‹ Enseignement et démocratieChapitre 59 sur 107 · I. knsei<;nkmi:nt sli'kkhuh dks scikncks ■i-il · texte numérisé non relu

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oratoire a été remplacé par renseignement clidaetiqne : l'enseignement diilactiqnc doit lui-même être réduit, remplacé et complété par le travail du laboratoire, le contact journalier avec la réalité ellemême.

Dans ce système, il faudra un grand nombre de préparateurs et de moniteurs. On devra, comme on le fait déjà, instituer deux espèces de préparateurs : les préparateurs titulaires en petit nombre, faisant leur carrière de ces fonctions, et les préparateurs de passage, qu'on pourra recruter parmi les étudiants boursiers ; en échange de la faveur qu'ils reçoivent de FEtat, les boursiers devront, plusieurs fois par semaine, donner trois ou quatre heures aux élèves de licence des laboratoires ; pour ceux des boursiers, et ils sont nombreux, qui se destinent à l'enseignement, ce genre de travail sera un excellent exercice de pédagogie pratique ; d'ailleurs, ces bourses ne devront rester au même étudiant que trois ou quatre ans au plus, pour qu'un grand nombre de jeunes gens puissent en profiter successivement. Une organisation de ce genre fonctionne depuis longtemps à l'École Xormale, où existent des agrégés restant à Paris deux ou trois ans, afin de poursuivre des études supérieures, et faisant fonction de préparateurs ou de répétiteurs.

I 2. — Certificats.

Les études dont nous parlons ici (enseignement général) sont sanctionnées par des certificats de licence. Chaque Faculté des Sciences peut proposer des certificats nouveaux, dont la création n'est définitive qu'après autorisation du Ministre. De cette façon, l'enseignement n'a plus la lamentable uniformité qu'il présentait autrefois ; chaque Université peut adapter ses programmes aux besoins scientifiques locaux, aux savants qui lui prêtent leur concours. Mais il est un point sur lequel les Facultés devraient avoir plus d'initiative et d'indépendance : s'il est naturel que la création d'un certificat nouveau doive être autorisée par le Ministre pour éviter des abus, peur empêcher, par exemple, que certains enseignements cessent d'être scientifiques pour devenir techniques, il est légitime aussi que, le certificat une fois créé, les Facultés soient libres de réglementer les conditions de l'examen, de fixer par exemple l'ordre de certains certificats, dans l'intérêt des études. Cette liberté ne ferait qu'augmenter la valeur des licences scientifiques, en ajoutant au contrôle des programmes fait par le Ministre le contrôle des conditions d'examens fait par les Facultés. Par exemple, une Faculté où existent un certificat de Chimie générale et un certificat de Chimie appliquée

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poiu'i'ail iléfiilei'. si elle le ju^e utile d'après l'or^anisalion deseours, qu'aiieiiii eaiulidal ne se présentera à la Chimie appliquée s'il ne possède déjà le certificat de Chimie i;énéralc : de même, une Faculté pouri'ait n'admettre à l'examen de Physique générale que des candidats possédantle certificat de Mathématiques générales, etc. : elle pourrait aussi ne pas admettre pour la licence certains groupements de certificats.

§ 3. — Recrutement des élèves des Faculté s.

D'après les règlements, le grade de bachelier est nécessaire et suffisant pour entrer dans les Universités. Quelques étudiants en Mathématiques et en Sciences physiques sortent de « spéciales » ; mais la très grande partie des étudiants sont seulement bacheliers : leur éducation scientifique est donc celle qui correspond au baccalauréat. Les bacheliers lettres-philosophie, nombreux au F^. C. X., ont des connaissances mathématiques insuffisantes pour suivre les cours de Physique et de Chimie ; leur préparation est surtout mauvaise dans les parties élémentaires : le système métrique, la multiplication et la division des nombres décimaux, qu'ils connaissent beaucoup moins bien que les élèves des écoles primaires. Les bacheliers lettres-sciences sont, au point de vue des connaissances générales, suffisamment préparés pour le P. C. X., mais insuffisam-

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ment pour les cours de licence. Quant à l'éducation scientifique, elle a de grands progrès à faire. Ces imperfections tiennent en grande partie au mode d'examen du baccalauréat; les candidats, sachant qu'ils auront à répondre à l'examen sur un programme qui est comme la table des matières de dix volumes d'Arithmétique, de Géométrie, d'.Vlgèbre, de Cosmographie..., font appel surtout à leur mémoire pour être prêts à tout, craignant qu'une défaillance entraîne la perte d'une année. Ils s'exagèrent certainement les hasards de l'examen, car un examinateur attentif peut démêler assez vite la part de l'intelligence, de la mémoire, de l'émotion. Néanmoins, l'impression existe chez les élèves, fortifiée par quelques accidents d'examens arrivés à de bons sujets : elle nuit certainement à la valeur des études, à l'autorité des professeurs, au travail réfléchi et personnel. En outre, le baccalauréat actuel ne comporte pas et ne peut pas comporter d'épreuves pratiques : il en résulte que les élèves craignent de perdre leur temps dans les exercices de manipulations ou de dessin. On remédierait à tous ces inconvénients, pour les élèves des lycées, en délivrant, dans leur lycée même, aux meilleurs d'entre eux le diplôme de bachelier, d'après l'ensemble de leurs notes de compositions, de leçons, d'interrogations, d'exercices pratiques pendant les deux dernières an-

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nées. Pour les élèvo;^ sortant du lycée sans diplôme et pour les candidats venant de renseignement libre, le baccalauréat subsisterait sous sa forme actuelle.

Kntin. je termine ces réflexions déjà longues sur le recrutement, en disant un mol des élèves-femmes. Depuis plusieurs années, un grand nombre de jeunes femmes suivent les cours des Facultés, principalement ceux du P. C. N. en vue de la médecine. Mais, par une anomalie inexplicable, le diplôme de tin d'études secondaires, délivré par l'Etat dans les lycées et collèges de jeunes filles, n'a aucune valeur ni pour l'inscription dans les Facultés des Sciences, ni pour Tinscription dans les Facultés de Médecine. Il en résulte que le régime actuel des lycées de jeunes filles est une sorte de piège tendu aux parents, qui sont cependant en droit d'exiger qu'une jeune fille, ayant suivi le cours régulier d'études secondaires dans un lycée de l'Etat et ayant réussi aux examens consacrant ces études, puisse, sans nouveau diplôme, aborder l'enseignement supérieur.

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