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L ÉDUCATION AUX ÉTATS-UNIS

Pur Cli.-V. LANGLOIS Professcuf-adjoiut à la Faculli' ilos lotU'cs de l'Uiiiversilû de Paris.

Puisque cette série de conférences est intitulée : Enseignement et démorratie. il a semblé qu'il ne serait pas hors de propos d'y traiter la question de l'éducation ou de l'enseignement aux Etats-Unis. Les Ktats-Unis sont aujourd'hui la plus grande et la plus pure (c'est-à-dire la plus typique) des démocraties qui existent et celle, sans contredit, où l'on s'intéresse le i)lus aux questions d'éducation. Il est vrai que d'autres auraient été plus qualifiés que moi pour parler de ces choses : je dois aller prochainement aux Etats-Unis; mais j'y vais, je n'en reviens pas; et tout ce que je vais dire, je l'ai appris dans des livres ou par des conversations.

Voici, du reste, les circonstances atténuantes que je puis invoquer pour avoir accepté d'esquisser ce tel sujet dans ces conditions. On est très bien renseigné sur l'éducation aux Etats-Unis. Les Américains eux-mêmes sont là-dessus intarissables en

rapports, comptes rendus, projets et controverses. De nombreux Européens de diverses nationalités, Anglais, Allemands, Français, ont été récemment en Amérique pour y étudier soit la vie nationale, y compris l'éducation, soit l'éducation en particulier, soit certains enseignements, et ils ont fait part au public de leurs impressions. Enfin quelques Européens se sont établis à demeure dans des Universités américaines, et ceux-là aussi ont consigné par écrit leurs expériences. L'ensemble de ces documents forme un amas d'une imposante hauteur*. Qui se serait assimilé toute cette littérature en saurait sans doute plus long, sans bouger d'ici, que le plus pénétrant des touristes. C'est pour étudier des détails précis, non pour saisir les grandes lignes, qu'il est utile de passer l'eau. — Je me propose simplement de dire, d'après un ensemble de témoignages autorisés, et, chose digne de remarque, concordants, comment un certain

1. Citons, entre autres, le Rapport de M. F. Buisson à loccasion de lExposilion de Philadelphie en 1876, qui n"a pas vieilli autant que l'on pourrait croire: le Rapport de M. B. Buisson à l'occasion de TExposilion de la Nouvelle-Orléans en 1884 : le Rapport de la Délégation française, dirigée par M. Compayré, à TExposilion universelle de Chicago en 1893; les « Monographies >i sur l'Éducalion aux États-Unis, publiées par divers spécialistes sous Veditorship de M. N. Murraj' Butler pour l'Exposition de Paris en 1900; Education in the United States of America (dans le Spécial lieports on educational subjects de M. E. Sadler, t. X et XI, 1902) ; litports of the Mosely Educational Commission lo the United States of America, octobre-décembre 1903 (Londres, 1904). — Voir aussi, et surloal, American Traits (Boston, 1902), par II. Miinsterberg.

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nombre ilo questions très générales sonl aujourd'hui posées ou résolues là-bas.

Le Irait qui a l'rappé d'abord tous ceux qui ont étudié la démoeratie américaine, c'est sa foi sincère et passionnée dans l'éducation populaire et son zèle pour la procurer. Sentiments qui sonl déjà fort anciens dans ce pays neuf : « Ils croient unanimement, disait dès 1857, l'évêque anglais Fraser, que l'éducation du peuple est le plus important des intérêts sociaux, celui qui prime tous les autres. »

Or. un tel état d'esprit a été longtemps fort exceptionnel dans le monde. Il est l'antithèse de l'indifTérence traditionnelle des Anglais en ces matières. Et rien de comparable, non plus, en Allemagne ni en France, où, sans doute, l'éducation du peuple a été conçue d'assez bonne heure comme indispensable, mais par les classes éclairées, libérales ou dirigeantes plutôt que par la masse populaire. Aux Etats-Unis, c'est le peuple tout entier qui croit en l'éducation, qui la veut et qui agit en conséquence.

