‹ Enseignement et démocratieChapitre 65 sur 107 · I.'lCNSEir.NEMKNT Sll'KlUKl II · texte numérisé non relu

I.'lCNSEir.NEMKNT Sll'KlUKl II

croître : il laudra oblenir l'argeul des Chambres qui représenlenl la démocralie. C'est donc une question vitale pour nos écoles de prendre une l'orme qui les rendent sympathiques. Elles doivent faire voir clairement à quoi elles servent. Elles doivent aussi adapter leur organisation au principe de toute démocralie, qui est l'équité, c'est-à-dire la résolution de jui;er chacun d'après sa valeur individuelle. Pour décider si notre régime est conforme à ces deux conditions, je vais passer en revue ses éléments constitutifs, professeurs, étudiants, enseignement.

111. Les professeurs de l'enseignement supérieur, Facultés ou Ecoles spéciales, sont choisis parmi les hommes qui se sont fait connaître par des travaux personnels sur la science qu'ils doivent enseigner ; pratiquement la plupart ont été nommés à la suite de leur thèse de doctorat. Xos thèses sont des œuvres scientifiques originales qui prouvent l'aptitude à travailler et à faire avancer la science ; quelques-unes sont des œuvres considérables. Le niveau scientifique en a monté constamment. Le doctorat ainsi conçu n'est pas un mauvais critérium, surtout aujourd'hui qu'on vient de le débarrasser du dernier débris de l'ancien régime, la thèse latine obligatoire. La preuve, c'est que presque tous les spécialistes en érudition, en histoire, en philosophie, sont des professeurs des Facultés ou des Écoles.

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Ainsi on a fait passer dans la pratique le" principe emprunté à rAllemagne, que l'enseignement supérieur ne doit pas être séparé de la science. Les professeurs sont avant tout des savants, ils sont jugés plutôt sur leur production scientifique que sur leur habileté à enseigner. Et cela est raisonnable. Un savant,- même s'il enseigne mal au sens étroit, — s'il fait mal son cours, — enseigne bien au sens large en donnant l'exemple du travail personnel ; en outre, par sa réputation scientifique au dehors, il donne à l'établissement dont il est membre un prestige qui attire les étudiants, et quand ils sont arrivés, attirés par un nom, ils trouvent auprès des professeurs moins connus l'enseignement qu'ils sont venus chercher. 11 n'y a donc aucun avantage à distinguer officiellement les « chercheurs » (Forscher) et les « enseigneurs » [Lehrer] ; au contraire, en opérant pêle-mêle, ils se complètent et se fortifient mutuellement : les savants apportent leur prestige et leur exemple, les professeurs leur action pédagogique.

Nous n'avons pas en France le stage du priva tdoœnt ; on a essayé d'acclimater l'institution, elle n'a pas réussi et il n'y a pas à la regretter, c'est une institution aristocratique. Nous n'en avons pas besoin : en France l'enseignement supérieur se recrute surtout parmi les professeurs de l'enseignement secondaire. Cela veut dire que les aspirants à

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renseignomonl supérieur tiouvent dans uu lycée les moyeus de vivre jusqu'au moment où ils ont eu le temps de fiiire leurs preuves comme savants. Ce procédé de recrutement relève le niveau du personnel secondaire: il n'est nulle part plus élevé qu'en France : aucun personnel d'enseignement supérieur n'a un reerulemenl plus démocratique. C'est la solution la mieux appropriée à une démocratie. Je ne vois rien à changer de ce côté.

Peut-être le procédé de désignation des professeurs est-il un peu moins bien adapte à la démocratie. On a ado[)té le régime allemand ; les candidats sont présentés par le corps des professeurs titulaires et nommés par le ministre. On fait ainsi une part aux deux forces intéressées à l'enseignement supérieur: le corps enseignant, la nation représentée par le ministre. L'inconvénient du système, c'est qu'en fait, le conseil de la Faculté est un corps trop peu nombreux où agissent les influences personnelles : le ministre est remplacé par les bureaux ou le cabinet. 11 est difficile pourtant d'imaginer un autre mécanisme. Mais on l'améliorerait peut-être si on le combinait avec le procédé de désignation adopté en Italie : consulter aussi l'ensemble des professeurs de la même spécialité, dans tout le pays, surtout s'ils étaient invités à donner un avis motivé et à discuter les titres des candidats.

