L ENSEIGNEMENT 1) ETAT ET LA PENSEE UELICIEI SE
leurs sens, mais qu'il leur l'ait entrevoir une sphère idéale à laquelle leur nian(|ue de eulture intellectuelle ne leur permettrait guère d'avoir accès ; que le recueillement des temples encourage Tapparition de grandes idées, à peine indiquées, je le veux bien, et nuageuses : perfection, infinitude, éternité, mais dont le seul éveil est déjà comme une grâce pour l'esprit; que ces pensées d'au ilelà élèvent le cœur et le détournent de s'absorber dans un grossier matérialisme pratique, que les matérialistes théoriciens seraient les premiers à désavouer.
Ils se diront aussi, pensant au moins à l'élite intellectuelle des fidèles, que la Religion est, à bien des égards, une métaphysique qui s'ignore, ou, si Ton veut, le symbolisme, le mythe dune métaphysique ; que ses dogmes bien souvent enveloppent un sens très beau, très poéticjue ou très profond ; que ceux, notamment, du Christianisme ont incorporé les plus hautes spéculations des Ecoles Platoniciennes et Alexandrines.
Ils se diront enfin que, si tout n'est pas irréprochable dans la morale religieuse, du moins pour beaucoup de consciences les décrets de cette morale sont un frein qui retient les désirs mauvais ; que les principes pratiques du christianisme les plus aimés et les plus admirés coïncident avec les décrets de l'Ethique la plus exclusivement rationnelle ; que chez les humbles, les petits, si elle est reçue avec sincérité, elle entretient le sens de la vie intérieure, encourage l'être humain à ne pas s'éparpiller dans
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les choses pour devenir chose lui-même, mais au contraire à se replier, à se consulter, à s'interroger, à ■se comparer avec Tarchétype moral que les théologies appellent le Saint et que les morales anciennes désignaient du nom de Sage.
Et, s'étant dit tout cela, ces hommes conclueront sans effort que réclamer pour la Religion, quand on en traite ou qu'on l'eftleuredevant des jeunes gens, un peu de respect est, aux yeux du libre penseur même, une bien discrète et raisonnable exigence.