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les grouper et à les serrer, avec notre Société entière, autour de l’autorité paternelle qui lui a donné la vie. A ce contact avec l’Eglise, vous le savez bien, Messieurs, nous n’avons rien à perdre : nos travaux suffisent à démontrer que l’impartialité et la sincérité historiques ne courent aucun risque de ce côté. Et nous avons tout à y gagner : car nous ne verrons jamais clair dans nos vieilles annales si nous n’étudions pas avant tout avec soin, avec persévérance, avec amour, l’Eglise et ses institutions, sans lesquelles rien ne s’explique dans l’histoire morale, politique, littéraire et monumentale de notre pays et de tous les pays chrétiens.
C’est assez et trop parler pour vous dire quels sont les sentiments et quel sera le rôle du nouveau président de votre Société. Il a beaucoup plus à apprendre qu’à enseigner. Aussi, dans vos réunions périodiques, n’aura-t-il guère qu’à donner la parole et à écouter. — Dans la commission des Archives historiques, il sera fier de porter une fois sur vingt sa part de rédaction et d’être, le reste du temps, le plus humble ouvrier de ce maître éminent que toutes les sociétés érudites nous envient, du savant historien de Jeanne d’Alhret ; de plus, comme il se flatte de quelque expérience spéciale en ce genre, il pourra revoir et corriger vos épreuves ; il sera surtout heureux d’analyser et de recommander vos précieux fascicules dans les bulletins bibliographiques de la Revue de Gascogne. — Comme directeur de ce modeste recueil, son rôle principal sera toujours d’accueillir et de coordonner vos travaux ; et s’il est obligé par surcroît de toucher presque à tout, quoique sa compétence n’aille presque à rien, il aura toujours parmi vous
des appuis rassurants pour sa faiblesse J’ai vos adresses sur ma
table de travail, Messieurs, et je sais à qui recourir en toute occurrence. Quand il s’agit d’archéologie et d’épigraphie gallo-romaines et du moyen âge, j’ai recours à notre vice-président, M. Adr. Lavergne ; pour notre vieille histoire féodale, à M. Paul Durrieu, l’un des jeunes érudits qui font le plus d’honneur à notre Ecole de Rome ; pour les généalogies de la région, à celui qu’on nommait tout à l’heure le P. Anselme de la Gascogne ; pour la paléographie, au plus sympathique des archivistes, à ce travailleur infatigable et (ce qui n’est pas moins admirable en ce temps-ci et peut-être dans tous les temps) absolument désintéressé, M. Paul Parfouru ; pour
la géographie Ah ! la géographie ! C’est, je crois, Goethe, qui a
malicieusement assigné aux Français, comme note caractéristique, l’ignorance de la géographie. Je ne sais ce qu’il en faut penser, mais si Goethe a dit vrai, je doute, Messieurs, que parmi les Français qui m’écoutent il y en ait un plus français que moi Mais
LÉONCE COUTURE
pour les questions de ce genre, j’ai mon vieil ami Bladé, qui sait par le menu, sur le bout de soû petit doigt, la géographie de tous les pays de Gascogne et des environs. Et puis, Messieurs, quels correspondants sûrs et parfaitement au courant de ce qui concerne leur ville ou leur contrée ! A Condom, M. J. Gardère ; à Aire, le Dr Sorbets ; pour la région landaise et béarnaise, M. Communay ; pour les Hautes-Pyrénées, MM. G. Balencie et C. Durier ; pour le Couserans, M. de Bardies et mon excellent confrère aux Jeux Floraux et à la Société archéologique du Midi, M. de Lahondès ; pour Nérac, le Brulhois et le pays de Garonne, l’admirable groupe des travailleurs agenais si bien représenté ici par MM. de Bourrousse de Lafïore et Tamizey de Larroque, mais qui le serait audelà de toute expression s’ils nous avaient amené, comme nous l’espérions, leurs savants confrères, MM. A. Magen et G. Tholin, et cette infaillible maîtresse ès sciences héraldiques et généalogiques, M,uc la chanoinesse Marie de Raymond !
J’en passe et des meilleurs — c’est le cas ou jamais d’emprunter à feu V. Hugo le plus populaire de ses hémistiches. Mais il faut finir une fois, et je ne veux pas le faire sans prier et supplier encore tous mes confrères de vouloir bien me regarder, non comme leur chef, mais comme leur greffier d’office, leur interprète juré, qui sera toujours fier de les aider de son faible pouvoir, mais de tout son pouvoir, dans l’œuvre commune dont l’amour nous anime tous ici et ne fait de nous qu’un cœur et qu’une âme, dans la recherche et la résurrection du passé historique de notre chère Gascogne !