IV. Les éludiants forment officiellement deux catégories qui ne portent pas le même titre. Ceux des anciennes écoles spéciales sont recrutés par un concours et qualifiés élèves; le nom à' étudiants est réservé aux jeunes gens qui viennent dans les Facultés s'inscrire librement ; encore a-t-il fallu lutter contre la tradition des écoles spéciales et le souvenir de l'enseignement secondaire. Les étudiants en lettres de Paris, en fondant leur Association, s'étaient même appelés élèves de la Faculté des Lettres. On est parvenu à faire prévaloir le nom d'étudiants, mais seulement dans les Facultés.

Ce qui est beaucoup plus difficile à modifier, c'est le recrutement par concours. 11 a des inconvénients graves, quel que soit le mode de concours. — Il retire de la masse des étudiants un groupe dans lequel il fait naître un sentiment corporatif. — Il assure un privilège durable en récompense d'un effort d'ordinaire court et excessif, au détriment du travail continu. — Il donne une prime excessive à l'aptitude à passer des examens, c'est-à-dire à tromper un examinateur.

Ce concours d'entrée ne peut pas être constitué |)ar des épreuves scientifiques comme les diplômes d'études, puisqu'il s'agit de juger des jeunes, gens qu'on n'a pas vu travailler, et qui n'ont pas encore eu les moyens de travailler ; il consiste forcément en

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épreuves scolaires convenlionnelles, élrangèresà (ont espiil scienlilique. Je ne i»ai'le pas du concours d'en- Irée dell-A-ole des Cdiarles : avec son Ihème latin, on dirait qu'il a été conçu sous la Restauration. Mais la série des compositions du concours de l'École normale, pour être moins ridicule, n'est pas moins meurtrière. — Ce qui est grave surloul. c'est que la pré[taralion à ce concours main lient en France des institutions contraires à l'esprit de notre nouveau système d'enseignement supérieur. Ce régime repose sur l'union organique entre les établissements secondaires et supérieurs. Dès que le jeune homme a terminé ses éludes secondaires, dès qu'il est bachelier, sa place esta la Faculté; c'est là qu'il doit trouver l'enseignement scientifique élémentaire, là aussi qu'il peut faire la fireuve de ses aptitudes; si l'on veut maintenir un concours, c'est entre les étudiants qu'on doit l'établir, c'est sur le travail des étudiants à ri'niversité qu'on peut les juger honnêtement. Mais la préparation artificielle au concours des Écoles spéciales maintient dans nos établissements secondaires cette usine à concours appelée la rhétorique supérieure qui vient s'insérer entre les deux enseignements et en empêche le contact. Il serait trop long d'analyser tous les méfaits de cette institution. Le plus grave, c'est qu'elle soumet les jeunes gens, à des méthodes de chaulîage qui leur font prendre

des habitudes contraires au travail scientifique et rebutent ceux qui n'ont pas l'aptitude à ces exercices artificiels. La réforme de FÉcole normale va être l'occasion de réformer ce régime, car le décret a évité de résoudre la question. La solution rationnelle, puisqu'on a voulu conserver un concours, c'est de l'établir entre les étudiants licenciés des différentes Facultés de France, ce qui permettrait de choisir d'après des aptitudes déjà montrées à une branche d'études et de recruter pour chaque section le nombre de Normaliens dont on aurait besoin. On obtiendrait ainsi la fusion quon a désiré établir entre l'École normale et les Facultés, on fondrait dans la masse des étudiants les élèves privilégiés. On pourrait procéder de même pour l'Fcole des Chartes ; on aurait alors établi l'unité dans le corps des étudiants, dans la mesure où elle est possible. Par la force des choses, il y aura toujours deux espèces d'étudiants ; ceux qui aspirent à une carrière qui sera leur moyen d'existence et viennent à l'Université demander le diplôme exigé pour entrer dans la carrière ; ceux qui cherchent seulement à s'instruire et viennent faire des études désintéressées ; ce sont ceux que la terminologie naïve des Facultés appelait « auditeurs bénévoles » (qui onl la bienveillance de venir garnir les bancs). On a cm autrefois que les établissements d'enseignement

