PHILOSOPHIE ET PHILOLOGIE DE LA RENAISSANCE
( Cours de 1882)
Programme et résumé du cours de 1882 1
Le professeur, qui a entrepris l’histoire de la Renaissance des lettres dans les nations romanes et d’abord en Italie, se propose cette année d’ajouter simplement aux leçons des deux années précédentes un complément indispensable. En étudiant d’abord Pétrarque et son siècle, puis Laurent de Médicis et son groupe poétique, il n’est guère sorti des oeuvres écrites en italien, s’attachant surtout à démontrer, à l’encontre de certains reproches de pédantisme et de servilité classique, le caractère national et moderne de la poésie et de l’art nouveaux. Il lui reste à étudier deux autres éléments de la Renaissance : le renouvellement des hautes études et la naissance de la philologie classique.
I. Pétrarque est déjà un philosophe moderne. Sa doctrine morale ressort de son œuvre poétique ; mais elle sera étudiée cette année dans ses lettres et dans ses traités latins. Adversaire de l’averroïsme, il fournira l’occasion d’une étude attentive sur l’origine et les progrès de cette secte et sur la décadence de la scolastique. Théologien ascétique, il nous obligera à jeter un coup d’œil sur l’enseignement théologique du quatorzième siècle. La renaissance du droit romain sera esquissée à son tour avec la vie de Barthole. Le mouvement philosophique du siècle suivant sera l’objet de quelques leçons : les néo-païens G. Pléthon et Pomp. Leto ; les platoniciens chrétiens Ficin et Pic de la Mirandole ; les averroïstes de Padoue, et ce thomiste mystique qui semble annoncer le renouvellement de la philosophie chrétienne, Jérôme Savonarole.
i Extr. de la Rev. de Gasc. 1881.
LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE
II. Le travail philologique de la Renaissance italienne part encore de Pétrarque, de Pétrarque latiniste, critique, faiseur d’églogues et d’épîtres, chantre de YAfrica. Boccace est son émule dans l’étude de l’antiquité. Toutefois, la latinité ne recouvre tous ses droits qu’au siècle suivant, après Laurent Valla. Elle brille surtout dans les sylves et dans les élégies de Politien, qui fonde de plus la critique verbale dans ses Miscellanea, et devient le modèle des traducteurs dans son Hérodien, tout en laissant à la période de Léon X le privilège de la pureté du latin classique.
Quant à l’hellénisme italien de ce siècle, il fournira matière à quelques études, soit sur les savants grecs transportés en Occident, en particulier le cardinal Bessarion, soit sur les progrès et l’organisation de l’enseignement, soit enfin sur les découvertes et les premières éditions des chefs-d’œuvre de la Grèce. Aide Manuce, l’illustre typographe vénitien, clora naturellement la première période de l’histoire et de la philologie classique en Italie.