Avant de considérer les manifestations de ce phénomène capital, il y a lieu d'en indiquer très sommairement les causes, qui sont profondes. « Ils estiment, écrivait Févêque anglais d'il y a cinquante ans, qu'un peuple qui a le droit de se gouverner luimême doit être instruit. » Et il est bien vrai que le

peuple des Etats-Unis est mieux placé qu'aucun autre pour avoir le sentiment de cette vérité, lui qui reçoit chaque jour en son sein des hordes incultes d'Allemands, d'Irlandais, de Scandinaves, de Polonais, de Hongrois, d'Italiens, de Syriens et d'Hébreux, et pour qui c'est une nécessité vitale de fondre promptement tous ces éléments hétérogènes : l'école américaine est naturellement l'instrument le plus efficace pour transformer les populaces d'émigrants et leur progéniture directe en citoyens américains. Mais il y a d'autres raisons. La principale est la conviction, partout répandue, que chaque citoyen a le droit, et même le devoir, de tirer tout le parti possible de ses facultés, pour son propre avantage et pour celui de la communauté. Par conséquent, chacun, homme ou femme, a droil, suivant ses goûts et ses aptitudes, à la meilleure éducation possible ; et c'est le devoir de la communauté de lui en fournir les moyens. Il est clair que ces principes sont particulièrement de mise dans un pays comme les Etats-Unis, où, les classes n'existant point, il n'y i)as de déclassés, — où l'ambition, même sous forme de présomption , est considérée, non comme un péché mais comme une vertu, — où tout le monde peut aspirer et aspire à n'importe quoi, — bref dans une société tumultueusement démocratique et en formation, qui ne ressemble guère au vieux monde que nous connaissons.

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Lonlhousiasme pour rinslniclion se lr;idiul aux Klals-L'nis par des l'ails (pii étonnent et édifient beaucoup, à première vue, l'observateur européen, l'arlout, dans les grandes \illes où abordent les européens, de magnitiqucs et dispendieux palais scolaires ; on entend parler de libéralités colossales en faveur de renseignement (jusqu'à 150 millions d'un coup pour ITniversité de Palo Alto), h^nfin rien ne frappe davantage les visiteurs du genre de M. P. Bourget et les snobs à l'anglaise que de voir, dans les établissements américains d'enseignement secondaire et supérieur, des jeunes gens sans ressources qui, tout en étudiant, exercent, pour vivre, un petit métier tel que celui de cocber, de mécanicien ou de serviteur, sans que cela paraisse choquant ou seulement exceptionnel. On ne manque pas de déclarer que rien n'est plus américain que ce trait si pittoresque. Et c'est vrai, sans doute. 11 ne faut pas oublier, pourtant, que cela s'est vu chez nous aussi, jadis, dans les Universités du moyen âge, démocraties cléricales d'où les plus pauvres n'étaient pas exclus. Souvenez-vous d'Amyot au (lollège de Navarre. Ce trait, du reste, n'est pas le seul, pour le dire en passant, — et si paradoxal que cela paraisse, — par où l'Amérique d'aujourd'hui ressemble à la France et à l'Europe d'il y a très longtemps.

