L ENSEIGNEMENT D ET VT ET LA PENSIE RELIGIEUSE "JO
potier.» Rien n'est suspect à un Ihéologion coninie un autre théologien. Les propositions (pTils énoncent sont pleines de pièges, fécondes m surprises. Est-on jamais sûr en les reproduisant, de deiucuier • dans la correction canonique ? Comme disait l'auteur des Provinciales^ ce sont vérités si déliées et si fines que, pour peu que Ton s'en écarte, on verse dans l'erreur ; et ce sont erreurs si ténues que, dès que l'on s'en détourne, l'on retombe dans la vérité. En conséquence, le parti le plus sur, c'est non seulement sur les questions religieuses, mais sur toutes celles où la foi peut se trouver engagée, de s'en tenir à des manuels, d'exercer uniquement la mémoire, d'interdire les usurpations de l'entendement. Et ainsi l'éducation à vos yeux la j)lus sûre sera celle qui se confine à la surface des choses, à la forme, au mode d'expression'. Elle fera de vos fils des stylistes mais évitera, comme un péril mortel, de faire d'eux de libres esprits et des penseurs autonomes.
« Ou bien votre foi est ouverte et compréhensive, ferme sur les points fondamentaux, mais favorisant, loin de le suspecter, l'épanouissement des facultés intellectuelles, laissant à la spontanéité de l'élève et à la loyauté du maître d'obtenir l'accord désiré, hostile à une forme despotique de la croyance
I. Ce caractère purement tormel a été très bien mis en lumière par M. Marcel Chariot dans son récent rapport sur les Ecoles françaises d'Orient. « Au lieu d'être souple, vivant, adapté au milieu, l'enseignement congréganiste, écrit-il, reste très souvent figé dans une pédagogie surannée. Il y est beaucoup plus fait appel à la mémoire passive qu'à l'intelligence ou au raisonnement. »
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qui ferait des esprits serviles et des intelligences sans fierté. En ce cas, vous pouvez sans crainte venir à nous. Autant qu'il est en nous, nous nous etïorcerons dincidquer à vos enfants ce que nous avons appelé l'esprit de vérité, de les mettre en possession des méthodes qui en facilitent le développement. Nous ne les détournerons point de croire, mais nous les exciterons à réfléchir et à raisonner. Dans l'avoir intellectuel humain, nous ferons plusieurs parts en notant avec un soin scrupuleux la valeur logique de chacune d'elles : ici les vérités positives, indiscutées et indiscutables, celles dont notre raison peut établir sans réplique la validité : là les notions ou inférences seulement probables, dont cette même raison peut déterminer le degré de vérisimilitude ; là, des idées qui sont d'un autre ordre et qui. bien qu'à plus d'un égard elles otïrent un coté rationnel et puissent être appuyées sur des considérations systématiques, échappent cependant, en leur intime essence, au contrôle de la logique consacrée. Ces idées — et la religion nous en propose le type le plus achevé — appartiennent à une sphère mentale qu'en notre qualité de moralistes, de psychologues, d'historiens et de critiques, nous revendiquons le devoir de décrire, d'étudier, de raconter en ses évolutions et ses révolutions. En cette sphère nous ne nous emprisonnerons pas; mais nous laisserons aux jeunes consciences le choix de s en éloigner ou de s'y enfermer librement. ))
Ainsi donc toutes les arguties des théoloo-iens de