PRÉFACE. VII
l'avantage d'éclairer la route. Quand il s'agit de modifier une institution, il est bon de connaître le but où l'on doit tendre, il est utile de savoir la voie qu'il faut choisir, afin d'éviter les tâtonnements et les méprises. Convient-il d'adopter de préférence le régime de la centralisation ou celui de l'autonomie ? Le droit naturel préconise l'autonomie, c'est-à-dire en matière pédagogique, l'Ecole reposant sur sa propre base, gouvernée par ses propres forces, administrée par des comités scolaires pourvus de larges pouvoirs, et il est digne de remarque que les États-Unis d'Amérique sont depuis longtemps entrés dans cette voie et que l'Angleterre se prépare à les suivre. La Ligue de l'Enseignement en Belgique a sagement mis cet exemple à profit en élaborant un projet-modèle d'organisation de l'instruction primaire.
Faut-il maintenant que l'Ecole, quels que soient ses rapports avec l'autorité civile, ait une atmosphère religieuse ? Les opinions sont de nouveau partagées sur cette question, suivant qu'on est croyant ou libre-penseur, et ensuite suivant qu'on professe en toute liberté de conscience le théisme ou l'athéisme. Pour moi, j'admets sans hésiter que la religion est à la fois un élément essentiel de l'éducation et une force morale dans la vie ; mais je ne veux pas, comme ceux qui sont guidés uniquement par la foi, confondre