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PUISSE DIRE QUE L’UNE DEVIENT L’AUTRE

C’est un principe évident, mais dont l’application au sujet actuel laisse quelque chose à désirer, parce que, dans la théorie eucharistique en question, il y a non seulement deux choses dont l’une devient Vautre — le pain et le corps — mais encore une troisième chose, l’âme de Jésus-Christ, dont l’union au pain le fait devenir corps humain. La pensée de Pascal est claire et plausible : dans la théorie qu’il combat, le pain ne subit aucun changement substantiel, il est seulement uni à une autre substance, à une âme ; ce qui est tout autre chose que d’être changé en une autre substance. Mais la forme du raisonnement n’est pas irréprochable.

Cette rigueur fait encore défaut aux deux exemples qui suivent : AINSI, L’AME UNIE AU CORPS, LE FEU AU BOIS SANS CHANGEMENT. Le sens est : « Quand une âme est unie à un corps, quand le feu se met à un morceau de bois, il n’y a pas changement d’une substance à une autre ; on ne s’avisera pas de dire que le corps devient âme, que le bois est changé en feu. » Et voici l’application de ces exemples (qui offre toujours un défaut, parce qu’il y a ici trois termes au lieu de deux) : « De même l’âme de Jésus-Christ s’unissant à un morceau de pain, on ne pourra pas dire qu’il y a changement du pain au corps de Jésus-Christ. »

PHILOSOPHIE ET THÉOLOGIE

Quoique défectueux au point de vue dialectique, cet argument de Pascal contre la théorie qu’il combat n’est certes pas sans valeur : une substance non modifiée en elle-même ne peut pas être dite proprement changée, transsubstantiée, par le fait seul d’être unie à une autre substance.

2. Mais Pascal doit ajouter à cette vue purement négative un élément positif qui la complète. 11 doit dire ce qui est requis pour qu’une substance en devienne une autre. Voici comment il s’en explique :

Il faut changement qui fasse que la forme de l’une devienne

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