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supérieur pouvaient vivre des éludes désintéressées; dans ma iiénéialiou nou> nous imaj^inions les uni- Versilés allemandes sur ee moilèle : j'ai été très surpris, en arrivant à (iceltingen, de trouver que tous les étudiants en jthilologie et en histoire se destinaient à être professeurs C'était évidemment une illusion, de tout temps la Faculté des arts a été l'asile des prolétaires intellectuels en quête d'un gagne-pain. Dans une société démocratique surtout, la masse des étudiants — et les plus sérieux — se composera forcément de «eus qui ont besoin d'une carrière pour vivre ; ce seront des apprentis professeurs, archivistes, bibliothécaires. L'enseignement devra donc être organisé en vue de ce besoin, il sera une préparation professionnelle.

Or. dans toutes les carrières, il faut deux sortes de préparation. — l'une générale qui consiste à connaître l'espèce de phénomènes au milieu desquels on doit se mouvoir (dans l'ordre des Lettres, ce sont les phénomènes humains) — l'autre, spéciale, qui fournit les renseignements pratiques et donne les habitudes dont on aura besoin pour le travail spécial de la carrière (c'est ici la préparation pédagogique et la technique des archives).

L'arrangement le plus rationnel a été formulé par Renan dans une phrase que rappelait ici M. Appell ; nous pouvons la reprendre, car la question se pose

de même pour les Lettres que pour les Sciences. Il faut d'abord un établissement commun de science pure où tous les étudiants sont réunis, puis des écoles spéciales où ils se séparent de façon que chaque groupe fasse les études nécessaires à une carrière particulière.

La réforme de l'École normale a été conçue d'après ce principe : elle incorpore tous les apprentis professeurs dans la Faculté des Lettres de Paris. On pourrait concevoir une modification, qui permettrait d'en attribuer une partie aussi à d'autres Facnltés : il suffirait de laisser les Normaliens achever leurs études jusqu'au diplôme d'études dans les Universités des autres villes de France. L'École normale serait placée après les études en Faculté et deviendrait un institut d'application pédagogique. Quand la réforme sera faite, l'idéal sera réalisé pour les futurs professeurs, c'est-à-dire pour la grande masse des étudiants. Il ne serait pas dificile d'étendre la mesure à l'École des Chartes, d'en faire un institut d'application pour les archivistes et bibliothécaires. Il n'y iiurait pas là seulement un avantage de symétrie, on y gagnerait de tenir un compte plus exact des conditions de la pratique dans l'éducation des archivistes. La plupart des archives contiennent surtout des documents d'histoire moderne; or, l'enseignement actuel a été calculé en vue des documents

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ilu inovtMi àiio ; réludo des dociimonls modernes, qui reinplira la vie aelive de rarehivislc, n'y est représenlée que par les dernières leç^ons d'un eours d'inslilulions de la Franee.

Mais il reste la question la plus déliealc. Doit-on (aire rentrer ilans l'enseignement de Tordre des Lettres les études préparatoires aux carrières de la vie publique, juges, avocats, administrateurs, employés des ministères, diplomates? Ces études sont jusqu'ici restées sans aucun lien avec l'étude des sciences humaines, pour des raisons historiques, parce qu'elles ont été créées par des hommes d'une autre origine. Faut-il assimiler l'Ecole de droit à un institut professionnel technique? Cela conduirait à envoyer les futurs étudiants en droit, d'abord à la Faculté des Lettres. Ce serait le pendant exact de ce qui vient d'être fait pour les Facultés des Sciences, quand on y a transporté Tannée préparatoire aux études de médecine (« le P. C. N. »). C'est évidemment la solution rationnelle, elle a été adoptée dans quelques pays, à Genève, par exemple. On l'avait admise aussi théoriquement en France, puisqu'on obligeait les étudiants en droit à prendre des inscriptions aux Facultés des Lettres; en fait, cette inscription est restée une formalité. La réforme s'est heurtée à la répugnance du personnel juridique. El même, quand on a éprouvé le besoin d'une prépara-

tion aux carrières d'administrateur, on a préféré créer une Ecole spéciale « des sciences politiques », établissement privé, mais modelé sur les écoles spéciales d'Étal. Là se donne non seulement renseignement professionnel spécial, mais un enseignement des sciences historiques parallèle à celui de la Faculté.

