I.OCK.E APOLOGISTE DE L.V TOLIUANCE I
trop d'impropiiété.ll traduit infidèlement rintentioii vraie de rauteiir des Lettres. Sans doute cette expression peut convenir à la timide théorie d'un Montesquieu, (|ui se contentera, ce qui est presipie un truisme, d'édicter la loi do tolérance dans un État où la coexistence dereligions multiples est autorisée par le Souverain : « Lorsque les lois d'un Mtal ont cru devoir soulïrir plusieurs religions, il faut qu'elles les obligent aussi à se tolérer entie elles '... » Thèse humiliée, coriditioiincllc, subordonnée à un sous-entcndu qui admet la religion d'Etat. Dans les ternies où elle se formule, l'engagement pris par l'Etat d'endurer la simultanéité de confessions différentes est une grâce arbitraire, révocable à son gré. Le fâcheux mot de « tolérance » favorise dangereusementcelte inquiétante ethautaine acception. Et c'est à bon droit que, dans les débats de la Constituante sur la Déclaration des Droits, Rabaud Saint-Etienne se refusera à l'employer : « Mais Messieurs, s'écriera-t-il, ce n'est pas la tolérance que je réclame, c'est la liberté. La tolérance, le supj)ort, le pardon, idées souverainement injustes envers les dissidents ! La tolérance ! Je demande qu'il soit proscrit à son tour et il le sera, ce mot injuste ! » A ce mâle langage Locke eût sans nul doute applaudi. Un siècle avant la Constituante, c'est bien la cause du libre examen qu'il a plaidée contre les sectaires.
La lettre débute par une manière de prologue