Il est encore une chose à propos de laquelle les Français qui ne connaissent que les institutions françaises modernes s'extasient volontiers. Le gouvernement central, tout puissant dans la France d'aujourd'hui, et qui défraie chez nous l'enseignement public, ne s'en est guère occupé Jusqu'ici aux Etats-Unis que pour créer à Washington un Bureau d'informations, chargé de recueillir des statistiques. Les magnifiques et dispendieuses écoles que l'on voit partout aux Etats-l'nis sont dues, non pas au Gouvernement fédéral, mais, à l'exception de celles qu'entretiennent des fondations particulières, à l'initiative et aux libéralités continuelles des autorités locales, municipales ou autres, de la ville, du comté ou de l'État (de l'un des Étals fédérés). Chacun prévoit et entend d'avance ce que des Français habitués à médire de la centralisation qu'ils connaissent et à vanter les régimes opposés dont ils se font une idée vague, peuvent dire à ce propos, ils l'ont dit en effet. Mais les observateurs anglais des choses américaines se gardent bien, eux, de donner dans ces lieux communs. Comme leurs cousins d'Amérique, ils sont habitués à l'adminislralion locale des services publics, ils en savent, par expérience, les inconvénients comme les avantages. Ce qu'ils admirent aux États-Unis, ce n'est pas le principe de la décentralisation, c'est l'empressement des corps

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élus locaux à voler, et des conUibuables ù payer, les taxes ileslinées aux frais Je rinslruction publique. Non seulement de renseignement |)rimaire, mais de l'enseignement secondaire et de renseignement supérieur. Car voici la ditîérence essentielle, à cet égard, entre TAngleterre et l'Amérique. Tandis que, en Angleterre, on n'est arrivé que péniblement à reconnaître les devoirs de la communauté en matière d'enseignement, et encore, jusqu'à ces derniers temps, en matière d'enseignement primaire seulement, les autorités locales, en Amérique, ont depuis longtemps l'habitude, sanctionnée par la loi et la jurisprudence, d'imposer des taxes pour l'entretien d'écoles de toute espèce. Elles en imposent de fort lourdes. On ne s'en plaint pas. C'est en vérité le vœu delà majorité des contribuables que l'enseignement soit donné gratuitement, aux frais du public, à tous les degrés. Dans la plupart des Etats de ri nion ce vœu est réalisé pour l'enseignement secondaire de la H'ujh School (où tout est gratuit, jusqu'aux fournitures scolaires) ; il l'est déjà, dans quelques-uns, pour l'enseignement supérieur.

Voici maintenant un point où tous les étrangers sont d'accord pour envier l'école publique américaine. Elle est parfaitement laïque, et la difflcuUé religieuse^ si aiguë, pour des raisons bien différentes, en Angleterre comme en France, n'existe pas aux

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Etats-Unis. — En Angleterre, la difficulté religieuse tient essentiellement à ce qu'une ou deux sectes très influentes ont la prétention de faire enseigner leurs dogmes dans les écoles publiques, défrayées en tout ou en partie par de l'argent public. Or, tout enseignement religieux (même la lecture de la Bible) est rigoureusement proscrit, aux États-Unis, des écoles entretenues par les contribuables : l'enseignement religieux est réservé aux Eglises. Cet état de choses s'explique très simplement par ce fait que, en Amérique, la multiplicité des sectes, dont aucune n'est capable déjouer le rôle de l'Eglise d'Angleterre en Angleterre, a imposé à toutes la neutralité de l'école d'abord comme un pis-aller, et bientôt comme un idéal. — En F'rance la difficulté religieuse lient... vous n'ignorez pas à quoi elle tient. Mais, aux Etats- Unis, elle n'existe pas non plus de ce chef, parce que les États américains, qui ne se sentent politiquement menacés par aucune Église, ne se reconnaissent pas le droit de se mêler des écoles libres confessionnelles, dont il existe un certain nombre (pour la plupart catholiques). Enseignez ce que vous voudrez, comme vous voudrez, si vous êtes en mesure d'entretenir une école et de trouver des élèves. En fait, 9"2 p. 100 des enfants américains fréquentent l'école publique élémentaire, neutre au point de vue religieux. On considère le reliquat de

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S [). l(H) loinnio un cléchol qui, nièine à supposer (juc léiole primaire confessionnelle soil un danger social ce que l'on ne pense guère) ne vaut pas la peine d'une législation exceptionnelle, restrictive (lu droit commun.

