‹ Enseignement et démocratieChapitre 61 sur 107 · I. F.NSRir.NKMKNT SUPKniErR DES SCIENCES Zït · texte numérisé non relu

I. F.NSRir.NKMKNT SUPKniErR DES SCIENCES Zït

rKoole : le seul poiiil que je veuille viser, parce (ju'il rentre complètement dans mon sujet, est l'avantage que possède l'École Polytechnique dèlre, de toutes les institutions d'enseignement supérieur, la seule /jui ouvre certaines carrières civiles, les carrières d'ingénieur de IKtat pour les Mines, les Ponts et Chaussées, les Constructions navales : par là, ses élèves sont mis à l'ahri de toute concurrence, ce qui constitue un véritable privilège dans une démocratie où la libre concurrence des intelligences doit se proiluire, non une fois, à un instant unique, qui décidera de toute la vie, mais le plus souvent possible. Il semble donc nécessaire que l'École Polytechnique accepte la concurrence de l'enseignement supérieur pour l'entrée aux Kcoles des Mines, des Ponts et Chaussées, etc., au titre d'ingénieur de l'État ; cette j'éforme n'est pas seulement conforme à l'esprit de justice : elle rendra à l'Ecole Polytechnique et au pays le grand service de diminuer cette poussée énorme déjeunes gens suivant tous la même voie en vue de vingt à trente places et faussant, par leur grand nombre, les épreuves du concours d'entrée. Les détails d'organisation de cette concurrence entre une École fermée et les Facultés sont, sans nul doute, difficiles à régler : mais l'essentiel est que cette concurrence devienne possible, quelque dures qu'en soient les conditions pour les candidats libres. En

toute hypothèse, le point essentiel qu'il faut considérer, est que le recrutement des élèves ingénieurs de l'Etat doit avoir pour base une culture scientifique aussi haute que possible : il serait très dangereux, pour l'avenir du pays, que ce recrutement se,. fît par une culture et des épreuves prématurément techniques ; tout en admettant l'accès au grade d'ingénieur des conducteurs désignés par leurs services et ayant des connaissances théoriques suffisantes, l'on ne saurait trop lutter contre l'idée de recruter principalement les ingénieurs par le rang ; la concurrence doit se produire, mais sur le terrain de la haute culture scientifique.

On trouvera la môme manière de voir exprimée dans un article de M. Lucien Lévy, actuellement examinateur d'admission à l'Ecole Polytechnique, paru dans la Revue Scientifique du 9 janvier 189:2 : « Et ceci, dit M. Lucien Lévy, nous amène à nous demander s'il ne conviendrait pas de remplacer les examens de sortie de l'Ecole Polytechnique par des examens d'entrée aux Ecoles d'application où i)Ourraient concourir tous les candidats du dehors, comme cela a lieu, j)ar exemple, pour l'agrégation, où se présentent, concurremment avec les élèves de l'Ecole Normale, les étudiants libres, qu'ils aient suivi des cours de Eaculté ou non, pourvu qu'ils soient licenciés etErançais. 11 n'est pas trop difficile d'imaginer

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im uKule ircxanuMi où \c public serait admis, les élèves lie 1 l-^eole Poh lechnique conservant certains avantages de points ou autres et surtout étant assures il'un poste en tout état de cause. » M. Lévy admet même que les Facultés puissent présenter des candidats aux Ecoles d'application militaires, u Par exemple, dit-il. la Commission d'examen pourTÉcole d'Application du (iénie et de l'Artillerie, qui, d'ailleurs, pourrait se confondre en partie avec les Commissions d'autres Ecoles, examinerait et classerait tous les candidats ; le ministre de la Guerre nommerait le nombre d'officiers-élèves qui lui seraient nécessaires ; les élèves de l'Ecole Polytechnique qui auraient échoué à cet examen final seraient, de droit, sous-lieutenants dans l'armée active. »

Il existe actuellement un concours pour les ingénieurs des Postes et Télégraphes en dehors de l'Ecole Polytechnique : mais, si mes renseignements sont exacts, ce concours n'est pas organisé dans l'esprit que j'indique, puisque les élèves sortant de l'Ecole [Polytechnique ne peuvent y prendre part, du moins l'année même de leur sortie.

Xous avons ainsi envisagé, sous ses aspects principaux, le problème de la préparation aux Ecoles techniques par l'Enseignement supérieur. Mais ce n'est pas seulement de cette façon que pourra être

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réalisée une union féconde entre la science et les applications: il existe, pour arriver au même but, une autre voie, en quelque sorte inverse, qui se trouve déjà suivie sur quelques points particuliers. On sait quelle bonne volonté de travail, quelle santé morale et intellectuelle se rencontrent souvent cliez les élèves des Écoles techniques moyennes, comme les Écoles d'Arts et Métiers, Déjà le Ministère du Commerce a institué, pour les meilleurs élèves de ces écoles, des bourses d'études leur permettant de se préparer à l'École Centrale. Pourquoi ne pas diriger quelques-uns de ces jeunes gens, manifestant des aptitudes scientifiques, sur les Universités, où ils recevraient un enseignement théorique en vue de l'industrie à laquelle ils se destinent, en vue par exemple des divers Instituts d'Électricité, de Chimie appliquée, etc. ; des élèves d'un genre analogue pourraient venir également des Ecoles d'Horticulture et d'Agriculture. Nous verrions à cette innovation le grand avantage d'introduire dans les Universités des éléments nouveaux et de faire l'expérience d'une méthode consistant à donner à l'enseignement scientifique une base pratique. Peut-être aussi ce rapprochement d'étudiants, d'origines très différentes, ferait-il tomber bien des préjugés et des idées fausses.

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