‹ Enseignement et religionChapitre 11 sur 45 · L ENSEIGNEMENT 1) ETAT ET F. V PENSÉE KELIGIELSE · texte numérisé non relu

L ENSEIGNEMENT 1) ETAT ET F. V PENSÉE KELIGIELSE

Il y a plus. Il existe une cioctrine l>ieii connue sous le nom de religion natureUt\ laquelle se Ijor no î\ énoncer ce que la raison coiiiiniinc nous a|)|)ren(l, éclairée de ses seules lumières, sans recours d'aucune sorte à des informations d'orii>ine surnalurelle, sur l'existence et 1 action tutélaire d'un Èlre supième <le qui le monde naturel est l'ouvrage. Cette doctrine a eu dans Herbert de Clierbury, au xvir" siècle, l'un de ses [)lus célèbres théoriciens'. Mais |)our- ({uoi remonter aussi haut ? — Un de nos contemporains dont le théisme n'a pas varié sans que pour cela il ait jamais aux révélations donné d'autre oao-e que celui de la tolérance la plus bienveillante, Jules Simon a composé, voici tantôt un demi-siècle, un ouvrage considérable intitulé : la Religion naturelle, ouvrage qu'auraient certainement contresigné nombre des plus distingués représentants de l'école éclectique. Ce livre, sans doute un peu vieilli et où lellort métaphysique s'enveloppe de trop d'éloquence, n'en expose pas moins une très méthodique et très dialectique théologie instituée par le seul entendement. Et que l'on ne se persuade pas que Jules Simon, tro[) docile aux stratégiques recommandations de son maître, Victor Cousin ■, voulût fraver,

I. Y. Herbert de Cherhurg, De Veritate, prout distinguilur a Revclatione (1624) ainsi que son De relifjione genlilium (i645), le plus renommé de ses ouvrag-es.

:>. « Comme professeur, fait-il dire à Cousin, je démontre les vérités qui sont communes i tous les cultes. Je suis leur auxiliaire à tous... » Jules Simon, Victor Cousin (p. i3q).

EMSEIOEMENT ET RELIGION

par sa philosophie, hi voie aux doctrines révélées. Voici comment il s'est exprimé sur le dessein qu'il ])oursuivait : « Il y a des esprits, en grand nombre, qui se reposent avec bonheur dans cette clarté, dans cette sécurité de la foi révélée; mais il en est d'autres qui ne sauraient admettre le principe de la révélation, ou qui, ne pouvant croire à toutes les vérités enseignées par l'Eglise et comprenant qu'on ne fait pas sa part à la parole de Dieu et qu'il faut l'accepter ou la rejeter tout entière, se sentent obligés de renoncer à la religion positive et se livrent sans réserve à la philosophie. Ces esprits religieux, mais qui ne reconnaissent d'autre autorité que la raison, ne trouveront-ils pas en elle ce qu'ils lui demandent ? L'humanité est-elle placée sans autre ressource entre la révélation et le scepticisme ? N'y a-t-il rien en dehors de la foi révélée, qui puisse rattacher la terre au ciel?' ». Loin donc de voir en elle le préambule des croyances confessionnelles, Jules Simon concevait cette « religion naturelle » comme éminemment destinée aux âmes volontairement étrangères à toute confession.

Mais une religion ainsi comprise est d'essence purement philosophique. C'est dire que, comme la philosophie tout entière, elle relève de la seule réflexion rationnelle et repousse toute ingérence d'une autorité, quelle qu'elle soit. Les auteurs des présents programmes, dans une université émancipée et

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