La grande réforme rationnelle serait évidemment de réunir tous les enseignements de science pure dans un établissement unique et de transformer les autres écoles, y compris la Faculté de droit, en écoles d'application, où la durée des études serait ditférente suivant la carrière. L'Ecole des hautes études pourrait rester ce qu'elle est, elle n'a pas d'élèves spéciaux et n'est qu'une section de la Faculté des Lettres.

Quant aux étudiants désintéressés, il est très désirable de les attirer. Les Facultés paraissent y avoir très bien réussi, à ne regarder que le chiffre des étudiants qui croît d'année en année. Mais c'est une apparence qui va se dissiper avec la loi militaire nouvelle, quand le désintéressement des licenciés es lettres aura perdu son intérêt. 11 reste deux catégories qu'il faut lra\ailler à attirer; les femmes et les étrangers.

La démocratie a un intérêt spécial à ce que les femmes fréquentent l'Université ; c'est là qu'on

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peut le mieux eoiilrebalancer raclion oonliiiiie exercée sur elles i>ar les ennemis de la démoeralie. Les femmes n'ont i^as éli' les soutiens du régime démoeralique, leurs inclinations les portent en sens eontraire et eneore plus leur éducation.

La démocratie a intérêt aussi à attirer les élransrers. car un étranger ciui vient faire des études en France devient toujours un ami de la France, et la démocratie française n'aura jamais assez d'amis dans le monde, où tous les adversaires de la démocratie travaillent sans cesse à la décrier ; les étrangers qui auront connu la France peuvent contrebalancer ce travail en disant ce que la France est réellement.

C'est donc une question importante de savoir comment attirer les femmes et les étrangers. Pour les femmes, nous devrons ouvrir très largement la Faculté, il faut surtout établir le contact direct avec l'enseignement secondaire des filles ; il est irrationnel que leur certificat de sortie ne soit pas reçu à la l-'aculté : il doit être tenu pour l'équivalent du baccalauréat.

Pour les étrangers, on a constaté que ce qui les attirait en Allemagne c'est la facilité d'obtenir un diplôme qui prouve leurs études. On a donc créé des diplômes français, le doctorat d'Université, le diplôme d'études françaises pour les femmes, et on a beaucoup amélioré la situation. Mais il reste encore

à faire. Les étrangers qui voudraient faire toutes leurs études en France ne le peuvent pas; ils n'y trouvent pas l'enseignement supérieur élémentaire nécessaire à des débutants. Un Américain qui a bien vu notre régime, avec cet esprit juste et précis des Américains, M. Haskins, dit que renseignement des Facultés françaises ne convient qu'à des étudiants qui ont fini leurs études, à des docteurs; il détourne les débutants de venir en France. C'est évidemment la principale lacune de notre régime ; nous n'avons pas d'enseignement de première année. La cause en est probablement double : 1° les meilleurs étudiants trouvent une préparation élémentaire dans les doubles rhétoriques et la première annéee de l'Ecole normale ; ^" la licence, avec ses épreuves artificielles, a rendu impossible d'organiser dans la Faculté un enseignement méthodique.

Ainsi toutes les mesures que nous proposons pour accroître le nombre des étudiants, et supprimer ce qui reste d'irrationnel dans notre système, convergent vers une même réforme : Pour faire de la Faculté la continuation directe de l'enseignement secondaire, pour en faire la préparation scientifique à l'enseignement du droit ; })Our y attirer les femmes, pour obtenir que les étrangers viennent non seulement perfectionner, mais faire leurs études

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on Franco, il fani y orjianisornn onsoignemenl scicnliliquo ôlônionlairo.

