‹ Enseignement et religionChapitre 25 sur 45 · PHILOSOPHIE RELIGIEUSE DE LOCKE I · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE RELIGIEUSE DE LOCKE I

pacités vulgaires et à Trial de riiiiiiiauih' dans ce monde, destinée au travail et au labeur.

«Les écrivains et dispuleurs en religion la remplissent de joliesses, la parenl de notions et ils en font des parties nécessaires el fondamentales de cette relioioii, comme si luil ihcMnin nu juciiait à rÉirlisc (ju'cn passant par rAcadémic ou le Lycée. La plus grande partie de l'humanité n'a pas le loisir de l'étude et de la logique et des superfines distinctions des Écoles. Là où la main est occupée à la charrue et à la bêche, la tète s'élève rarement aux notions sublimes et rarement elle s'exerce aux mystères du raisonnement... Si Dieu avait eu l'intention que personne, sinon le scribe lettré, le disputcur ou le sage de ce monde, ne fût chrétien ou ne fut sauvé, alors la religion aurait dû être accommodée pour eux, remplie de spéculations et de finesses, de termes obscurs et de notions abstraites... Si c'est aux pauvres que l'Evangile fut prêché, ce fut, sans aucun doute, un Kvangile tel que les pauvres pussent l'entendre: clair et intelligible ; et c'est bien ce qu'il était, nous l'avons vu, dans les prédications de Christ et de ses disciples. »

Locke, à notre avis, s'est surpassé dans cet ouvrage d'apologétique, d'une si élégante simplicité. Et c'est bien injustement que ce traité, qui souleva d'abord de passionnées polémiques, a été rejeté dans la pénombre par la fortune toujours grandissante de V Essai. Il s'y révèle tout entier: un dogmatique mesuré, qui associe expérience et entendement, histoire

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et doctrine ; un spéculatif avisé qui compte avec les faits, avec les besoins actuels du gros de riiumanité. Sa religion est démocratique, hostile aux subtilités rebutantes des scolasliques et des purs théologiens. Sa conception ne nous paraît pas avoir beaucoup vieilli. ]Même il suffirait d'une légère transposition de termes pour reconnaître dans le problème religieux, tel qu'il renonça, celui qui, à l'heure présente, se pose pour le moraliste : comment, au défaut de cette révélation que d'apparentes probabilités déterminèrent Locke à y souscrire, mais que des probabilités contraires le conduiraient peut-être à rejeter aujourd'hui ; oui, comment, sans recourir à ces coups d'Etat physiques que l'on appelle des miracles, énoncer et établir, de manière à en faire les vivantes règles des consciences, les principes universellement valables d'une morale séculière, qui possède toute la majesté de la discipline chrétienne, qui en exerce tout le charme et qui la dépasse même en excluant l'idée de sanction, c'est-à-dire qui proclame, comme l'avait fait le stoïcisme, la vertu gratuite, la bonté sans salaire, le parfait désintéressement ?

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