PROGRAMME DES COURS DE 1888 ET DE
Sources et origines de la poésie romane : les contes et les chansons populaires *
Le professeur continue à étudier la littérature orale des peuples du Midi comme source de la poésie cultivée des trois nations romanes : France, Italie, Espagne.
Il a traité l’an dernier des contes populaires, mais considérés seulement en eux-mêmes, avec les questions d’origine qui s’y rattachent. Il emploiera cette année une ou deux leçons à montrer la part qu’ils ont eue dans les premières poésies narratives des littératures du Midi. Cette part est nulle, ou à peu près, dans l’épopée primitive ; mais elle est appréciable dans les compositions épiques plus récentes et dominante dans les poèmes et romans d’aventures. Elle n’est pas moins sensible dans l’apologue et la nouvelle, en Espagne et en Italie comme en France.
Abordant la chanson populaire, comme source de la lyrique cultivée des nations romanes, le professeur étudiera les débris de chansons iatines que l’antiquité et le haut moyen âge nous ont transmis, pour y relever le rythme poétique dont les langues néo-latines ont hérité. Il s’occupera ensuite des divers genres de chansons populaires : chants de prière, de travail, de noces, de danse, chants funèbres, chants historiques, etc. Il tâchera de définir et d’expliquer les différences de fond et de forme qu’offre la lyrique populaire comparée de l’Espagne, des deux parties de la France et des trois parties de l’Italie.
Enfin, il profitera des derniers travaux de la critique pour étudier, dans leur rapport avec les chants populaires, les premiers essais lyriques des quatre littératures romanes : française, provençale, italienne, espagnole.
1 Extr. du Bull, de U Inst, février 1889.