L'onseignomonl supériour porte encore la trace des réformes rapides qui l'ont transformé. Il lui est resté des débris de son origine, il est chargé encore de deux de ses anciennes tâches. 11 est encore un bureau d'examen pour le baccalaui'éat, on l'a allégé un pou, mais la seule réforme rationnelle est celle du projet de loi Combes, de 1895 : remettre aux professeurs de l'enseignement secondaire le droit de donner le certificat de sortie aux élèves. L'enseignement supérieur reste dans les Facultés de })rovince une université populaire. Faut-il lui enlever celte tâche? Peut-être serait-il plus rationnel d'adopter deux solutions différentes pour les grandes et pour les petites universités. Les grandes ont des étudiants et des moyens de travail ; le professeur peut se borner à la science et à l'enseignement. Dans les petites, qui ont peu d'étudiants et des moyens de travail imparfaits, on pourrait constituer les professeurs en un corps de savants chargés d'assurer au public de la ville une série de conférences et leur laisser une grande liberté d'aller et venir pour leur travail.

Lu outre, l'enseignement n'a pas eu le temps d'organiser son plan d'études. On a commencé par le haut, on a organisé les années préparatoires à

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l'agrégation, La création du diplôme d'études a commencé par l'histoire; elle va être étendue aux autres branches. C'est une bonne réforme, elle donne le diplôme pour sanction à un travail scientifique véritable, elle laisse l'étudiant étudier, et ne le transforme pas en un candidat.

Mais les deux premières années d'études sont restées sans organisation. Les étudiants sont abandonnés à eux-mêmes au moment où ils auraient le plus besoin d'être dirigés, quand ils arrivent à l'Université. La faute en est li la licence qui a conservé le vieux type d'épreuves improvisées. La réforme devrait donc porter à la fois sur la licence et sur l'enseignement de première année. Je ne puis en donner le détail. Mais le principe paraît évident. 11 y a deux degrés dans la science ; le travail personnel, qui consiste à créer la science sur un point spécial, ne peut venir qu'en dernier ; le premier degré, c'est l'initiation à la mélliode et aux résultats généraux de la science. L'organisation normale (déjà à peu près réalisée dans la Faculté des sciences) consiste à. avoir parallèlement un ensemble de cours généraux où l'on expose les résultats généraux et l'état des questions, (ce qu'on faisait déjà à l'Ecole normale) — et des exercices pratiques où l'on apprenne à manier les instruments du travail, bibliographie, explication des textes, critique. — Le cou-

l'enseignement supérieur m~

ronnemeiU rationnel de <^et enseignement doit être la licence ; elle doit être transformée, snivanl le modèle donné par la Faculté des sciences, en cerliticats donnés après des épreuves pratiques et qui sont la constatation de connaissances générales.

J'arrive ainsi à la conclusion. Je dois avouer qu'elle m'a étonné moi-même ; jai été surpris de trouver si peu de chose à changer à ce qui existe. Peut-être suis-je devenu trop vieux et ai-je perdu la faculté d'imaginer un régime dilTérent de la réalité.

Je ne vois rien à changer à notre recrutement de professeurs et d'étudiants. C'est le plus démocratique qu'il y ait au monde. 11 pourrait cependant l'être davantage ; on peut concevoir qu'on diminue les frais, qu'on augmente les bourses, surtout qu'on trouve des carrières nouvelles pour les étudiants des Lettres qui sont vraiment une élite par la moralité et l'intelligence.

La principale réforme consisterait à séparer plus nettement l'établissement de sciences pures etlécole professionnelle, de façon à en faire la partie préparatoire commune à toutes les carrières de direction sociale, y compris celles de l'Ecole de droit, et à relier la Faculté plus directement au lycée dont elle recevrait directement les élèves. Elle entraînerait la transformation de l'examen de licence et des

deux premières années de Faculté qui en sont la préparation. Le régime confus que nous avons encore serait remplacé par un premier degré de préparation scientifique ; le deuxième degré est déjà organisé ou va l'être par la réforme des agrégations.

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