En résumé, un très vil', un universel désir d'apprendre et de faire apprendre, avec le ferme propos de s'élever à des modes d'activité supérieure ; tendance à la iiraluilé de l'enseignement à tous les degrés aux frais de la communauté ; administration locale de l'enseignement public : pas de difficulté religieuse à cause de l'équilibre obtenu parla rivalité des sectes. — Il reste à signaler encore un Irait saillant, presque aussi singulier pour les Anglais que pour nous aulres continentaux, Allemands ou Français, et qui donne beaucoup à penser.

Dans les écoles des États-Unis le système de la coéducation, c'est-à-dire de l'éducation en commun des filles et des garçons depuis la plus petite enfance jusqu'à la vingtième année et au delà est très généralement pratiqué. Les Américains estiment que ce système est nalurel en ce qu'il reproduit la structure ordinaire de la famille et de la société ; ^z^s/e en ce qu'il place les deux sexes sur un pied d'égalité et procure à tous les individus, de quelque sexe qu'ils soient, les mêmes cbances de culture ; bienfaisant, enfin, pour l'esprit, la morale et les mœurs : il affine

les garçons et fortifie les filles ; il crée entre eux une camaraderie qui atténue la tension sexuelle aux âges critiques. Le système contraire de la séparation des sexes dans les écoles, qui prévaut partout ailleurs, paraît barbare et indécent aux Américains qui sont partisans de la coéducation, et ils le sont presque tous. Un étudiant américain qui, en 1901, communiqua à notre Revue internationale de V enseignement ses impressions sur la France, s'exprime ainsi par euphémisme : « Le mélange des sexes n'existe pas chez vous; cela me paraît très drôle. » Réciproquement, le professeur Mûnsterberg, d'origine allemande, après plusieurs années de transplantation aux États-Unis, est encore choqué du mélange, tant il est vrai qu'il n'y a guère de différence plus profonde entre les mœurs américaines et les nôtres.

Xon seulement la coéducation est pratiquée dans les écoles américaines, mais l'immense majorité des maîtres dans les écoles où la coéducation prévaut, sont des femmes, des jeunes filles. Dans le deuxième quart du xix° siècle le nombre des hommes employés dans l'enseignement était à peu près égal à celui des femmes ; il n'en est plus de même aujourd'hui. Dans certains États les femmes ont à peu près chassé les hommes de la profession enseignante. Ainsi à Minneapolis, Minnesota, une ville de :200.000 habitants, il n'y a plus, paraît-il, un seul professeur mâle en

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exercice dans les écoles primaires, dont les ilirecleurs mêmes sont des femmes. A Louisville, 19 écoles mixtes sont dirigées par des femmes, 10 par des hommes. A Cleveland, 38 par des femmes, 10 par des hommes. Il y a des écoles mixtes d'un millier d'élèves, qui comportent des classes depuis cinq jusqu'à seize ans, où le personnel enseignant tout entier, sans exception, est féminin. En somme, d'après les dernières statistiques, près de 300.000 professeurs femmes enseignent dans les écoles publiques des États-Unis contre 180.000 professeurs hommes. Notez que c'est dans les États du Centre et du Nord-Ouest, où les écoles passent pour les meilleures de l'Union, que le personnel féminin l'emporte surtout; et qu'il ne s'agit pas seulement des écoles élémentaires, mais aussi des Hi(/h Schools qui instruisent beaucoup d'enfants jusqu'à la fin de leurs études secondaires.

Ce n'est pas ici le lieu d'exposer ce qui peut être dit, a été dit et ressassé, pour et contre ces usages ; une conférence n'y suffirait pas. On se contentera d'indiquer un argument des. partisans et un argument des adversaires de l'éducation d'une démocratie par les femmes, qui découvrent l'un et l'autre des horizons faciles à sonder d'un coup d'œil. — « L'influence des femmes dans les écoles publiques, disent les partisans de l'état de choses actuel en Amérique,

