LES DIVERS TYPES DENSEIGNEMENT T
des impossibilités venant de la loi. .le lis, dans le très remarquable rapport de AI. Langlois sur l'ins- Iruotion primaire à Tétranger, un passage singulièrement intéressant sur l'enseignement primaire allemand. Cet enseignement est conçu, dit M. Langlois, (( comme un enseignement populaire (Volksscbulen) qui se suffit à lui-même, séparé des enseignements bourgeois par des barrières matérielles et un abîme de préjugés sociaux. Il passe pour très bien combiné et très efficace en son genre, mais il n'est articulé avec rien et ne mène nulle part... L'école primaire... est encore, comme autrefois, l'école des pauvres fArmenschule), destinée à dispenser aux pauvres, non pas des commencements ou des germes de culture, mais l'exacte quantité de connaissances précises qui conviennent à des pauvres \ » — En d'autres termes, la conception allemande de l'enseignement primaire est restée foncièrement aristocratique, malgré la vive opposition d'une minorité qui ne semble pas encore près de triompher. Bien que des idées de ce genre aient pu longtemps avoir cours en France, et qu'il ne soit peut-être pas impossible d'en saisir encore sur le vif certaines conséquences dans notre enseignement primaire actuel, il est clair que cette manière de voir est en désaccord flagrant avec
1 . Dans les Rappor^s f/tt Jw/'*/ international ào. l'exposition de 190O (Introduclion générale ; 1'"'^ partie : Instruction publique ; p. 102).
tout Tensemble de nos institutions. Notre conception de l'enseignement primaire doit être, non pas aristocratique, mais franchement démocratique, et c'est là le premier besoin, d'ordre social, dont doit s'inspirer l'organisation de notre système d'instruction publique.
Or, qu'est-ce qu'une conception démocratique de l'enseignement primaire ? C'est celle qui repose sur ce principe (je cite encore M. Langlois) « que chacun doit avoir sa chance de parvenir à la plus haute culture. » C'est ainsi qu'on l'entend aux États-Unis ; c'est également ainsi que nous devons l'entendre, de toute nécessité. Oui, l'enseignement primaire doit donner d'abord à l'enfant ce minimum utile qui est le tout des écoles allemandes ; mais il faut en outre qu'il éveille les esprits et dépose en eux des germes féconds en vue d'une éducation ultérieure qui doit toujours être regardée comme possible. Il faut aussi que, dans la mesure où il le peut, il forme dans l'enfant l'homme et le citoyen. Ce n'est pas là seulement une question de justice, c'est aussi, pour un régime démocratique, un intérêt primordial ; car la force de la communauté résulte, en définitive, de la valeur intellectuelle et morale des individus.
A côté de ce besoin social, il en est d'autres, d'ordre pédagogique, qui réclament satisfaction.
Quel que soit le but où l'enfant s'achemine, il est
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nécessaire qu il puisse y arriver par des étapes successives sans rencontrer sur sa route des obstacles provenant d'une mauvaise coordination des enseignements qu'il aura à traverser.
D'autre part, on ne sait pas toujours, au début d'une éducation, jusqu'où elle se poursuivra et dans quelle voie. Des erreurs de direction sont fréquentes. 11 est désirable que ces erreurs puissent se réparer, qu'il n'y ail pas, entre les diverses voies parallèles, de barrières infranchissables.
Enfin, dans le tracé même de ces voies, il y a des précautions à prendre. 11 faut sans doute qu'elles soient assez nombreuses pour répondre aux diverses formes de la vie. Mais il ne faut pas non plus qu'elles le soient au point d'offrir au choix des vocations incertaines un lacis inextricable de complications. Quelques grandes directions, bien nettes, aisément intelligibles, placées au bon moment, c'est-à-dire aux dates critiques de la vie de l'enfant et de l'adolescent, voilà évidemment ce qui est indispensable.
Une organisation qui réponde à tous ces desiderata est certainement difficile à établir. Il suffit de jeter les yeux sur l'état de chose actuel pour se rendre compte des obstacles de toute sorte qui rendent si malaisée la solution du problème.
iO ENSEIGNEMENT ET DÉMOCRATIE