I. M. Emile Boutroux
modeste, l'écrivain nerveux qui aura tant contribué au renouvellement des études psychologiques dans notre pays, invoquait naguère non sans apparence, en faveur de méthodes taxées d'étroitesse, le patronage de l'auteur du Traité desi Passions^ Sur ce point encore, M. Jules Simon était insuffisamment informé. Xous ne saurions lui en faire un reproche. Tant d'occupations, tant de divei^tissements, comme eût dit Pascal, disputent à la philosophie le spirituel polygraphe : statues à inaugurer, banquets à présider, conférences à mènera bien, que le loisir lui manque de suivre attentivement ce qui se passe en notre Thébaïde. Ne raillons point, car, de ces distractions qui nous le dérobent, il n'en est pas une où ne le convie quelque dessein généreux, quelque grande utilité humaine. — Mais revenons à notre fiction.
Voici donc M. .Jules Simon qui ouvre, rue Saint- Jacques, son cours dephilosophie. L'année comprend deuxsemestres; le cours lui-même deux parties. Ainsi tout est à souhait pour son programme. Les cinq premiers mois seront consacrés à l'existence de Dieu, les cinq suivants à l'existence de l'âme, ou vice versa <'ar je suppose que Tordre au moins sera laissé au choix du professeur. Admettons, si l'on veut, que c'est par la théologie rationnelle que débute cet enseignement.
Mais quel mot inquiétant ne viens-je pas de prononcer ! Rationnelles ou non, exposer à des coUé-