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ALLOCUTIONS

produits avec un ensemble et une promptitude que nul ne pouvait prévoir. Il faut dire aussi pourtant que la question budgétaire, d’abord assez nette, s’est embrouillée quelquefois. La mort fait des vides ; l’inconstance et le nonchaloir en font plus encore. Mais il est resté un bon noyau de clients fidèles ; le département et l’Etat ont aidé, surtout à l’occasion de certaines entreprises particulièrement importantes ; quelques-uns des éditeurs ont généreusement « payé leur gloire », je veux dire fait, en tout ou en partie, les

frais du fascicule décoré de leur nom Enfin, les Archives sont

bien vivantes, et la valeur des travaux qui constituent leurs premiers fascicules, autant que l’importance de ceux qui se préparent, entre autres les Cartulaires de Sainte-Marie d’Anch et le Bullaire gascon de Jean XXII, leur sont une solide garantie d’avenir.

J’ai promis imprudemment une énumération des principaux titres de ce beau recueil. Je ferai observer, avant tout, que, depuis le haut moyen âge jusqu’à la Révolution française exclusivement, à peu près toutes les époques de notre histoire provinciale y ont déjà reçu quelque importante « contribution. »

La fin du règne de Louis XIV est représentée par la correspondance militaire d’un cadet de Gascogne, due aux soins intelligents d’un de ses descendants, M. Franc. Abbadie. L’époque précédente, par une des publications les plus curieuses de la série entière, Audijos et la Gabelle, histoire d’une révolte sanglante et d’une lutte prolongée à l’occasion des exigences tyranniques du pouvoir central en matière d’impôt. En remontant le cours du temps, nous trouvons les Documents sur la Fronde en Gascogne, publiés par M. l’abbé de Carsalade ; des séries de Lettres inédites de Henri IV et de sa première femme, par MM. Ch. de la Hitte et Ph. Lauzun ; le Vogage et V Ambassade en Turquie de Jean de Gontaut-Biron, par un membre de cette illustre famille; les ravages des Huguenots en Bigorre et en Béarn, par MM. Durier, J. de Carsalade et Conimunay. Pour le moyen âge, les titres surabondent. Je ne signalerai que les Sceaux gascons, commentés en trois fascicules par le très regretté M. Paul La Plagne-Barris, qui a fait généreusement les frais des innombrables gravures ; les Comptes consulaires de Riscle, donnés par MM. Paul Parfouru et J. de Carsalade, en deux forts volumes qui ont fait la joie, et quelquefois, par leurs détails imprévus, le tourment ( lene tormentum ) des amis de l’idiome gascon et de l’histoire des guerres du quinzième siècle ; et surtout le Livre de comptes des frères Bonis, négociants de Montauban au quatorzième siècle, trois fascicules préparés avec autant de soin que de compétence par M. Ed. Forestier ; recueil inappréciable de

LÉONCE COUTURE

renseignements sur toutes les industries et tous les détails de la vie publique et privée, à une époque encore bien imparfaitement connue ; publication, du reste, si précieuse et si remarquée déjà qu’elle a obtenu, avant même d’être achevée, une des plus belles couronnes de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Concours des Antiquités nationales de 1891).

Je m’en veux de ne pas citer plusieurs autres fascicules d’histoire urbaine, féodale, ecclésiastique, etc., d’autant plus que je me prive ainsi de rendre hommage à des travailleurs de premier ordre, dont

un est là tout près 1 mais celui-là n’a pas besoin d’être loué à

Montpellier. Je me suis mis depuis longtemps en demeure de

me taire. Je finis donc en remerciant de leur attention trop bienveillante et trop prolongée mes auditeurs, laïques et prêtres. A ces derniers, pourtant, j’aurais peut-être dû faire observer que, dans la Société historique dont j’ai fait connaître les travaux, la première impulsion a été tout ecclésiastique, sans exclure l’élément laïque ; que celui-ci a pris depuis une place de plus en plus large, et que

cependant la direction positive n’a pas changé d’esprit ni de

mains. C’est peut-être la meilleure explication d’un succès si imprévu et si persévérant. Qu’y a-t-il, aujourd’hui même, de plus fécond, de plus fort et de plus solide que l’Eglise ?

1 M. le chanoine Douais, professeur d’histoire ecclésiastique à l'Institut catholique de Toulouse, aujourd’hui évêque de Beauvais.

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