est meilleure que celle des hommes. D'ordinaire elles n'ont pas les mêmes vices que les hommes : fumer, hoire, conversations basses; de plus, la participation des femmes à l'enseignement contribue à diminuer l'intervention des politiciens dans le recrutement de la carrière enseignante ». — Les adversaires répondent : « Si les jeunes filles expulsent peu à peu les hommes de la carrière enseignante, jusque dans les Ji'ujh sckoo/s, c'est parce que, n'ayant pas de famille à faire vivre, elles peuvent se contenter de salaires inférieurs. Historiquement l'école mixte n'a été, à l'origine, qu'un expédient économique. Si l'on a réuni filles et garçons dans les mêmes locaux, c'est parce qu'on n'était pas disposé à faire les frais de deux écoles, une pour les garçons et l'autre pour les filles. De même, les jeunes filles sont préférées aux jeunes gens pour administrer les écoles publiques parce que leurs services sont moins coûteux ». « 0)1 rt avait pas encore vu une grande nalion rente/ /re réducalion de .sa jeunesse aux mains du plus bas enchérisseur » (Mïmslerberg). — Je n'ajouterai, pour ma pari, qu'un mot. C'est que le système de la coéducation, associé ou non à l'habitude de l'éducation par les femmes, quels qu'en soient d'ailleurs les avantages et les inconvénients théoriques, n'est possible que dans un pays où le niveau général de la moral il<' — au moins de la moralité extérieure —

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est élevé, el où la polissonnerie est ineonnue. Il ne serait pas possible clans un pays coninie il y en a, où la tenue morale desg;arçonsles mieux nés est promptement relâchée par les spectacles de la rue, les lionleuses exhibitions des kiosques à journaux et le laisser-aller général des conversations. Au risque de bra\er le lidicule, je dis que la démocratie américaine doit en ces matières à sa li-adilion [turitaine une dignité désirable, qui est par elle-même un puissant instrument d'éducation et qui devrait l'aire partie, partout, des mœurs de la liberté.

Les faits cités jusqu'à présent sont les plus apparents. Mais d'autres en découlent, moins accessibles au premier voyageur venu, très importants aussi.

Foi dans l'enseignement, organisation de l'enseignement par les autorités locales, liberté absolue de l'enseignement, — la coexistence de ces phénomènes entraîne une foule de conséquences. La [)rincipale est une extraordinaire variété. Pas de système général, imposé d'en haut. Autant de régimes et de programmes que d'autorités locales et presque que d'écoles. Des tentatives d'expérimentation nouvelles en tous sens. Conséquence naturelle de l'incoordination administrative de l'enseignement, la variété des pratiques scolaires est d'ailleurs en parfaite har-

monie avec l'esprit de la société américaine. Elle a été, pour ce motif, érigée en méthode.

L'éducation américaine se propose le développement de l'individu : permettre à l'individu de tirer parti pour le mieux de ses virtualités dans la vie — dans la vie pratique, conçue comme une mêlée, — tel est le programme. Mais tous les individus ne sont pas pareils ; tous n'ont pas les mêmes besoins. 11 est donc avantageux qu'il y ait, à la disposition du public, un jeu varié d'enseignements, en vue de toutes les espèces, ou plutôt, car c'est impossible, des principaux types d'espèces. Entre ces enseignements que chacun choisisse, suivant ses goûts et ses intentions, à ses risques et périls, sous sa responsabilité. De là vient que non seulement les cours d'études dilïerent, aux États-Unis, d'un Etat à l'autre, d'une ville à l'autre, mais .encore que chaque école se fait honneur d'en proposer plusieurs. C'est la théorie des « études électives », d'après laquelle, à chaque degré d'instruction, le droit d'option entre quantité de matières est reconnu et exercé, la théorie qui s'oppose à celle des « cours prescrits ».

On ne saurait mieux faire, pour donner une idée des positions défendues par les controversistes qui débattent inlassablement, aux Etats-Unis, le prol)lème « études électives ou cours prescrits » que de résumer ce qu'ont dit récemment, là-dessus, M. Mlins-

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