‹ Enseignement et religionChapitre 28 sur 45 · I. Dictionnaire philosophique · texte numérisé non relu

I. Dictionnaire philosophique

lyO ENSEIGNEMENT ET RELIGION

pensée humaine à se formuler. Il n'est ni un métaphysicien ni un moraliste spéculatif; mais bien un écrivain politique en même temps qu'un analyste de la nature mentale. C'est à ce double point de vue de la fonction de FEtat et de l'essence psychologique du sentiment religieux qu'il va se placer pour proscrire l'ingérence des pouvoirs civils dans ce qui est l'enceinte réservée de la conscience individuelle. Son investigation sera toute critique ; ce qui ne veut pas dire qu'elle se cantonnera dans un empirisme étroit. « Il faut avouer, dit M. Campbell Fraser, qu'avec Locke l'idée de tolérance a un peu perdu de la beauté poétique ou de la grandeur philosophique qu'elle reçut de Jeremy Taylor et de Milton. Mais ce fut Locke qui, le premier, l'adapta aux besoins des hommes d'Etat pratiques et par ses raisonnements lumineux la fit passer dans les convictions du monde moderne ». A mon sens, M. Campbell Fraser a insisté plus que de raison sur la portée « pratique » de la démonstration de Locke. 11 en a laissé dans l'ombre les prémisses d'une psychologie si juste et d'une si heureuse harmonie avec la doctrine entière de VEssai. D'autre part, on montrerait sans peine et nous nous en assurerons plus loin, que Locke n'a pas été sans subir l'inspiration de ces beaux penseurs que l'on a appelés les Platoniciens de Cambridge. Ajoutons que le mot même de tolérance, qui implique une manière de résignation, consentie à contre-cœur et parce que l'on ne croit pouvoir faire autrement, pèche par

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