DE LEGLISE ANGLICANE
L'auteiii- (le Rationalité du Christianisme a considéré la dogmatique religieuse en théologien [)hilosophe, résolu tle la réduire aux (juelques points essentiels dont Tenlendement peut s'accommoder et qui suffisent pour le salut. Ici de même que dans VEssai^ il a fait œuvre d'arialyse, ramenant aux éléments les plus simples le contenu de la loi comme il avait analysé le contenu de la connaissance. Dégager ainsi qu'il Ta fait des innombrables articles dont l'esprit scolastique Tavait comme hérissée une religion fju'il conçoit intelligible, diaphane, non pédantes- (jue, de facile abord, cela même était déjà, dans une matière où le l'anatisme intellectuel avait sévi, donner la preuve de son libéralisme. Combien cette largeur de vues méritera davantage encore notre reconnaissance, quand le philosophe, si préoccupé d'établir
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les vrais fondements et de délimiter le juste champ de l'autorité civile, examinera cette même religion non plus en métaphysicien, mais en politique, lorsqu'il se demandera quels sont les pouvoirs de l'Etat sur les consciences ou mieux quels sont les droits des consciences vis-à-vis de l'Etat et vis-à-vis les unes des autres. Hobbes avait répondu par sa géniale et absurde doctrine du Léviathan, c'est-à-dire du despotisme absolu. Il répondra lui, sans paradoxe, fort de son bon sens comme du sentiment de la dignité individuelle, par une doctrine de liberté.
Cette réponse se déploie dans les Lettres sur la Tolérance. La première de ces lettres parut en latin, €n mars 1689, un an avant V Essai sur l'Erdendement humain ; elle fut traduite par Popple, Tété suivant. Elle est, de toutes les quatre, la plus importante, je dirai même : la seule importante, car elle renferme les idées générales de l'auteur sur ce grand sujet, les principes sur lesquels repose le devoir politique de tolérance et l'indication des limites entre lesquelles ce devoir est compris. Les trois autres lettres (1690; — 1692; — 1706, cette dernière à l'état de fragment), bien que beaucoup plus volumineuses, -constituent des écrits de polémique et n'ajoutent aux conclusions de la première rien qui vaille absolument d'être signalé.
La cause défendue par Locke nous est devenue si familière que nous concevons mal, quand nous relisons cet opuscule, combien il dut montrer d'audace, lui l'écrivain prudent et réservé par excellence,