IV PREFACE
ni la religion ni la raison, il les légitime dans leur double sphère, il les accorde entre elles et les défend contre la corruption qui atteint tout ce qui sort de son rôle. Point d'athéisme ni de fétichisme, mais affirmation raisonnée de TEtre suprême et convenance de développer la vie humaine en union intime avec Dieu, dans les limites de la liberté de conscience ; point de matérialisme ni d'ascétisme, mais affirmation raisonnée de l'esprit et du corps, consécration de leur dignité respective et nécessité de les cultiver en harmonie l'un avec l'autre ; point de sensualisme pur ni de rationalisme exclusif, mais reconnaissance des deux sources de notre savoir, la sensibilité et la raison, des deux, séries d'objets de la pensée, les phénomènes et les principes, des deux instruments de la science, l'observation et la déduction, et obligation de poursuivre en toutes choses la combinaison des éléments empiriques et spéculatifs de l'inteUigence et la correspondance des méthodes.
Après avoir montré la supériorité de la doctrine de Krause sur les deux doctrines contraires qui aspirent à la domination universelle, et qui séduisent ou captivent encore beaucoup d'esprits, l'une par un excès de dogmatisme, l'autre par un excès de scepticisme, je passe, dans la seconde partie^ aux applications pratiques qui concernent le droit et l'enseignement.