mécanique, électricité, algèbre, dessin industriel, langue française, histoire, géographie, comptabilité, des notions de législation commerciale, d'hygiène, enfin, la morale.

L'enseignement pratique est donné dans quatre ateliers ; ajustage, forges et chaudronnerie, menuiserie et modèles, fonderie.

La durée des études est de trois ans.

Le décret du II octobre 1899 a apporté, dans le régime des écoles nationales d'arts et métiers, d'importantes modifications destinées à assurer aux élèves une culture générale plus complète et une meilleure formation intellectuelle et morale. Au point de vue du recrutement des élèves, le certificat d'études primaires supérieur, ou celui d'études pratiques industrielles est obligatoire. Comme conséquence de cette obligation nouvelle, la limite d'âge a été reculée d'une année.

Un cours de morale et d'éducation civique a été introduit dans l'enseignement. « S'adressant, disait

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le programme rédiiié pour nous par uu ('minent philosophe, M. Darlu, aucpiel je suis heureux d'adresser aujourd'hui mes remerciements publics, s'adressant à des jeunes gens, qui ont l'âge des élèves de la classe de philosophie dans les lycées, cet enseignement devra être assez approfondi.

(( Borné à de vagues exhortations et à des lieux communs, il demeurerait inefficace et leur deviendrait aisément fastidieux. Il aura essentiellement un caractère social, c'est-à-dire prendra pour base la considération des conditions de la vie sociale, des rapports de l'individu avec la société : en un mol, le fait et l'idée de la solidarité sociale. 11 aura aussi un caractère civique en ce que, sans s'éloigner, en son examen général, de la nature et de la structure des sociétés, il étudiera principalement la société nationale ou Patrie. Il motivera le respect des lois dans les sociétés libres, et montrera l'importance pour la prospérité nationale aussi bien que la valeur morale des libertés publiques. Cet enseignement sera concret, c'est-à-dire qu'à l'exposé des théories et des doctrines abstraites, il préférera celui des idées engagées dans nos lois, dans nos institutions, dans nos mœurs. Enfin, il rattachera aux principes fondamentaux de justice et de solidarité sociale les notions essentielles de l'ordre juridique et économique qui sont comme la matière de la

morale sociale. » Je chargeais clans chaque école, pour marquer l'importance de cet enseignement, le directeur de le donner en personne ou tout au moins d'y assister. L'ensemble de l'enseignement ne devait pas comporter moins de 33 leçons sur lesquelles 12 environ consacrées à l'étude de la société, de TEtat, et du droit public, et T à l'étude de la société économique.

L'introduction de cet enseignement nouveau entraînait, comme conséquence immédiate, de profondes modifications dans l'organisation du régime scolaire. Jusqu'alors la direction de la discipline était confiée à des adjudants chefs, choisis parmi d'anciens capitaines assistés d'adjudants anciens sous-officiers. 11 leur fut substitué des sous-directeurs, censeurs des études, fonctionnaires civils, recrutés dans le personnel de l'Université, auxquels furent adjoints des surveillants répétiteurs, provenant également de l'Université.

La réforme est complètement appliquée aux établissements d'Angers, de Lille et de Châlons, et doit être achevée dans un court délai dans les autres écoles.

Le système des punitions a également subi une transformation : des récompenses ont été prévues, tandis que disparaissaient les punitions de la prison et de la salle de police, en même temps que l'uni-

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forme lies élèves, calqué précédemmenl sur celui de l'armée, laisail. place à un costume moins guerrier.

In décret en date du 5 janvier IDOl a créé, près de chaque école un Conseil de perfectionnement dans l'organisation duquel ont été appliquées certaines idées dont il est beaucoup parlé avec faveur dans renijuète sur renseignement. Ce Conseil comprend, outre le i)réfet du département, président, le directeur, le sous-directeur et Tingénieur qui sont membres de droit, des représentants élus des professeurs et des chefs d'atelier, et douze membres choisis parmi les industriels de la région, et, s'il est possible, parmi les anciens élèves de l'école. Trois membres du Conseil de perfectionnement sont appelés à faire partie du Conseil de l'école, associant ainsi cette assemblée au fonctionnement intérieur de l'établissement.

Le 1:2 décembre 1900, le Conseil général de la Seine prenait une délibération .demandant au gouvernement la création d'une école nationale d'arts et métiers dans le département de la Seine. Immédiatement, était constituée une Commission composée de représentants du ministère, de fonctionnaires compétents de l'administration départementale delà Seine et de membres du Conseil général.

J'insistais sur la nécessité financière pour, le département de la Seine de contribuer dans une

large mesure aux dépenses qu'entraînerait la création sollicitée, et j'étais entendu. Mais, malgré deux délibérations du Conseil général du 10 juillet et du 11 décembre 1901 qui faisaient contribuer le département de la Seine dans une proportion encore non atteinte aux dépenses d'établissement et de fonctionnement de l'école, c'est en vain que le 8 février et le ^o février 1903, j'insistai près de mon collègue des Finances sur Futilité pressante de créer à Paris une vaste école d'arts et métiers, d'externes, oîi une quatrième année, destinée à compléter, en les spécialisant, les connaissances acquises par les meilleurs élèves des six écoles d'arts et métiers, devait fournir à l'industrie des compétences nouvelles ; je me beurtai à des objections financières que, pas plus que moi, mon successeur n'a pu vaincre, mais qui, j'ose espérer, disparaîtront bientôt devant l'intérêt éclatant d'une pareille création.

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